Chapitre 27

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Delph n'a plus le temps de laisser place au doute, elle doit agir maintenant. Puis cela ne coûte rien de demander à Hermine. Léandre voit donc une furie quitter sa place et se demande ce qu'il se passe. Car lui n'a pas vu ce qu'elle a remarqué.

La vigueur de Delph se calme quand elle se retrouve face à Hermine, elle a encore une fois peur de la déranger et attend donc qu'elle ait fini de lire son document. Mais le doux regard caché derrière les grosses lunettes d'Hermine l'invite très vite à s'exprimer.

— Excusez-moi de vous déranger mais j'ai une petite question. Enfin deux plus exactement.

— Je vous écoute mon enfant.

— Ces initiales, A.T, en lettres majuscules que nous pouvons voir le douze octobre par exemple, ce sont les vôtres ?

— Oui pour Agni-Trix. Pourquoi ?

— Dans ce cas vous devez connaître la personne qui vous accompagnait, elle porte les initiales A.C ?

Hermine se saisi alors du cahier et réajuste ses lunettes comme si sa signature allait lui indiquer qui est la personne qui se cache derrière.

— Ah mais oui, je me souviens de lui, c'est un homme cisgenre, j'étais donc étonnée qu'il s'inscrive dans notre association, les alliés sont rares dans une si petite ville. Pourquoi ?

— Car il était toujours présent quand Lou ou Mélissa et Déborah étaient présentes. Et jamais quand elles étaient absentes. Comme s'il les... Suivait. Cela ne veut peut-être rien dire mais il n'a jamais raté un événement en leur compagnie. C'est peut-être un signe, il est le seul à avoir fréquenté toutes les disparues.

— Oh mon Dieu.

Les yeux d'Hermine s'arrondissent et elle a bien raison d'être surprise. Voilà que cette jeune femme vient de trouver un lien entre toutes les victimes, cela ne peut pas être pris à la légère, cela signifie forcément quelque chose. Toutes les bénévoles que cet homme a fréquentées sont aujourd'hui portées disparues.

Elle s'agite donc en retournant tout son bureau pour retrouver le prénom de celui qui est maintenant leur principal suspect. Il y a forcément sa fiche d'inscription quelque part, dans ce bazar. Hermine se maudit intérieurement, si seulement elle était plus ordonnée elle pourrait déjà avoir ce foutu papier sous les yeux. Il y a toutes les informations nécessaires dessus. Nom, prénom, adresse, même une copie de la carte d'identité. Justement pour ce genre de situation, ce n'est pas la première fois que des bénévoles posent problème. Mais jamais des comme ça.

Ah le voilà, elle l'a enfin trouvé. Hermine a sous les yeux la photographie de celui qui lui semblait-il y a peu encore si sympathique avec son allure de gentil ourson.

— Voilà, je l'ai trouvé. Il s'appelle Arthur.

Le monde s'effondre sur Delph. A.C, elle connaît déjà l'identité de cette personne. Non cela est impossible. Elle laisse donc Hermine finir de parler.

— Oui c'est ça. Arthur Carrius. Je me souviens, je lui avais fait confiance car il est policier. Oh non, si seulement j'avais fait plus attention...

Et Hermine s'effondre en larmes. Delph ne sait pas quoi faire, elle ne sait jamais réconforter les gens. Dans les films ils tapotent l'épaule de la personne en pleurs c'est donc ce qu'elle fait mais elle ne pense pas que ce soit une bonne solution. Elle décide donc juste de parler avec son cœur.

— Ce ne sera jamais de votre faute Hermine. C'est Arthur le coupable, vous ne pouviez rien faire.

Enfin, il est aussi possible que ce ne soit qu'une coïncidence et qu'il ne soit alors qu'une personne ne plus qui puisse nous aider. Je le connais, laissez-moi donc m'en occuper.

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