Musique : Best Mistake - Ariana Grande
Tout en me racontant sa rencontre avec Arturo, Angelica essaye de calmer ces tremblements.
De la voir autant brisée m'a poussé à prendre sa main dans la mienne pour lui donner un peu de ma force.
- Je suis devenue sa chose. À partir de ce moment-là, ma vie n'avait plus de sens, dit-elle avec rancœur.
- Le soir même en me ramenant chez lui, il m'a prise de force, enlevant en moi le dernier morceau de mon innocence dans la violence et la souffrance.
- Je suis tombée enceinte très vite et la grossesse a été mon seul moment de répit. Pendant neuf mois il ne me touchait plus et il prenait même soin de moi, rajoute-t-elle en ricanant.
- Tout ça parce que son futur héritier était dans mon ventre.
- Je n'avais plus personne pour me sauver. Je n'ai même pas pu enterrer mon père dignement vu que j'étais au Mexique, réplique-t-elle à chaud de larmes.
- Quand j'ai accouché des deux jumeaux, j'ai eu à peine le temps de prendre mon bébé dans les bras qu'il me l'a arraché des mains, dit-elle en laissant couler ces larmes.
- Je me rappelle encore ses petites mains posées sur moi et son visage d'ange.
- Je n'ai plus jamais revu mon fils à part lors des festivités ou je devais être présente, mais encore la, Arturo faisait de son mieux pour que je ne m'en approche pas.
- Il disait que je l'affaiblirais, alors je me suis occupé de Juan, en lui donnant tout l'amour que j'avais à partager. Sans Juan, je n'aurais jamais réussi à avancer dans la vie.
- Puis, ma vie reprenait enfin un sens. Vu que je ne servais plus à rien, Arturo m'a laissée repartir en Colombie avec Juan.
- Mais un soir, deux ans plus tard, Arturo a toqué à ma porte complètement bourrée.
- Il me disait à quel point il était désolé, qu'il voulait simplement former une famille forte, mais que je lui manquais et Juan aussi.
- J'ai été assez bête pour le croire, alors vu qu'il a été le premier et le seul à me toucher, je l'ai laissé faire. Cette fois était sans douleur, une scène d'amour comme dans un film, dit-elle en souriant légèrement.
- Je suis retombée enceinte et je lui ai caché, voulant garder ce secret rien que pour moi, je ne l'ai même pas dit à ma mère.
- Il est revenue me voir quelques mois plus tard et en voyant mon ventre rond, il a tout cassé dans la maison de mes parents.
- Chaque souvenir que j'avais construits avec ma mère et mon père était éparpillé au sol comme de pauvres déchets, j'ai beaucoup pleuré ce soir la, réplique-t-elle les yeux dans le vide.
- Il a tout fait pour que je perde le bébé, non pas grâce à l'avortement, mais grâce à la violence de ces poings.
Je frissonne à l'entente de ces paroles et ressers ma main contre la sienne.
- J'étais moi aussi au sol comme un pauvre déchet et mon fils de seulement trois ans a eu l'intelligence d'appeler les secours, voyant le sang qui s'accumulait au sol, dit-elle en posant son regard brisé sur moi.
- Je n'ai pas perdu le bébé, enfin pas de suite, car à sa naissance, je devais retourner au Mexique.
- Il voulait tuer mon bébé, mais je me suis battue comme une folle, dit-elle en levant la manche de son gilet.
Différentes cicatrices profondes marquent son bras et le deuxième également.
- Au final, c'est Martha qui s'en est occupé, mais de le voir maintenant aussi grand et heureux me fait du bien. Il a eu une bonne éducation grâce à Martha et je lui en suis reconnaissante, dit-elle en souriant.
- À présent que mes enfants sont grands, c'est à moi de refaire ma vie et c'est là que tu interviens.
Je la regarde sceptique.
- Je sais qu'au fond, tu es comme moi, une femme forte qui a été brisé par les hommes.
Elle prend mes deux mains dans les siennes.
- Je n'ai pas le pouvoir de détruire l'homme qui m'a brisé, mais toi oui, tu es plus maligne et intelligente, tu pourrais tous les tuer un par un avec un bon plan, dit-elle avec un grand sourire.
Je lui rends son sourire.
- Tu avais raison, nous avons beaucoup de choses en commun, car ce plan est déjà préparé et je me ferais une joie d'ajouter Arturo sur la liste.
Nous sourions avant de trinquer à notre santé.
Fin du Flashback.
Je ne regarde même plus mon père dans les yeux.
Tout ce qu'il a fait subir à ma mère est juste horrible. Il me dégoûte tellement que je ne tourne même pas mon visage dans sa direction quand je l'entends m'appeler.
Adriana s'approche de moi et enlève le bout de scotch collé sur mes lèvres.
Je la regarde dans les yeux sans jamais lâcher son regard, ce qu'elle fait également.
Elle recule et un des hommes lui donne un bidon remplie d'essence.
- Tu apprendras Arturo, qu'il ne faut jamais faire souffrir une femme, dit-elle en s'approchant de mon père pour lui renverser de l'essence dessus.
En voyant que l'homme en face de lui tient un briquet, il essaye encore de supplier Adriana de l'épargner.
- J'annulerais le contrat, je le jure, Angelica pourra reprendre le cours de sa vie, dit-il affolée.
- Ne prononce plus jamais son nom de ta bouche, tu ne méritais même pas une seconde de son attention, dit-elle en renversant le restant du bidon sur son visage.
Mon père essaye de se défaire des liens et le voir entrant de gigoter dans tous les sens me fait plus rire qu'autre chose.
Adriana prend le briquet qu'un des hommes lui tend et s'approche de mon père.
Il la supplie encore en lui promettant de ne plus s'approcher de ma mère.
Au lieu de regarder mon père, elle me regarde en me tendant le briquet.
- Est-ce que tu veux le faire ? réplique-t-elle à mon intention.
Il mériterait que je le tue, que j'allume ce briquet et le laisse s'enflammer. Il a bousillé ma vie, a fait de moi son arme sans se demander une fois s'il n'allait pas trop loin.
Il m'a laissé périr des jours à chaque séance pour faire de moi un homme sans cœur.
Il m'a séparé des bras de ma mère pour me placer dans ceux de criminelles.
Il ne méritait pas l'amour et la fierté que je lui accordais étant petit.
Il ne mérite pas de continuer à vivre auprès de ceux auxquels il a fait du mal sans en subir les conséquences.
En me voyant en train de réfléchir, Adriana fronce les sourcils pour essayer de comprendre ce que je ressens.
- Tu veux que je le tue ? me demande-t-elle en me laissant le choix.
Je regarde une dernière fois mon père et quand j'imagine ma mère au sol enceinte de Gabriel en train de se battre pour survivre, je ne réfléchis plus et acquiesce.
Mon père ouvre grand les yeux en voyant mon geste, mais il n'a pas le temps de protester qu'Adriana allume le briquet pour le lancer sur lui.
Ces hurlements de douleur résonnent dans toute la pièce, mais je ne cille pas.
Chaque parcelle de son corps brûle et il perd connaissance au vu du niveau de douleur.
Il ne reste plus que moi et Adriana le sait, car elle me regarde.
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<3
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Adriana
RomanceDéterminée et indépendante , Adriana Mendez s'est toujours débrouillée toute seule , mais tout bascula quand elle se réveilla seule dans une zone déserte , abandonnée dans une voiture sans aucun souvenir des événements passés . Elle va croiser le ch...
