2 jours plus tard.
POV : Angel
Nous sortons enfin de cet hôpital, après que le médecin lui ait certifié qu'elle pouvait quitter sa chambre.
Elle se retrouve à côté de moi, dans ma voiture, et cela en est presque semblable à une vision irréelle.
Je la vois se triturer ses mains entre elles.
Elle n'ose pas me regarder, beaucoup trop gênée de n'avoir aucun contrôle sur la situation.
Tandis que moi, je suis aux anges, sacrée ironie d'ailleurs.
Deux jours qu'elle est plongée dans un flou total de sa vie passée.
Elle essaye pourtant, je le vois quand elle crispe son visage, qu'elle tente en vain de se remémorer sa vie d'avant, mais rien ne lui vient.
Je souris sans qu'elle ne le voit, car je jubile.
Je pourrais profiter de son sentiment d'impuissance, mais je ne veux pas qu'elle se soumette, non, je veux qu'elle reste celle pour quoi je l'ai sauvée.
- Je connais un hôtel pas très loin d'ici, si tu veux, dis-je en la regardant.
Elle lève sa tête dans ma direction.
- C'est gentil, mais je n'ai pas de quoi payer. Est-ce que tu aurais trouvé un téléphone à côté de mon corps ? réplique-t-elle en frissonnant quand elle imagine son corps inconscient au sol baigné dans son sang.
- Non, je n'ai rien trouvé, mais je peux te payer la chambre, cela ne me dérange pas, dis-je en souriant légèrement.
En voyant sa bouche s'ouvrir pour réprimander mon offre, je la coupe.
- Cela ne me dérange pas, dis-je pour appuyer mes propos en regardant chaque partie de son visage.
Je l'ai regardé pendant ces six mois, mais de la voir éveillée, ces yeux bruns qui me regardent timidement et ces cheveux foncés qui longent l'étendue de sa poitrine me font ressentir de nouvelles émotions que je ne pensais pas être possible de ressentir pour une personne de mon genre.
Bien sûr ce n'est surement pas de l'amour, je me suis fait la promesse de ne plus jamais aimer une femme de ma vie, mais je crois bien que je ressens bien de l'attirance pour Adriana.
Vous me direz que c'est un sentiment commun à chaque personne, mais en tout cas, ma psychologue serait étonné qu'un homme atteint d'un trouble délirant et de surcroit schizophrène puisse se focaliser sur une seule émotion inoffensive, pour une fois.
Je démarre la voiture et part en direction de l'hôtel.
Elle ne dit plus rien, sachant qu'elle n'avait aucun autre moyen.
Elle n'a malheureusement que moi.
Je m'avance vers l'entrée de l'hôtel et me dirige devant le guichet pour payer la chambre d'Adriana.
Quand je me retourne, je la vois admirer le luxe que propose l'hôtel avec intérêt.
En particulier, le grand vivarium qui accueille de très coûteux reptiles, notamment des serpents.
Je m'approche d'elle doucement.
- Est-ce que tu veux manger ?, demandé-je pour la sortir de sa rêverie.
Elle sursaute à l'entente de ma voix, puis acquiesce ne cessant de fixer ce reptile insignifiant.
Nous nous installons à une table dans le restaurant adjacent dans le calme.
Je fronce les sourcils en la voyant perdue dans ces pensées.
- Te souviens-tu de quelque chose ? demandai-je en serrant mes poings sous la table pour qu'elle ne perçoive pas mon trouble.
Elle ne répond pas tout de suite, ne cessant de me regarder et ne sachant que répondre.
- Non, je ne me souviens de rien, affirme-t-elle après un moment de réflexion.
Pour que je ne remarque pas son angoisse, elle détourne son regard du mien et avant que je puisse y voir plus clair dans cette situation, j'aperçois une silhouette familière à l'entrée du restaurant.
Je m'excuse, avant de me lever.
À peine ai-je pu faire un pas vers lui qu'il m'attrape par le col pour me coller contre le mur de l'entrée du restaurant, laissant Adriana dos à moi.
- Kaiden, quel plaisir de te revoir, dis-je en souriant de toutes mes dents.
Il arrache presque le col de ma chemise, mais je ne bouge pas d'un poil, très peu expressif face à son niveau de couleur.
- Qu'est-ce que tu fous, Angel ? Tu cherches à te faire tuer ? crache-t-il à mon visage de notre langue natale.
Je rigole sincèrement.
- Tuer par qui exactement ? Dois-je te rappeler que je suis celui qui tue ?, répliquai-je en russe cette fois.
- Justement, tu vas te faire tuer par ta propre connerie. Tu pensais à quoi en laissant ton contrat en vie et en plus de cela l'a kidnappée ?, dit-il avec rage.
Je souris davantage.
- J'avais envie de m'amuser, dis-je avec désinvolte.
- Quand cesseras-tu de penser qu'à ta propre personne, Angel ? me demande-t-il avec une pointe de tristesse dans ces yeux.
- Je t'appellerai quand ce jour viendra, dis-je en croisant mes bras entre eux pour accentuer mon amusement face à son sérieux.
Il souffle avec lassitude en voyant mon air joueur.
- Je t'ai toujours protégé, Angel, mais je ne vais pas tarder à rentrer en prison pour une durée indéterminée et je ne saurais plus là pour sauver tes arrières, réplique-t-il avec dureté.
Je laisse mon sourire posé sur mes lèvres pour masquer mon trouble.
- Tu as une sœur qui a besoin de toi en Russie. Ta mère est de plus en plus malade et Anastasia ne peut pas s'en occuper seule, sachant qu'elle n'a pas assez d'argent. Ta famille souffre, Angel, dit-il en me secouant pour que je cesse de sourire.
Je le pousse violemment, effaçant mon sourire de mon visage.
- NE ME PARLE PAS DE MA MÈRE, KAIDEN, hurlai-je en balançant mon poing sur son visage.
Je ne supporte pas que l'on me parle d'elle.
Il recule de deux pas en plaçant sa main devant son visage.
- J'espère qu'un jour tu te comporteras en tant qu'homme, dit-il avant de se retourner pour quitter l'hôtel.
Je reste un moment de marbre, essayant d'effacer ce que ces paroles ont refoulé en moi.
Puis, je replace un sourire sur mon visage pour retourner à table.
Mais, je retrouve une table vide.
Je tourne en rond en regardant chaque recoin de ce restaurant à la recherche d'Adriana, serrant mes poings entre eux, mais je la vois apparaitre soudainement en dehors des toilettes.
Je dessers mes poings à sa vue et accentue mon sourire.
Elle me rend mon sourire, un sourire éclatant, avant de s'asseoir.
- Si on commandait ? demande-t-elle avec envie.
----------------------------------------------------------------------------
<3
VOUS LISEZ
Adriana
RomanceDéterminée et indépendante , Adriana Mendez s'est toujours débrouillée toute seule , mais tout bascula quand elle se réveilla seule dans une zone déserte , abandonnée dans une voiture sans aucun souvenir des événements passés . Elle va croiser le ch...
