80- Wakey

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POV : Inconnu

Installé sur le fauteuil à côté de son lit, j'attends patiemment le moment où ces yeux s'ouvriront. 

En me préparant mentalement à paraître le plus gentil possible face à elle, je pense déjà à la satisfaction qui parcourra mon corps d'avoir une femme de cette envergure à mes côtés. 

Au-delà de la beauté, elle et moi pourrons être invincibles grâce à son courage et à sa ténacité. 

Bien sûr, je sais que les débuts ne sauront pas tout rose, sachant qu'elle voudra surement retourner à sa vie monotone d'avant avec son mari inutile. 

Je devrais donc la retenir pour qu'elle reste près de moi, mais je suis prêt et ayant l'habitude d'obtenir tout ce que je souhaite, je sais que j'arriverai à la garder auprès de moi par tous les moyens. 

Jugez-moi comme vous voulez, je m'en moque tant que j'ai ce qui me revient de droit. 

Le médecin rentre dans la pièce, non pas sans trembler en me voyant le regarder. 

Il s'approche de la perfusion pour vérifier le niveau, mais j'entends soudain son cri de stupeur. 

Je me lève d'un bond et m'approche d'elle. 

Je ne peux cacher mon enthousiasme face à ce que je vois. 

Ces yeux sont enfin ouverts, après ces six longs mois d'attente. 

Elle pose son regard perdu d'abord sur le médecin, puis sur moi et un sentiment que je ne connaissais pas encore parcourt chaque cellule de mon corps. 

Le médecin lui donne un verre d'eau en la voyant, commencer à paniquer en n'arrivant pas à reprendre l'usage de sa voix. 

Je rentre donc dans mon rôle et vient l'aider à se relever tout en paraissant inquiet au vu de son état. 

Je suppose qu'elle y croit, car elle me regarde un moment avec intérêt. 

- Qu'est-ce qu'il m'est arrivé ? demande-t-elle au médecin faiblement. 

Il me regarde soudain et profitant qu'elle soit dos à moi, je laisse ma vraie nature ressortir et menace silencieusement l'homme de faire un faux pas. 

- On vous à tirer dessus, dit-il en ne cessant de passer son regard de sa patiente à moi. 

Elle reste un moment silencieuse et pose soudain sa main au centre de sa poitrine. 

Là où la balle de mon arme a transpercé sa peau. 

- Qui m'a fait cela ? demande-t-elle en sentant la panique monter en elle. 

- Je ne sais pas, désolée, ment-il. 

Je me place face à elle et rentre à nouveau dans mon rôle. 

- C'est moi qui t'ai amené ici. Tu étais inconsciente et la balle venait déjà de t'atteindre avant que j'intervienne. Je n'ai pas pu voir qui était la personne qui t'a fait cela, dis-je faussement en le regardant d'un air triste. 

En partie, je ne mens pas. C'est vrai que je l'ai sauvé. Mais, ce qu'elle ne sait pas, c'est que je l'ai sauvé de moi. La personne qui a été gracieusement payée pour la tuer, c'était moi. 

Je ne sais pas ce qu'il m'a pris ce jour-là, mais j'ai décidé de décaler ma trajectoire de deux centimètres de sorte que son cœur ne soit pas touché. 

Pensant qu'elle serait sauvée par ces hommes de mains, j'ai été étonné de voir le contraire. 

Je savais qu'elle était toujours en vie, ces hommes également. 

Alors, avant de partir de cette maison, je l'ai prise avec moi sans trop vouloir réfléchir aux conséquences de mes actes. 

- Merci, réplique-t-elle timidement en détournant son regard du mien. 

Puis, elle repose son regard sur celui du docteur. 

- Ma tête ne cesse de tourner et je n'arrive à ne me souvenir de rien, dit-elle en panique en posant sa main sur son front. 

- C'est normal, après un coma, votre mémoire a pu être perturbée, cela reviendra petit à petit. 

Une infirmière rentre dans la pièce. 

- Désirez-vous aller aux toilettes ou dans la salle de bain ? demande-t-elle à Adriana. 

Elle acquiesce avant d'essayer de se lever. 

Enfin, sur pied, elle perd légèrement l'équilibre, alors je décide de la rattraper dans mes bras. 

Oui, j'ai enlevé cette femme, mais je ne regrette pas ma décision. 

J'ai toujours besoin de nouveauté dans ma vie et celle-ci est la meilleure jusqu'à présent. 

Elle rougit légèrement, ne sachant pas où se mettre, en sentant mes mains autour de sa taille qui la maintienne. 

Je l'aide en essayant de paraître le plus gentil possible pour l'amener jusqu'aux toilettes, puis l'infirmière décide de prendre le relai en me souriant. 

Si elle croit que je vais la laisser seule avec Adriana à l'abri des oreilles indiscrètes, c'est qu'elle ne me connait pas encore. 

Je me méfie de chaque personne qui croise ma route et cette infirmière est dans ma ligne de mire. 

Elle pousse la porte sans la fermer complètement en me voyant partir, mais je reviens près de l'habitacle et tends l'oreille. 

- Vous pouvez m'aider du coup ? demande Adriana. 

- Écoutez-moi, madame, cet homme qui prétend vous avoir sauvée n'est pas celui que vous pensez. Il vous veut du mal, affirme l'infirmière avec détermination. 

Adriana ne répond pas et je décide de rentrer dans la pièce comme si de rien n'était. 

- Le médecin veut te voir, dis-je avec un léger sourire en m'approchant d'elle. 

Elle pose son regard vers l'infirmière une dernière fois avant de poser sa main sur mon épaule pour prendre appui sur moi. 

Enfin, de retour dans la chambre en compagnie du médecin qui, je sais, ne dira rien de peur que sa femme enfermée au sous-sol de cet hôpital ne meurs d'une balle dans la tête. 

Je ferme la porte et laisse les flammes de l'enfer prendre possession de mon corps. 

J'ouvre avec fracas la porte des toilettes et attrape la nuque de l'infirmière d'une seule main en la collant contre le mur. 

Elle se débat tout en essayant de crier à l'aide, mais je sers si fort sa gorge qu'aucun son ne fait écho. 

- Tu n'aurai pas dû essayer de te mêler de mes affaires, maintenant, je vais devoir te tuer pour ce que tu as fait, dis-je en approchant mon visage du sien, sentant les tremblements de son corps contre le mien. 

Elle ne cesse de pleurer et d'essayer de repousser ma main, mais ce geste augmente ma rage. 

Les pleurs inutiles ne servent à rien dans ce genre de moment. Elle sait déjà qu'elle va mourir pourtant elle essaye d'attiser ma culpabilité dans l'espoir que je m'éloigne d'elle. 

Mais quelle culpabilité ?  

Je ne ressens simplement que de la satisfaction en voyant son visage devenir écarlate sous l'emprise de ma poigne autour de son cou et le plus jouissif dans tout ça et quand je sens son dernier souffle mourir sous ma main. 

Puis, quand je ne sens plus aucun signe de vie dans ce corps, je la lâche en souriant de toutes mes dents. 

Espérait-elle encore que je ressente une quelconque culpabilité ? 

Je ressors de la pièce en refermant la porte derrière moi. 

Maintenant que je suis de bonne humeur, je n'ai plus besoin de me replonger dans mon rôle, mon sourire vient de lui-même.

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<3


AdrianaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant