95- What love make you feel.

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Musique : WILDFLOWER - Billie Eilish

POV: Ares 

N'arrivant pas à trouver le sommeil, je ne cesse de bouger dans ce lit froid. 

La maison est plongée dans un calme glacial. 

J'aimerais réussir à trouver le sommeil, mais les événements de cette journée ne cessent de me trotter dans la tête. 

De savoir que cette maison renferme des souvenirs sombres me donne l'envie de récupérer Adriana pour l'emmener loin de cet enfer. 

Je ne cesse d'angoisser, car à tout moment, chaque traumatisme enfui dans sa mémoire va ressurgir et j'ai bien peur de voir sa réaction. 

Bien sûr je l'épaulerai et resterai à ces côtés, mais non pas sans y laisser une partie de mon cœur. 

Je me suis tellement habitué à la voir sourire ces derniers jours que rien qu'à la simple idée de la voir pleurer me rend malade. 

Soudain, j'entends un cri qui rompit le calme de la maison et qui me donne la chair de poule. 

Je me précipite hors du lit pour me diriger dans la chambre en face de la mienne. 

Adriana ne cesse de hurler en se débattant dans son sommeil. 

Je me rue vers elle en posant mes mains contre ces joues humides. 

Elle se réveille en posant instantanément son regard sur moi. 

Je sens son pouls battre à tout rompre et cela m'inquiète davantage. 

Elle essaye de me parler, mais la peur la ronge encore, alors j'essaye du mieux que je peux de la rassurer. 

- Adriana, calme-toi, tu es en sécurité, murmurai-je en posant mon front contre le sien pour qu'elle se détende. 

- Ares, dit-elle, la voix étouffée. 

Elle accroche ses mains autour de mes épaules comme pour se retenir de retomber dans les tréfonds de ces pensées. 

- J'ai vu des choses horribles, rajoute-t-elle, la voix tremblante. 

Je me crispe à ces mots en ayant peur de savoir ce qu'elle a vu. 

Elle plonge ses yeux larmoyants dans les miens. 

- Dis-moi que ce n'était pas moi qui me faisais battre dans ce cauchemar, me supplie-t-elle la voix écorchée. 

Les frissons parcours chaque partie de mon corps. 

Elle attend avec impatience que je lui confirme que ce n'était pas elle qui a subi cela, mais malheureusement, je ne peux pas. 

Mon mutisme lui donne la réponse, alors elle baisse ses yeux pour se replonger dans sa tristesse. 

En entendant ces sanglots, je sens mon cœur se resserrer et je la prends directement dans mes bras, ne voulant pas la laisser seule dans son malheur. 

On partagera cette souffrance, mi reina. 

Sa tête posée contre mon torse, elle laisse ces larmes couler. 

À cet instant, je n'existe plus, et n'arrive plus à respirer correctement, car je sens que la deuxième partie de mon cœur qui se colle contre moi en hurlant toute sa peine meurt à petit feu et je n'ai aucun contrôle sur la situation. 

Je sens que des images du passé viennent la torturer et je suis impuissant. 

À chaque cri, je perds une partie de mon âme. 

AdrianaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant