Chapitre 50

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Je me réveille dans cette sorte de cellule à nouveau, manquant presque d'air. Ma main se lève à la recherche de l'interrupteur mais elle redescend aussitôt lorsque je me rappelle qu'il n'y en a pas ici.

Allongé sur le dos, mon regard se promène un peu partout dans cette noirceur avec cette impression que tout le monde m'a abandonnée. Aucune visite, aucun appel, aucun mot. Ni de mes amis, ni de ma sœur et encore moins de Juan.

J'ai vu mon monde entier s'effondrer en une soirée. Mon meilleur ami est mort à cause de ma négligence et on m'a annoncé dans la même soirée que mon état nécessite une hospitalisation en hôpital psychiatrique sans même m'expliquer pourquoi et après m'avoir injecté un produit étrange.

Oui, je sais que je suis malade mais j'ai l'impression qu'on voulait juste m'enfermer car je ne reçois presque aucun soin, sauf quand il s'agit de m'injecter ce produit étrange qui me fait perdre la tête. La première nuit, j'ai été envoyé dans une chambre puis les autres jours, on m'a transféré ici. C'est une sorte de cellule très étroite, sans lumière, plongée dans l'obscurité totale.

Ça me rappelle Torero...

Je ne sors que pour faire ma toilette et je reviens juste après. Les lumières ne s'allument que lorsque je dois manger car je mange ici également. La porte ne s'ouvre que pour débarrasser mon plateau. La première semaine, j'avais l'impression de perdre la tête dans cet endroit exigu. J'entendais des voix, voyait des choses irréelles, sentait des odeurs de décomposition alors que tout était dans ma tête.

C'est pour cette raison que j'en veux à tout mon entourage de m'avoir abandonné. Tout le monde me faisait une promesse qu'ils me feraient sortir d'ici mais rien. J'étais tant que ça un boulet pour eux au point de me laisser tomber dès qu'ils en auraient l'occasion ?

J'ouvre les yeux en entendant la porte s'ouvrir. Ah, c'est l'heure de la toilette. Je prends ma douche tout seul et à des heures ridicules depuis le jour où j'ai brisé le cou d'un médecin qui se branlait en même temps qu'il me regardait pendant ma douche, il est décédé trois heures plus tard. Ça été l'une des raisons qui les a motivés à me garder dans cette fichue cellule alors que je me faisais mater par un putain de voyeur et personne ne m'a cru, disant que j'ai agi sous l'envie d'une pulsion meurtrière.

Depuis, on m'a collé que des femmes au cul. C'est une femme qui me donne ma nourriture, c'est une femme qui gère mes anxiolytiques, c'est une femme qui me surveille, c'est une femme qui me pique, etc. Pourquoi ? Eh bah pour deux raisons : les hommes ne veulent plus s'approcher de moi et les psychiatres disent que ça a pour but de me calmer. Je ne ferai jamais du mal à une femme et ils le savent donc ils profitent de cette occasion.

Après, je ne dirai pas que ça me dérange pas puisque j'ai baisé trois d'entre elles et le médecin qui me pique me fait des faveurs parfois en ne me piquant pas comme aujourd'hui. Je suis plutôt chouchouté donc je ne vais pas râler.

Sous la douche, je laisse couler l'eau sur moi jusqu'à ce que je sente une forte chaleur se dégager autour de moi. J'ai développé l'habitude de prendre des douches brûlantes après mon viol, et de façon inconsciente. Je me frotte le corps compulsivement et ce, durant des heures. Étrangement, ils ne viennent pas me mettre la pression pour me dire de me dépêcher alors ça peut prendre facilement une heure, voire plus car chaque douche est un moyen pour moi d'essayer mon corps.

Car non, coucher de gauche à droite ou suivre des thérapies ne m'ont pas aidé à me réconcilier avec mon corps. Et rien ne pourra m'aider à le faire, même avec la plus grande volonté de ce monde. Je peux collectionner les plans culs, enchaîner toutes les TCC du monde, être flatté par les tonnes de compliments que je reçois, mon corps me dégoûtera toujours autant.

𝐓𝐈𝐌𝐄𝐋𝐈𝐍𝐄.𝐓𝟐.𝟓Où les histoires vivent. Découvrez maintenant