Alessia
Université de Milan.
Assise sur une des rangées de sièges du milieu de l'amphithéâtre, mon ordinateur ouvert sur la fenêtre qui m'intéresse, mes yeux naviguent vers le premier rang où, des étudiantes en chaleur, font tout pour attirer l'attention du prof, autre que pour l'assiduité de leur travail. Sans aucune pudeur, elles adoptent toutes des poses aguicheuses. Et vas-y que je suce le bout de mon crayon, que je descends le décolleté de mon haut, remonte ma jupe sur mes cuisses... L'énergie qu'elles dépensent pour qu'il se glisse entre leurs cuisses est affligeante. Je lève les yeux au plafond devant tant de don de soi dans l'unique but de se faire sauter par l'intervenant.
Celui qui va être notre enseignant durant une heure, arpente l'estrade de long en large, parle fort, passe une main dans ses cheveux. Soupir général. Filles et garçons confondus.
J'écoute à moitié, joue avec mon stylo quatre couleurs, esquisse sur mon carnet une idée qui me vient, une matière pour une combi pantalon, anote la marge de remarques, plonge dans cet univers qui ne me laisse pas de répit... plus depuis les révélations sur la mort de mon grand-père... Je veux qu'il soit fier de moi de m'avoir donné la possibilité d'être la styliste de De Luca Couture.
Je reviens à la réalité de mon cours, quand je sens un regard posé sur moi. Je relève mon visage de mon carnet, et le froncement de sourcils de mon prof est un rappel. Je dois me concentrer sur autre chose que mes dessins.
L'acte de présence n'est plus suffisant apparemment.
Il sourit. Cet enfoiré sourit. Le numéro trois. Celui arrogant, sûr de lui. Oui je les ai numérotés. On a le temps quand on s'ennuie.
Adossé à son bureau, bras et jambes croisés, jean brut bien taillé, mettant en valeur ses cuisses et son magnifique cul, les manches de sa chemise bleu ciel retroussées sur ses avant-bras halés, met en avant sa musculature, ses veines apparentes sur le dos de ses mains, sa chevelure en bordel... comme souvent, et ses iris... Focus meuf.
Tant bien que mal, je refrène mon envie de griffonner.
— Oh et puis merde ! maugré-je, attirant l'attention de mon voisin, quand l'attention du prof, sexy, est détournée par une pétasse du premier rang qui lui pose une question.
Il bafouille, me fixe de nouveau, mâchoire crispée. Ce coup-ci je lâche mon stylo dans un bruit sourd sur la tablette en bois, mes lèvres s'étirant dans un sourire narquois.
Je vous trouble, professeur ? pensé-je.
Le cours s'achève. Enfin. Je prends mon temps pour ranger mes affaires, patiente, durant des minutes qui me semblent interminables, que tous les étudiants quittent l'amphi. Mon cher intervenant m'ayant signifié qu'il souhaitait voir à la fin du cours.
Une fois mon ordinateur et mon carnet dans mon sac, je descends les marches pendant que notre prof range son Apple Air, efface le tableau, et tout ça sans me quitter des yeux.
— Mademoiselle De Luca ? m'interpelle-t-il quand j'arrive à sa hauteur.
— Oui monsieur ? dis-je d'un air innocent. Vous vouliez me parler ?
Il acquiesce en se plaçant face à moi.
— Qu'as-tu pensé de mon cours ?
Pas grand chose, mais je le garde pour moi. Je ne suis pas non plus suicidaire.
— Et bien... justement... professeur, commencé-je en m'appuyant contre le bureau.
Le canon me suit des yeux, les miens ne ratent pas le renflement au niveau de son entrejambe. Mes incisives mordent dans ma lèvre inférieure.
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Mi Amore
RomanceAlessia est forcée de revenir dans son pays natal, au bord du Lac Majeur, pour enterrer son grand-père Ricardo De Luca. Après des années passées à Londres à étudier à la London Collège of Fashion, Alessia va devoir faire face à la douleur de la pert...
