Chapitre 41

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Delph réfléchi quelques secondes et a très vite sa réponse. Elle rêverait de prouver à tous ces médecins qu'elle n'est pas folle, qu'elle avait raison depuis le début mais Lou reste la plus importante. Arthur a raison, il sera loin avant que qui que ce soit ne puisse arriver. Elle pourrait utiliser son téléphone bien sûr, mais elle ne l'a malheureusement pas sur elle, le choix est donc facile, elle doit de se taire et l'écouter.

Arthur tapote sur le banc gelé pour demander à Delph de venir s'installer à côté de lui mais elle refuse de bouger. Il est hors de question qu'elle s'asseye à côté de ce monstre, elle reste donc debout et droite face à lui. Il comprend alors qu'elle ne flanchera pas et Arthur décide alors de se montrer moins têtu et abandonne cette idée.

— Merci d'être venue Delph.

— C'est parce que j'ignorais que c'était toi.

Arthur rigole doucement, comme s'il appréciait que Delph lui résiste.

— Il est vrai que l'on t'a donné le nom d'un étranger. Pourquoi être venue alors ? Ta maman a pourtant dû te dire qu'il ne fallait jamais leur adresser la parole ?

— Le danger peut se trouver n'importe où et chez n'importe qui, la preuve il était en face de moi depuis tout ce temps.

Le sourire d'Arthur s'élargit et ses yeux s'agrandissent, il est flatté que Delph puisse le penser dangereux.

— Tu parles de moi ?

— Qui d'autre ?

— Oh, la femme qui m'a aidée pour toute cette mascarade peut-être ?

Delph en était sûre, c'est cette médecin légiste qui l'a aidé pour se faire passer pour mort, il n'aurait jamais pu imaginer tout cela seule. Cependant, il est difficile d'imaginer qu'une personne puisse mettre une si belle carrière en danger pour protéger un assassin, elle a tant à perdre. Peut-être qu'il l'a menacée et qu'elle est donc, elle aussi, en danger.

— Comment as-tu fait pour la forcer à t'aider ?

— La forcer ? Voyons Delph, je ne forcerais jamais une dame, elle était pleinement consentante.

La jeune femme lève un sourcil et penche la tête sur le côté, ce qui incite Arthur à continuer son explication.

— Si seulement tu savais ce que l'amour peut provoquer, cela pourrait rendre n'importe qui fou.

Et cela l'a rendu folle quand elle a pensé que je pourrais être en danger, quand je lui ai dit que ton petit ami était la Bête et qu'il en avait après moi à cause de notre prétendue relation passée. D'ailleurs je te remercie, ta petite filature m'a beaucoup aidée pour appuyer ma version, elle était effrayée après avoir compris que j'étais harcelé. Cela n'a ensuite été qu'une formalité de lui expliquer que pour me protéger je devais disparaître. C'est elle qui a eu l'idée de faire d'une pierre deux coups et d'inventer des preuves contre Léandre.

Elle pensait bien faire, elle pensait sauver toute la ville du pire criminel qu'elle ait connu, elle pensait me sauver mais en réalité elle est devenue elle-même complice de crime. Elle a même poussé au suicide un pauvre garçon. Peu importent nos intentions, quand on se comporte mal, on le devient, j'espère que ça lui fera une leçon.

— Mais... Si vous vous aimez pourquoi lui fais-tu prendre un si grand risque pour sa carrière ?

Arthur regarde alors à son tour Delph comme un étrange petit insecte qu'il aurait trouvé dans son jardin.

— Car tu penses que je l'aime ? Tu n'as donc toujours rien compris ? À ton avis, pourquoi est-ce que j'ai fait tout cela ?

Delph essaye de tout son être de déchiffrer cette chose qui lui échappe, mais est-il possible de comprendre un monstre ? Delph tente tout de même, pour prouver à Arthur qu'elle n'est pas aussi bête qu'il ne le pense.

— Tu as fait croire à ta fiancée que tu étais en danger pour qu'elle simule ta mort et qu'elle piège Léandre. De cette façon tous les doutes qui pouvaient peser sur toi a cause de nos accusations s'envolaient en milles morceaux tels des papillons. Tu devenais donc aux yeux de tous, doublement innocent.

Arthur se lève alors du banc et commence frénétiquement à faire les cent pas dans la neige en tapant son poing contre le front.

— Non, non, non pas ça.

— Mais si, tu viens de me le dire.

— Mais non pas ça, on s'en fout.

Le tigre en cage devant Delph a haussé le ton de sa voix au point de faire envoler le corbeau qui se trouvait jusqu'à présent derrière lui. Delph est effrayée par cette attitude, et quand l'effroi s'empare de vous, il vous fige. Elle se tient donc droite, n'osant pas quitter du regard le prédateur face à elle.

Il lui faudra les secondes nécessaires à Arthur pour qu'il se calme avant que Delph n'ose ouvrir la bouche à nouveau.

— Pourquoi ? Qu'est-ce que je n'ai pas compris ?

Arthur se stoppe et regarde Delph comme s'il était sur le point de vomir tout le dégoût que cette réponse de Delph lui provoque.

— Comment peut-on être si stupide.

La voix d'Arthur est tranchante et vient se planter en plein dans le cœur de Delph qui peine à comprendre ce qui est en train de se passer et qui tente donc de s'expliquer.

— Je ne suis pas stupide, je n'ai juste pas compris.

— Tais-toi.

Le ton d'Arthur est sec, il est si cassant qu'il arrive à briser Delph qui décide donc de l'écouter. Il reste ainsi en silence encore de longues secondes. Delph a des milliards de questions, mais elle n'ose pas en poser une seule. Elle a bien conscience d'être face à un fauve qui peut à tout moment lui sauter à la gorge et la tuer. Elle sursaute donc quand il ouvre la bouche à nouveau.

— C'est bon je n'ai plus rien à te dire, tu m'as tellement déçue que si tu continues à nier je pourrais te tuer. Réfléchi donc un peu à ton comportement et peut-être que je pourrais alors te pardonner.

Et sur ces mots, Arthur se retourne et part telle une furie. Delph essaye de le suivre, de lui courir après mais cela est vain car le monstre a déjà disparu de sa vue.

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