Mérida réouvrit les yeux après un long sommeil qui lui avait semblé réparateur. Quand elle se redressa, elle s'assit sur l'herbe et se frotta les yeux. Puis, ces derniers s'ouvrirent sur un paysage vide. La rousse se releva vite, choquée. Où étaient-ils tous passé? Où étaient les corps de ses amis? Les soldats? Et Pitch Black? Elle avait beau tourner autour d'elle, il n'y avait plus que l'arbre. Pourquoi tout ça? N'était-elle pas morte?
— Que cherches-tu, mon enfant?
On venait de parler, mais elle était seule. Aussi seule que seule. Il n'y avait personne dans les parages. Ou bien entendait-elle des voix? Impossible. Elle était morte. Une morte n'entendait pas de voix.
— Par ici.
Elle se tourna dans la direction de cette voix et vit l'arbre. L'arbre aurait pu parler? Toujours impossible. Mérida fit quelques pas en avant, se dirigeant vers le végétal. C'était totalement impossible qu'il parle. Et pourtant, la rousse chercha quelque chose à lui dire, dans l'espoir de recevoir une réponse.
— Euh... bonjour?
— Approche.
Cette fois, elle était sûre que c'était cet arbre qui avait parlé. Elle fit ce que le vieux végétal lui dit et elle s'assit devant. Quand elle leva les yeux vers le tronc, elle vit un visage. C'était le visage d'une vieille dame. Elle aurait tout vu. L'arbre lui sourit avant de prendre une inspiration pour commencer la discussion.
— Alors, comment te sens-tu?
— Morte, j'imagine.
— Tu es sûre d'être morte?
— Eh bien oui. J'ai ressenti toute cette douleur me transpercer les tripes. Et je n'ai rien pu faire pour sauver mes amis.
— L'essentiel est que tu n'as pas abandonné.
— Mais des tas de personnes vont souffrir...
En pensant à l'apocalypse qui allait se dérouler sur terre, elle pleura. Elle sanglota comme jamais avant. Ses efforts pour tenter d'arrêter Pitch avaient été vains. Après tout, elle n'était rien. Rien qu'un humain qui n'a pas su protéger ses parents. Un humain qui ne s'est pas assuré de protéger ses amis. Elle avait échoué en tant que reine et amie. Mérida avait accepté la mort, laissant derrière elle tout un royaume. Ses frères également. Que feraient-ils après cela? Qu'allaient-ils faire quand ils découvriraient que leur sœur n'allait jamais revenir?
— Tout est de ma faute, madame l'arbre.
— Allons, sèche tes larmes et appelle-moi grand-mère Feuillage. Rien n'est de ta faute.
— Si... tout ça, c'est à cause de moi. Si je m'étais assurée que tout le monde était là, Raiponce ne serait pas morte. Et si j'avais fait plus attention, Harold et Anna seraient toujours là. Si seulement...
— Le sort de chacun d'entre eux ne reposait pas sur tes épaules, très chère.
— Peut-être, mais je devais protéger Anna. J'ai failli à ma mission.
Grand-mère Feuillage soupira et laissa la reine écouler sa tristesse. Elle devait le faire. Elle devait tout faire sortir. Sinon, elle ne serait pas prête à entendre ce que l'arbre avait à dire. Ce dernier sourit. Elle vit en Mérida l'âme d'un grand chef. Le mot abandonner ne faisait pas partie de son vocabulaire. C'était quelque chose que beaucoup n'avaient pas: la persévérance.
— À ton avis, que fais-tu ici?
Mérida sécha ses larmes pour se concentrer sur la question de l'arbre. Justement, que faisait-elle dans cet endroit?
— Tu crois que c'est le Valahala?
— Non, ça ne l'est pas. Ça ne peut pas l'être. C'est ici que j'ai vu mes amis mourir.
— Alors, que fais-tu ici?
— Je... je n'en ai aucune idée.
— Tu es plus intelligente que ça, je le sais.
