Musique : Talk - Salvatore Ganacci
- Pourquoi tu as fait ça ?, murmurai-je dans un dernier souffle en posant mon front sur son torse.
Mon corps à cesser de trembler à force d'encaisser la souffrance et moi, je me sens vide, vide de tout courage pour affronter les épreuves que la vie me pousse à surmonter.
Ares n'a pas réagi, il est resté de marbre face à mon état de crise.
Puis, en voyant que j'ai réussi à me calmer seule, il décide d'attraper mes poignets avec force.
Je lève ma tête dans sa direction, surprise par son geste.
Pensant percevoir une once de pitié dans son regard, je me retrouve confronté à ces yeux pleins de rage qui me scrutent avec dégoût.
Il ressert sa prise sur mes poignets et mon visage se crispe de douleur.
J'essaye de me dégager de sa prise, mais je n'y arrive pas.
- Lâche-moi !
- Tu as enfin fini de faire ta crise ?, dit-il durement.
- Je n'aurais pas eu à me mettre dans cet état si tu m'avais laissé prendre les médicaments, dis-je avec amertume en le fusillant du regard.
- Tu crois que c'est ça la solution ? réplique-t-il lourdement.
- Te droguer avec des antidouleurs pour espérer réussir à faire fuir ton passé ? Mais, j'ai un scoop pour toi : tu auras beau faire tout ce que tu veux pour fuir ces problèmes, ils reviendront toujours t'abattre au moment où tu ne t'y attends pas, rajoute-t-il en augmentant sa prise sur mes poignets.
- Tu veux devenir trafiquante ? Alors, affronte tes putain de traumatismes.
Il lâche ces mots avec dégoût comme si j'étais un enfant qui apprenait une leçon, mais je déteste son air suffisant sur moi.
Il me pousse avec force pour sortir des toilettes.
- Tu as réussi, toi à les affronter ?, dis-je avant qu'il ne sorte.
Il s'arrête dans sa marche et quand il se retourne pour croiser mon regard en attendant la suite de mon récit, je m'approche et soulève avec force la manche de sa veste, laissant apparaitre les anciennes cicatrices de scarification.
- Ne me dit plus jamais ce que j'ai à faire ou comment le faire, car au final, tu es aussi faible et rongée par les traumatismes que moi, dis-je durement en ne lâchant pas son regard de feu.
Sans que je m'y attende, sa main se pose sur mon cou avec force et m'oblige à me coller contre le mur.
Il ne serre pas assez fort pour me couper le souffle, mais assez pour laisser la panique me submerger.
Pour éviter de lui montrer ma peur, je décide de sourire avant de planter encore plus le couteau dans la plaie.
- Rappelle-toi que c'est moi qui possède tout aujourd'hui et que toi, tu n'es plus rien. Qui est le plus faible entre nous deux du coup ?
Je souris de toutes mes dents, même si je sens sa prise se resserrer sur mon cou et sa respiration s'accélérer.
Je savais que cette association finirait comme ça. Nous accumulons trop de haine, à force, il y a bien un de nous deux qui va finir par être tué, mais je suis joueuse et je veux savoir jusqu'où il serait prêt à aller.
Puis, je suis distraite par une silhouette qui se trouve derrière nous.
- Tu comptes la lâcher quand ? dit l'inconnu en anglais.
Je suis surprise qu'il se mêle de notre interaction et Ares tout autant, car il me lâche et vient se mettre en face de l'inconnu.
En croisant les bras, j'admire le jeu de regard qui se produit sous mes yeux.
L'homme n'est sûrement pas un américain puisque j'ai perçu un léger accent dans sa voix.
Ces cheveux d'un blanc éclatant qui contraste avec ces yeux verts sont étonnants, mais pas désagréables à regarder.
L'homme faisant la même taille qu'Ares ne se laisse pas dominer, mais il décide de poser ces yeux perçants sur moi.
- Est-ce que vous allez bien ?, dit-il en ne prenant pas compte d'Ares.
Admirant la jalousie que je perçois dans les yeux de mon associé, j'en profite pour m'approcher de l'homme et de poser ma main sur son bras avec un sourire angélique placé sur mes lèvres.
- Oui, maintenant, je vais mieux, merci, répliquai-je avec un accent anglais parfait.
Je sens Ares fulminait derrière moi et je jubile intérieurement.
Ayant compris mon jeu, le blond sourit avant de reposer quelques secondes son regard vers moi puis de sortir des toilettes.
La jalousie est un vilain défaut, Ares, si vilain que j'en ferais une arme destructrice contre toi pour te mettre à genoux.
- On rentre, dis-je avec un grand sourire avant de sortir des toilettes.
Je me dirige vers la sortie, non pas en sentant le regard de l'homme inconnu sur moi.
Mais, je sais également que l'homme qui se retrouve derrière moi me tue du regard, alors j'en profite pour croiser le regard du blond une dernière fois.
En m'installant à l'arrière de la voiture, mon sourire ne quitte pas mes lèvres.
Cet inconnu m'a donné une idée qui réussirait à faire de l'homme à côté de moi un associé plus docile et respectueux.
Je sais que la haine qu'il a contre moi n'aidera pas dans mon plan, mais je dois essayer, j'ai ce besoin de l'avoir à mes pieds, de savoir que je possède tous les pouvoirs sur lui.
J'ai bien vu le regard de cet inconnu sur moi, je sais que je ne l'ai pas laissé indifférent.
Mais, il n'y a pas que lui qui n'est pas indifférent à moi et il est assis juste à côté de moi.
Après tout, je suis son obsession, c'est ce qu'il disait.
Il disait également que c'était lui le fou, mais je prouverais sans cesse que dans cette histoire, je suis d'autant plus folle que lui.
Je laisse mon regard divagué sur son corps tendu à côté de moi et je repense à la soirée que nous avions passée à Cancún.
À quel point son toucher a été une délivrance pour moi.
Pour la première fois, je n'ai ressenti que du plaisir et non de la douleur.
La faiblesse des hommes sont les femmes, mais pour Ares, c'est moi sa faiblesse et uniquement moi.
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<3
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Adriana
RomanceDéterminée et indépendante , Adriana Mendez s'est toujours débrouillée toute seule , mais tout bascula quand elle se réveilla seule dans une zone déserte , abandonnée dans une voiture sans aucun souvenir des événements passés . Elle va croiser le ch...
