— Ça va, on fait rien de grave, proteste Justine. T'es chiant des fois, j'espère que t'es au courant ?
Elle tangue légèrement d'une jambe sur l'autre sous l'effet de l'alcool. Malgré la pression autoritaire de son petit ami qui nous toise d'un air exaspéré, on échange des regards complices. Elle passe son bras autour de mes épaules, comme pour faire front avec moi face à Théo. Il soupire.
— Charlotte, tu veux que je demande aux gens de partir ? Tu devrais peut-être aller dormir là.
— Elle a raison ta meuf, t'es insupportable. Laisse les gens s'amuser non ?
Autour de nous, les lycéens dont l'attention avait déjà été nettement attirée par notre danse érotique écoutent désormais les remontrances de Théo. Certains demandent si quelque chose ne va pas, sincèrement préoccupés, tandis que d'autres se contentent de rire. Théo est parfaitement démuni, et Justine le sent en lui demandant :
— T'es pas jaloux parce que j'en avais une plus grosse que toi quand même ?
Il est atterré par la remarque, et encore plus par le fou rire qui s'en suit. Tout en essayant de rester debout malgré cette impression que la pièce tourne autour de moi, je renchérit en affirmant :
— J'suis sûre qu'elle l'utilisait mieux que toi en plus !
— Bah évidemment, assure l'intéressée.
On s'appuie l'une sur l'autre, autant pour profiter de cette proximité réconfortante que parce que se tenir droite relève d'un effort que notre taux d'alcoolémie rend difficilement réalisable. Bras dessus-dessous, on forme ensemble une sorte d'édifice bancal que Théo fixe sans réellement savoir comment réagir. Il finit par attraper la main de sa copine en disant :
— Bon, tu viens, on rentre ?
— Mais il est que... Il est quelle heure d'ailleurs ? Enfin peu importe on va pas partir aussi tôt !
— Non mais t'es clairement bourrée là.
— Il est chiant, pas vrai ? me demande-t-elle en levant les yeux vers moi.
— Il est incroyablement chiant.
— Heureusement que toi t'es pas chiante.
Elle me sourit avant de déposer un smack timide sur mes lèvres, et puis d'immédiatement se retourner vers Théo, comme pour le mettre au défi de protester face à ce démonstration d'affection.
— Vous allez voir demain matin vous allez vous sentir ridicule.
— C'est toi qu'es ridicule à être jaloux. T'as peur d'une meuf genre faut te calmer.
— Bon, si vous voulez vraiment pas voir ce qui va pas, je me tire. Faites les connes devant tout le monde et assumez ensuite, c'est pas mon problème. Mais tout le monde vous regarde hein.
— Si tu crois qu'on en a quelque chose à foutre de "tout le monde".
— Ouais, bien-sûr...
Il a une ultime hésitation vers sa petite-amie, comme s'il réalisait qu'il l'abandonnait pour toujours ou une connerie dramatique dans le genre, mais il finit par s'en aller. Il emporte dans sa fuite quelque amis à lui. Loin de s'inquiéter de son départ, Justine et moi éclatons de rire en le voyant s'éloigner. On rejoint la cuisine pour se resservir à boire.
— Non mais il se prend pour qui en fait ?
— Pour ton mec je crois.
— Non mais des fois il est chiant j'comprends même pas... À croire ça dérange quelqu'un ce qu'on fait.
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L'amie de mon ami
Romance[romance lesbienne] Charlotte trône au sommet du lycée et endosse son rôle de peste populaire à la perfection : elle enchaine les soirées, les prétendants, et martyrise ses camarades sans se préoccuper de blesser qui que ce soit. Quand son meilleu...