Effectivement, Mérida se posa la question. Si elle était morte, elle aurait dû atterrir autre part et non à l'endroit même où elle rendit l'âme. Sauf si elle était devenu un fantôme qui hanterait les lieux, ce qui serait vraiment très ridicule. Il n'y avait plus qu'une seule option et c'était le fait d'être encore en vie. Mais ça ne se pouvait pas. Elle s'était sentie quitter son corps. Alors, quoi? La dernière chose qu'elle avait fait avant de se faire empaler, c'était prendre la boule des mains de Pitch. Est-ce que c'est cette magie qui a fait qu'elle soit en train de parler à un arbre? Ce n'était pas impossible.
— Est-ce que... ça a un rapport avec la magie suprême? Demanda-t-elle.
— Tu en as mis du temps pour le comprendre.
— Dans ce cas...
Mais oui! La réponse était là depuis le début! Mérida ouvrit grand les yeux et inspira très bruyamment en posant une main sur son front. Les idées s'alignaient enfin dans sa tête. Avoir tenu tête à Pitch n'avait pas été la dernière chose qu'elle ait fait! Après cela, elle avait mis la boule lumineuse contre son cœur. Ça avait forcément activé quelque chose.
— Je suis toujours vivante! Et je possède la magie suprême!
— Félicitations, tu es très futée.
— Mais ça veut dire que je peux tout réparer! Je peux vaincre l'être des ténèbres et retrouver mes amis! Mais comment je fais pour revenir dans la réalité?
— Je n'en sais rien.
— Quoi? Vous ne savez pas?
— Rien de rien.
— Mais vous m'avez fait venir ici, non?
— Jamais je n'ai fait cela. C'est la magie qui t'a guidé jusqu'à moi. Mon travail est uniquement de te faire comprendre ta destiné.
La Reine Ours soupira doucement et se releva. Si grand-mère Feuillage ne pouvait pas m'aider, elle allait se débrouiller toute seule. Après tout, c'était elle qui possédait la magie suprême. Elle pouvait faire n'importe quoi.
Mais aussi attirer les ennuis, comme le roi Eyvar.
À cette pensée, elle se retourna vers le vieux saule pleureur qui lui sourit chaleureusement. Mérida le lui rendit, en pensant à tout ce qu'elle allait retrouver. Son bonheur serait complet après cela. Pas besoin de plus.
— Grand-mère Feuillage?
— Oui, mon enfant?
— Pourriez-vous reprendre cette magie quand j'en aurais fini avec tout ça?
— Pourquoi donc? N'as-tu pas envie de posséder toute la puissance du monde?
— Honnêtement, non. Je suis heureuse avec tout ce que j'ai. Et puis, si j'ai la capacité de modifier le temps à ma guise, la vie ne serait plus une surprise. J'ai encore envie qu'on me surprenne. Et j'ai encore pas mal d'ennemis qui voudraient bien cette magie. Alors, je vous la laisse.
Le saule pleureur sourit. Puis, le vent se leva et fit virevolter ses feuilles. Ces dernières suivirent les mouvements du vent et flottèrent autour de Mérida. La rousse regarda ce doux spectacle, se sentant revenir dans son corps. La voix de grand-mère Feuillage s'éleva dans la brise en un écho et la Reine Ours sentit ses paupières devenir lourdes.
— Que que natura, ton cœur chantera.
— Que chantez-vous?
— Oh, juste un air qui m'est venu à l'esprit.
Les yeux de la rousse se clorent et il ne restait plus qu'un faible écho de la voix de l'arbre qui parvint à ses oreilles.
Que que natura,
Un jour tu verras.
Ton cœur chantera,
Et tu comprendra.
Tu entendras sa voix,
Comme un cri au fond de toi.
Un jour tu verras,
Ton cœur chantera...
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Legendary
FanfictionConnaissez-vous cette légende? Celle qui a traversé les âges et qui est encore sur les lèvres des descendants. Celle qui a montré que rien ne vaut le courage et les sacrifices du cœur. La légende où deux cœurs brisés se rencontrèrent pour n'en forme...
