87- Ocean eyes

827 23 3
                                        

Musique : Ocean eyes - Billie Eilish 

POV : Ares 

Je descends de ma voiture exténué par les heures de routes. 

Comme étant simplement l'ombre de moi-même, je me dirige à l'entrée de cette bâtisse bondée, ne faisant même pas attention au type qui retourne le poignet à un autre dans la rue. 

La musique ne me fait aucun effet tandis que je m'assoie sur un des tabourets libres près du bar. 

Je donne ma commande au serveur et me retourne avec lassitude pour regarder chaque personne danser. 

Trois mois. 

Trois mois que je suis à la recherche de ce fameux tueur à gage. 

J'ai traversé tout le Mexique, fouillé dans chaque ville de la Colombie, placardé sa tête dans chaque gang proche qui rependait la rumeur autour d'eux en Amérique latine. 

Même si aucun résultat ne me parvenait, je continuais à chercher dans chaque ville, puis à repartir dans une autre en ayant seulement en tête Adriana. 

Sa présence m'a bercé pendant ces trois mois et m'a aidée à ne pas flancher et à me laisser réduire sous l'effet des différentes drogues qui me faisaient de l'œil durant ces longs mois. 

Je n'ai plus l'impression d'avoir de vie, d'être uniquement spectateur de mes mouvements, mais mon esprit ne cesse de me pousser à continuer de chercher. 

Je suis arrivée sur le sol américain, il y a déjà une semaine.

En regardant l'écran de mon téléphone, j'espère voir un appel des pions que j'ai placés en Russie pour m'annoncer son retour dans son pays natal, mais non toujours rien. 

Ce type est encore en route inconnu. 

Je prends le verre de whisky posé sur le bar et l'avale cul sec en demandant un autre au serveur. 

Je ne sais pas jusqu'à quand j'aurai la force de continuer, mais pour l'instant, je ne recule pas et n'ai qu'un seul objectif dans mes pensées : mettre la tête de ce blondinet au bout de mon arme. 

Après avoir passé autant de temps seul, j'ai parcouru toute sorte d'émotion.

D'abord, la peine et le chagrin de ne pas retrouver ma femme et de ne pas savoir où elle se trouvait, puis plus je n'arrivais pas à la trouver, plus la haine pour cet Angel parcouru mon corps, car oui, je le retrouverais et oui, je le tuerais. 

On dit souvent que tout vient à point qui sait attendre, mais ma patience a atteint son paroxysme.

Je regarde danser ces gens avec une pointe d'envie, parce que j'aimerais ne pas avoir autant à endurer dans cette fâcheuse vie. 

Mon téléphone vibre dans ma main et je sais très bien qui m'appelle, comme tout les soirs depuis ces trois mois seul dans mes recherches. 

- Oui, Gabriel, dis-je en décrochant. 

- Est-ce que tu vas bien ? demande-t-il à la seconde où ma voix a fait écho dans le combiné. 

Je ricane légèrement en entendant la crainte dans sa voix. 

- Comme depuis hier, dis-je en posant mon regard dans la salle pour me focaliser sur des choses plus joyeuses que mon verre d'alcool. 

- J'ai le droit de m'inquiéter, Ares, réplique-t-il de sa voix renfrognée. 

Je ne réponds pas, perdu dans la contemplation des sourires et de la joie qui émanent des personnes sur la piste. 

- Comment va maman ?, demandé-je avec une pointe de timidité. 

AdrianaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant