Chapitre 40

131 25 42
                                        


                                                                                         Alvize

Et voilà pourquoi je me retrouve un lundi matin dans mon bureau avec une trique d'enfer, merci Alessia, et une Aurora furax, re-merci Bébé De Luca.

Le mal de crâne pointe le bout de son nez et il n'est même pas dix heures du matin. Ceci-dit, si je récupère ma belle italienne, cela vaut largement toutes mes céphalées.

— Tu me demandes en mariage, commence Aurora en avisant qu'Alessia a bien déserté la pièce...

— Fiançaille, Aurora...je l'interromps.

— Ouais bon c'est pareil, balai-t-elle ma précision d'une main aux ongles rouges sang, la finalité est la même. Donc tu me fais ta demande le vendredi...

— À laquelle tu n'as toujours pas donné de réponse, d'ailleurs, je la coupe de nouveau.

— Et le lundi, enchaîne-t-elle, je te trouve la langue fourrée dans la bouche de cette gamine aussi collante qu'un chewing gum sous mes semelles Manolo. Franchement elle va s'arrêter quand de jouer avec les adultes ?

Retiens toi, Alvize, pense au plan. Alessia a précisé que je réfléchisse avec ma tronche, pas avec ma queue. mais elle n'a rien dit à propos de mon impulsivité ? Si ?

J'inspire par le nez, fourre mes mains dans les poches de mon pantalon de costard, à défaut de les enrouler autour du cou de mon ex plan cul afin de lui faire ravaler sa langue de vipère.

Je me cale contre l'arrête de mon bureau, jambes croisées et mâchoire crispée.

Aurora s'avance en tortillant du cul, son sac à main porté à bout de doigts, elle me mate comme une diabetique devant un magasin de bonbons.

— Si tu m'as obligé à venir, c'est pour une bonne raison, non ? demande-t-elle à quelques centimètres de mon corps.

J'essaye de reculer, mais comme un abruti je suis coincé entre ma table de travail et elle. Je me suis piégé tout seul.

Pas très intelligent comme réaction. Si je la fuis, Aurora va se douter qu'un truc merde. Elle a assez de flair pour repérer les entourloupes.

— Alors...j'ai pensé que... poursuit-elle en plongeant une main dans son caba hors de prix.

Et je tilte. Le sextoy qu'à ramasser Alessia. J'ai pris sur moi afin de réprimer un rire quand j'ai vu sa mine dégoûtée tenant l'objet à bout de doigts.

— Un petit accessoire ne serait pas en trop. Je viens de l'acheter exprès.

Trop gentil.

— Tu doutes de mes capacités à te baiser sans ?

Mon regard se plante dans le sien pour la crucifier.

— Non, mon chaton, mais tu sais que j'aime être pleine... de partout.

Ne vomis pas. Vires les images qui menacent d'envahir ton cerveau.

Putain ! comment j'ai fait pour coucher avec cette femme pendant de si longues années sans voir plus loin que ma queue ? Car Aurora a toujours été comme ça. Insatiable, provocante, ouverte à toutes sortes d'expériences. Je ne vais pas revêtir le costume d'un mec hypocrite, cela me convenait à une certaine époque. Baiser pour baiser. Tester des choses. Les plans à trois ne me rebutent pas. C'était sans prise de tête. Et puis, j'étais tellement aveuglé par ma tristesse, ma colère que ma belle italienne se soit barrée sans un mot, ni un retour en arrière, que j'ai enfilé des œillères, et pas uniquement aux oreilles apparement.

Mi AmoreOù les histoires vivent. Découvrez maintenant