Alessia
— De quoi tu parles ?
— De ce jour où j'ai tout foutu en l'air.
Cette fois, Alvize ne me retient pas quand je quitte ses bras protecteurs. Je peux lire dans son regard toute l'incompréhension due à ma réflexion.
Je me dirige vers la baie vitrée. Mes yeux se perdent au loin, dans l'immensité du ciel étoilé. Je triture mes doigts, cherche dans mon esprit la meilleure manière de commencer mon récit quand, je sens deux bras m'envelopper par derrière..
Ne fais pas ça, Alvize, ne sois pas tendre avec moi, sinon je ne vais pas y arriver. Je me sens tellement minable d'avoir agi comme une gamine immature.
— Parle moi, Alessia. Ça me rend dingue de ne pas savoir... d'être impuissant...
Par besoin, ou par faiblesse, je recouvre de mes mains celles d'Alvize qui reposent en éventail sur mon ventre. Je réalise avoir besoin de ce contact. De sa chaleur. Comme avant. Même si de l'eau a coulé sous les ponts, j'ai réalisé ces jours-ci, qu'il me manquait atrocement. Mon ami, mon amant, mon confident.
J'ai patienté jusqu'à son retour. Je me suis endormie, comme une fille pathétique qui insiste auprès de son coup d'un soir, sans savoir s'il allait rentrer, ou passer la nuit chez la nana qu'il a sans doute choper dans un bar quelconque, ce n'est pas pour effectuer une marche arrière...
— Tu as discuté avec Terzo ?
J'inspire.
— Oui.
Allez ma grande, on se retourne et on fait face.
Sur ce coup ma conscience a gagné.
Pourquoi est-ce plus dur de sortir toute l'histoire à Alvize ?
Je pivote, ce qui l'oblige à me lâcher, j'appuie mon dos contre la vitre froide et ancre mes prunelles dans celles de mon amour de... mon amour tout court, parce que mes sentiments pour lui n'ont pas changé malgré tout ce que je peux prétendre. Malgré mes années londoniennes d'errances émotionnelles.
— Viens, allons nous asseoir.
Je saisis la main qu'il me tend puis il nous guide jusqu'à son canapé. Retour à la position initiale. Et sans attendre plus longtemps, je me lance.
— Tu te souviens de la journée que nous avions passé sur le lac rien que tous les deux...
— Pour fêter nos un mois de clandestinité, me coupe-t-il avec un air de défi sur le visage.
C'est lui qui en avait eu l'idée. J'avais trouvé sa proposition originale de nommer notre premier mois en couple comme ceci.
Il avait tout organisé, a voulu garder la surprise jusqu'au dernier moment, où il m'avait embarqué sur un Riva qu'il avait loué, et nous avions passé la journée dans un coin du lac où aucun touriste n'a accès pour mon plus grand plaisir.
— Celle-là même. Et tu te rappelles aussi que, quand nous nous sommes quittés, tu devais retrouver mon frère au palais, et moi Rose à l'hôtel afin de l'aider à terminer de préparer la soirée blanche ?
Soirée qui avait lieu le soir même. Chaque année c'est une tradition. Mes grand-parents invitent tous leurs amis et relations afin de marquer la fin de l'été et des festivités estivales mais surtout récolter des fonds pour leur association.
Alvize acquiesce d'un simple hochement de tête.
— Et bien c'est à partir de ce moment que tout a merdé.
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Mi Amore
RomanceAlessia est forcée de revenir dans son pays natal, au bord du Lac Majeur, pour enterrer son grand-père Ricardo De Luca. Après des années passées à Londres à étudier à la London Collège of Fashion, Alessia va devoir faire face à la douleur de la pert...
