63- Wicked Games

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Musique : Wicked Games - The Weekend

Je me lève, la tête lourde. Les effets des tranquillisants qui parcourent encore mon corps. 

Je n'ai même pas pris le temps de fermer les volets, que je me suis directement assoupie. 

Je ne sais pas quelle heure il est, mais la lumière de la lune éclaire légèrement ma chambre. 

Je me lève faiblement du lit et sort de la chambre. 

En arrivant dans le couloir, une atmosphère pesante règne dans la maison. 

Je ne sais pas si c'est l'obscurité qui installe ce climat, mais je décide de rester sur mes gardes tout en approchant de la cuisine. 

En arrivant dans la cuisine, je suis étonnée de sentir un vent frais qui parsèment ma peau de frissons.

Je remarque Ares, vêtu seulement de son pantalon de costume. 

Le faible point de lumière de sa cigarette éclaire son visage qui fixe l'extérieur de la maison grâce à la fenêtre. 

Pensant qu'il ne m'a pas entendu, je me dirige vers le frigo pour prendre une bouteille, mais à ce geste, il tourne son regard dans ma direction.

Je reste cloué au sol un moment sous l'effet de son regard sur moi avant de m'approcher du frigo. 

Je l'ouvre et prends la bouteille d'eau, puis la ferme avant de me tourner et de tomber nez à nez sur Ares. 

Il pose sa main sur la porte du frigo pour m'emprisonner contre sa prise. 

Malgré mon regard chargé de haine sur lui, cela ne fait pas le poids contre l'intensité dans ces yeux. 

S'il pouvait il me tuerait dans cette cuisine, et cela, si rapidement que je n'aurais même pas le temps de protester. 

Je le sais qu'il a des raisons valables de vouloir ma mort, mais je sais également que ces sentiments pour moi se battent pour refouler ce sentiment de rage, je le vois dans ces yeux. 

Au fond de lui, une petite parcelle espère encore que je le touche, que je lui dise que moi aussi, je ressens autant d'amour, que je le laisse me prendre sur l'ilot de la cuisine tout en hurlant son nom. 

L'idée pourrait me plaire, mais ce n'est pas dans mes projets. 

Je préfère mieux voir la satisfaction dans son regard à chaque fois qu'il respire le même air que moi puis disparaitre en voyant le manque dans ces yeux. 

Je décide de me décaler de sa prise pour apprécier ce flot d'émotions dans ces yeux, mais je suis surprise de sentir sa main entourer mon cou pour que mon dos reste collé contre le frigo. 

Étonnée de son geste, je souris en appréciant la malice dans ces yeux. 

- Alors, tu veux jouer toi aussi, dis-je en souriant, sentant encore le contact de ses doigts froid sur mon cou. 

Il rapproche son visage du mien jusqu'à ce que nos lèvres se frôlent. 

J'essaye de savoir ce qu'il lui passe par la tête, mais je n'ai pas le temps de réfléchir davantage que ces lèvres se posent sur les miennes. 

Accentuant sa prise sur mon cou, il s'acharne sur mes lèvres avec un mélange de désir et de rage qui me donne mal à la tête. 

Sentant que je perds le contrôle sur lui, je décide de poser mes deux mains sur son torse nu, puis le repousse avec force. 

Ayant créée une distance raisonnable entre nous, Ares sourit, pensant qu'il a gagné à son petit jeu. 

Ne supportant pas son sourire mesquin, je m'approche de lui et me mets sur la pointe des pieds pour reposer mes lèvres sur les siennes. 

Tout en sentant sa respiration s'accélérer, je place ma main autour de sa nuque et plante mes ongles dans sa peau. 

La douleur n'est rien comparé au désir du baiser que nous échangeons, alors Ares attrape de ces mains mes hanches avec force. 

La haine mélangée au désir me donne chaud si bien que ma nuisette me dérange, mais si je le laisse me toucher encore une fois, je perdrai en tête mon plan et le laisserais faire de moi une femme fragile et aimante et ça ne se produira pas. 

Mais quand je sens que ces lèvres descendre sur la longueur de mon cou et que mon dos cogne l'ilot de la cuisine, je sens que je perds pied. 

Passant mes mains dans ces cheveux, je n'hésite pas à les tirer pour entendre son soupir de plaisir. 

Il est complètement fou et je le suis davantage. 

Il décide de soulever mes hanches pour me placer sur l'ilot de la cuisine, tout en reprenant son attaque sur mes lèvres. 

Le plaisir prend le dessus sur tout et quand je sens la dureté de son entre jambe collé contre mon intimité, j'entoure mes jambes contre son bassin pour accentuer la sensation de plaisir qui me tue à petit feu. 

J'ondule mes hanches contre son entre jambe et en sentant mon clitoris frotter son pantalon à chacun de mes mouvements, je ne peux m'empêcher de sentir la jouissance parcourir mon corps. 

Nos mouvements s'accentuent et quand je sens que je suis sur le point de jouir, je remarque soudainement la lame d'un couteau qui pique la peau fine de mon cou. 

Je pose subitement les yeux sur lui, sentant le plaisir m'abandonner. 

Tellement perdu dans ce flot d'émotions soudain, j'ai oublié ce que je lui ai fait subir il y a quelques heures plus tôt. 

J'ai été débile de ne pas penser au tiroir en dessous de l'ilot qui contient tous les couteaux de cuisine. 

Son regard noir ne cesse de m'observer, essayant de trouver une once de peur dans mes yeux. 

J'ai peur, extrêmement peur, mais il ne le sera pas. 

- Tu n'es pas prête pour diriger un trafic illégal, tu es bien trop faible pour cela, murmure-t-il encore près de mes lèvres. 

La rage réchauffe chaque partie de mon corps à ces mots, si bien que j'attrape le vase posé sur l'ilot pour le lui fracasser sur le crâne. 

Ares recule face à ce geste, mais ne tombe pas et quand il repose son regard froid sur moi, c'est moi qui recule.

Mais avant que je puisse descendre de l'ilot pour m'enfuir, Ares prend mon cou de ces deux mains et sert si fort que je sens déjà le manque d'air se faire ressentir. 

La panique monte en moi et de quelques faibles murmures, je lui supplie de me lâcher, mais son regard qui brule de haine ne m'écoute pas et ressert sa prise sur mon cou. 

Je suffoque si bien que ma tête commence à vaciller, puis je ne vois plus rien, tout devient flou. 

En fermant les yeux, je repense à la dernière image qui restera gravée dans ma mémoire. 

Des yeux bleu glacial, brulant de rage pour moi. 

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<3



AdrianaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant