64- Contrat

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Je me réveille en sursaut et pose instinctivement les mains sur mon cou. 

Tout ceci n'était qu'un cauchemar, je vais bien. 

Je reprends mon souffle et sens Chance qui vient se poser entre mes jambes ayant senti ma panique. 

Je caresse le haut de sa tête, profitant de l'amour qu'il a à me donner. 

Puis, je regarde l'heure et me précipite en dehors du lit. 

J'enfile mon chemisier noir avec la jupe courte de la même couleur et parfait le tout avec mes cuissardes noires également. 

Mettant de l'ordre dans mes cheveux et un peu de maquillage, je sors de la chambre. 

Arrivée en bas des escaliers, un de mes hommes fait une ronde et je l'interpelle. 

- Où est-t-il ? 

- Dans le salon, madame. 

Je me dirige tranquillement vers le salon. 

Je remarque tout de suite sa silhouette. 

Il a revêtu une chemise noire et un autre pantalon que j'ai placé dans son armoire. J'avais déjà tout prévu. 

Tout se passe comme je l'ai voulu pour le moment, sauf à un détail près. 

Le mutisme d'Ares m'inquiète plus qu'il ne le faudrait et ajoutant cela à mon cauchemar de ce matin, mon inquiétude ne cesse d'augmenter. 

Et si j'avais pris la mauvaise décision ? 

Non, je refuse de douter à ce stade de mon plan.  Ares devait rester en vie. 

Le voyant en train d'inspecter chaque détail de la pièce accompagné de son verre de whisky, je décide de faire mon apparition. 

- Je te trouve bien à l'aise pour quelqu'un qui n'est pas chez lui, dis-je en m'approchant de lui. 

Son regard est masqué par quelques mèches de ces cheveux encore humides, mais je sais qu'il est rempli de dédain. 

- Enfin, tout ce qui est à toi est à moi, alors, à notre santé, répliquai-je en prenant le verre dans ces mains pour le finir. 

Comme je m'y attendais, il ne réagit pas et me tourne le dos pour faire les cent pas dans la pièce comme si je n'existais pas. 

Mon sourire s'agrandit. 

Avant que je puisse rétorquer, un de mes hommes arrive dans le salon. 

- Votre avocat est là, madame. 

- Très bien, placez-le dans la salle de réunion, rétorqué-je avec un grand sourire. 

Ares arrête de faire les cent pas, mais il ne se retourne pas vers moi. 

Je sais qu'il cogite dans sa tête, réfléchissant à ma prochaine attaque pour tenter de trouver un moyen de le protéger. 

- Ne t'inquiète pas, nous n'allons pas divorcer, dis-je en ricanant avant de sortir de la pièce. 

Je sais que maintenant plus rien ne le force à rester marié avec moi, mais moi, j'ai grand besoin de lui, mais je ne compte pas lui montrer à quel point il est important, sinon il tenterait de tout gâcher. 

Je longe le couloir et entends ces pas derrière moi. 

Je rentre dans la salle et salue poliment mon avocat avant de me placer sur ma chaise, laissant en face de moi de la place pour les deux personnes présentes dans la salle. 

Avec dépit, Ares s'assied sur la chaise en tournant son regard vers le mur à côté de lui. 

- J'ai amené les documents que vous m'aviez demandés, il ne manque plus que vos deux signatures, dit-il poliment en me passant les papiers. 

Je les relie rapidement et souris encore plus en voyant son contenu, puis signe avant de les poser devant Ares. 

Sentant deux regards posés sur lui, il se retourne dans ma direction et m'arrache les papiers des mains. 

Comme un présent à Noël, je le regarde en train de lire les papiers, fronçant les sourcils à chaque mot qui passe sous ces yeux. 

Puis, m'attendant à cette réaction, il déchire les papiers avant de les reposer sur la table. 

L'avocat me regarde avec incompréhension. 

- Vous pouvez sortir, dis-je à son intention, le regard toujours posé sur mon mari. 

Quand j'entends la porte se fermer, je me lève lentement de ma chaise avant de me placer devant lui. 

- C'est dans ton intérêt de signer ce papier, dis-je durement, excédé de le voir encore dans sa contemplation du mur. 

- Je veux que tu me détestes, mais je ne suis pas débile, tu es le mieux placé pour gérer ce trafic, avouais-je. 

Il lève ses yeux haineux vers moi. 

- Que tu le veuilles ou non, nos vies seront toujours liées, alors réfléchis, répliquai-je. 

Ces yeux continuent de m'incendier du regard et je sens la colère monter en lui. 

- Tu veux que je devienne ton putain d'associé ? me demande-t-il en se retenant de me hurler dessus et de me sauter à la gorge. 

- Oui, dis-je avec assurance. 

Malheureusement, dans ce monde, étant une femme, aucun homme ne me prendra au sérieux, même si j'ai réussi à récupérer toute la fortune d'une grande famille de trafiquants du Mexique, je ne ferais pas le poids face aux autres. 

Il me faut à mes côtés un homme. 

Je m'en suis rendu compte en créant de toute pièce mon plan qu'il me manquait une pièce importante et c'est lui. 

Sans lui, je n'arriverai pas à mettre à bien tout ce que j'ai construit. 

Mais je ne lui avouerais pas, trop dégoûtée d'avoir encore besoin d'un homme pour m'aider à réussir. 

Je sais qu'il pèse le pour et le contre, l'offre que je lui propose n'est pas négligeable. 

En signant ce papier, il devient mon associé et bénéficiera de 40 % des revenus.

Beaucoup de bénéfices lui sont accordés notamment si la mort vient frapper à ma porte, il récupèrera tout, mais cela n'est pas marquer dans le document qu'il doit signer. 

- Tu n'es pas obligé de décider maintenant, tu as toute la vie pour cela, dis-je en croisant mes bras. 

Pour seule réponse, j'ai le droit à ce que son visage se retourne en direction du mur. 

" Tu es bien trop faible pour cela." 

La seule phrase qu'Ares a dite dans mon cauchemar et qui me met encore les nerfs à bloc. 

Je ne cesse de me battre pour mettre de l'ordre dans ma putain de vie, je refuse qu'on me dise que je suis faible. 

Si je dois supporter sa présence toute ma vie pour qu'on puisse enfin me considérer comme une femme forte aux yeux de tous, je le ferais. 

Je décide de sortir de la pièce, le laissant seul à ces réflexions. 

Je me rue dans ma chambre pour prendre trois antidouleurs, sentant les larmes me monter à cause des souvenirs du sang encore présent sur mes mains et de mon doigt qui appuie sur la détente de l'arme. 

L'effet des cachets m'aide à refouler ces souvenirs et à avancer, alors je laisse la plénitude parcourir mon corps en m'allongeant sur mon lit. 

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<3

AdrianaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant