Chapitre 56

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Un bordel ?

C'était le dernier endroit auquel je m'attendais lorsque nous avons reçu l'adresse. Bien évidemment que celle-ci n'avait pas l'air très rassurante mais elle était intrigante. Je croyais que c'était encore l'une des blagues pourries de Miroslav ou Alessi qui avait décidé d'arrêter ses conneries.

-Qu'est-ce que c'est cette mascarade ? tonne Itzel. Nous nous sommes déplacés pour un putain de bordel ?

-Après ce n'est pas si mal, réplique Elie avec un sourire malicieux.

-Cesse de réfléchir avec ta bite !

Je regarde par la vitre teintée de la voiture en apercevant du mouvement dehors. Pirlo est en pleine discussion avec un homme vêtu de noir, ce qui forme un contraste assez drôle entre les deux car l'inconnu peut briser la figure frêle de Pirlo en quelques minutes. Sixto m'aurait sûrement réprimandé pour ça s'il était encore vivant.

-C'est une personne assez importante qui nous a invité, remarqué-je. Comment ils ont pu obtenir ton numéro, Itzel ?

-Aucune idée. Sachant qu'on change de carte SIM tous les mois.

-La conversation est longue. Je ne sais pas ce s'ils sont en train de se raconter.

Quelques minutes après, Pirlo tapote légèrement la vitre pour nous demander la permission de monter dans la voiture. Il prend place à côté de moi sur la banquette arrière avec une mine inquiète.

-C'est le commissaire général qui veut vous voir.

-Quispe Rojas ? Que veut-il ?

-Je n'ai pas réussi à avoir l'information. Cependant, ce qu'il veut vous dire semble être important. Au cas où la situation dégénérerait, nous sommes en supériorité numérique.

L'entente du nom du commissaire général a refroidi tout le monde dans la voiture. Quispe Rojas qui demande en personne à voir des criminels, ce n'est pas habituel et ça peut cacher plusieurs choses. Je ne compte plus le nombre de pièces qu'il nous a tendu pour nous faire arrêter alors je me méfie de lui maintenant.

-Nous serons dans un bordel, je doute du fait qu'il voudrait prendre la vie de plusieurs personnes innocentes.

-La police serait prête à tout pour nous arrêter, Mercedes.

-Pas assassiner des innocents ou ça reviendrait à les mettre au même niveau que nous puisque c'est nous qui tuons n'importe comment. Qui voudrait de cette étiquette ? Et ce n'est pas la première fois que Quispe nous donne rendez-vous dans des endroits étranges.

Je porte mes lunettes de soleil et descend en même temps qu'Elie. Nos soldats sont déjà sur le qui-vive, toisant les policiers présents. L'un d'eux s'approche de nous avec un air confiant, nous dévisageant avec amertume. Ça se voit à leur visage qu'ils ne sont si ravis de cette rencontre, ni rassurés de savoir que nous serons avec leur commissaire.

-Vous comprenez bien que l'endroit où vous vous apprêtez à pénétrer est un lieu civil. Pour la protection des gens à l'intérieur, je vais vous demander à tous les trois de poser vos armes et objets dangereux sur ce plateau.

-Votre collègue n'avait pas précisé ça ! s'exclame Pirlo.

-Comprenez, monsieur Ricadelme, que vos boss sont assez imprévisibles dans leur faits et gestes. Déposer les armes ira dans l'intérêt de tout le monde. C'est une question de protection des civils.

-C'est bon, Pirlo. Je veux me dépêcher pour en finir avec cette situation de merde.

Je sors mon flingue que je pose près de celui d'Itzel. Ce dernier marmonne quelques insultes en français à l'encontre de l'homme en face de nous qui a dû comprendre que ce n'était pas vraiment des paroles attendrissantes mais il décide de les ignorer et nous fait signe de le suivre. C'est à l'intérieur que nous nous rendons compte que la protection a vraiment été renforcé, nous sommes surveillés à chaque pas. Elie me lance un regard agacé mais j'hausse lentement les épaules avec un air résigné, nous ne pouvons rien faire d'autres dans cette situation que suivre leurs ordres si nous ne voulons pas que la situation dégénère en bain de sang.

𝐓𝐈𝐌𝐄𝐋𝐈𝐍𝐄.𝐓𝟐.𝟓Où les histoires vivent. Découvrez maintenant