Chapitre 55

35 4 0
                                        

-Qui était ce monsieur ?

-Personne.

-Dis-moi la vérité !

-JE T'AI DIT QUE C'ÉTAIT PERSONNE, AUREL. TU ES NATURELLEMENT CONNE OU TU FAIS JUSTE EXPRÈS DE NE PAS COMPRENDRE CE QUE JE DIS ? OSE REPOSER UNE QUESTION DE MERDE, JE TE BRISE LE COU.

Tous mes hommes qui préparaient les munitions se tournent tous pour me regarder mais aussitôt, tout le monde retourne vaquer à ses occupations et fait comme si de rien n'était. Quant à elle, Aurel reste plantée en face de moi, trop choquée pour faire un mouvement.

-Qu'est-ce qui t'arrive ? tonne Jasiel d'un air énervé en s'approchant de nous. Une simple question ne vaut pas une telle réponse et encore moins cette réaction.

-« Qu'est-ce qui m'arrive » ? Ce qui m'arrive, c'est le fait que vous me faites tous chier, voilà ce qui m'arrive ! Allez brûler en enfer et laissez moi tranquille.

Sur ce, je quitte devant deux sans lancer un regard derrière moi. Arrivé dans ma chambre, je m'étale sur le lit, donnant dos à la porte d'entrée et sans même me changer. Jasiel a raison, ma réaction a été démesurée et Aurel ne méritait pas que je la traite, je n'ai rien contre elle... elle a juste été une victime collatérale.

Depuis mon retour de l'hôpital, j'ai du mal à maîtriser mes émotions et pourtant, j'ai toujours su exercer un self-control sur moi mais aujourd'hui est la journée de trop. Ce n'est pas nouveau que la vie s'acharne sur moi, je dirai même que j'ai fini par avoir l'habitude. Et pourtant, j'ai du mal à digérer cette information. J'aurais préféré apprendre que c'était un inconnu qui dirigeait tout ce réseau pédocriminel plutôt que d'apprendre que...

Non. Cet homme n'est pas mon grand-père.

Je jette un coup d'œil furtif en direction de la porte lorsque celle-ci s'ouvre. Immédiatement, un doux parfum de jasmin recouvre mon nez, ce qui me laisse une idée sur la personne qui vient de faire irruption dans ma chambre. Toujours dos à elle, je continue de regarder la fenêtre tandis qu'une partie de mon lit s'affaisse.

-Que veux-tu ?

-Discuter. Dans le calme.

-Je vous ai déjà dit que je n'ai pas envie de parler et tu es la dernière personne que j'ai envie de voir en ce moment.

Mariia pousse un petit soupir mais elle ne se lève toujours pas.

-Je me doute bien que tu ne veuilles pas trop me voir en ce moment et tu as parfaitement raison. En vérité...je suis sincèrement désolée pour tout ça.

D'un geste brusque, je me redresse pour me mettre en position assise, l'air mauvais. Malgré le sursaut qu'elle a eu, Mariia soutient mon regard qui ne semble plus la faire flancher. Son expression faciale est indéchiffrable, elle essaie d'adopter une poker face pour me faire passer un message.

-Désolée ? Tu es désolée ? Tu crois que c'est à moi que tu dois des excuses ? La personne qui les mérite est entre la vie et la mort en ce moment.

-Je n'aurais pas pensé que les choses prendraient une telle proportion ! Mercedes, je ne l'ai pas quitté par plaisir.

-Oh oui ! Et puis quoi encore ? Tu baisais sous son nez alors que ça ne faisait même pas un mois que vous vous étiez séparés et tu faisais exprès de lui montrer que tu étais passée à autre chose. Aujourd'hui, mademoiselle vient me dire qu'elle n'a pas fait ça par pur plaisir.

-Justement. Mon but était qu'Azarel me déteste, pas qu'il termine dans le coma.

-Tu as réussi l'un de tes objectifs puisqu'il te hait.

𝐓𝐈𝐌𝐄𝐋𝐈𝐍𝐄.𝐓𝟐.𝟓Où les histoires vivent. Découvrez maintenant