Alvize
— T'as l'air d'un con, m'accueille Terzo quand je pénètre dans la salle d'attente de l'hôpital Ospedale où nous avons été amenés, Alessia et moi.
Je ne sais depuis combien de temps je suis là. J'ai passé toute une batterie d'examens, puis ils ont bandé mon crâne après avoir posé de la colle sur la blessure au front en m'expliquant qu'aucun traumatisme crânien n'avait été détecté. Mon mal de tête provient du choc, mais rien d'inquiétant d'après le médecin urgentiste qui m'a examiné. Et comme aucune fenêtre ne peut me donner un indice si le jour est levé ou pas, je suis dans l'ignorance.
— Où est ta sœur ? demandé-je sans ambage tout en virant le bandage me donnant l'air d'un zombi de série B.
Terzo reporte son regard vers la plaie de mon front. Il souffle, et je constate seulement quand il me rejoint, qu'il a un air affreux et les pupilles rouges. Mon ami passe ses doigts nerveusement dans sa chevelure déjà en bordel.
— Tu n'en avais pas assez d'être un putain de beau gosse... il a fallu en plus que tu marques ta peau plus virilement.
Je souris même si le cœur n'y est pas, car cette réflexion amicale me ramène à ce qui nous est arrivé à Alessia et moi. Et l'état de mes vêtements est aussi un rappel des faits.
— Tu me connais je mets toutes les chances de mon côté afin de plaire à ta sœur.
Terzo baisse les yeux. Je m'approche de lui ce qui lui fait relever son visage.
— Putain mec ! tu m'a fait flipper, éclate-t-il en me donnant un coup dans le biceps puis sans attendre m'attire à lui afin de me prendre dans ses bras.
— Je suis désolé, Ter, d'avoir...
Les larmes me montent aux yeux.
— Tais toi, Al, tu n'es en rien responsable de ce qui vous est arrivé.
— Peut-être... Cependant, j'hésite à lui avouer le contexte exact de l'accident.
— Quoi ? Qu'est-ce que tu ne me dis pas, Alvize.
Terzo me toise, bras croisés sur son torse, attendant que je développe.
— Viens allons nous asseoir et ensuite tu me diras où est Alessia.
Je me mets à lui raconter, qu'un 4X4 c'est amusé aux autos tamponneuses avec ma caisse, et l'utilitaire que je n'ai pu éviter, au fur et à mesure que j'avance dans mon récit, mon meilleur ami fronce les sourcils, réfléchit, analyse ce que je lui relate et fait tomber le couperet :
— Les responsables vont payer... et peu importe qui c'est, ou ce que cela va nous couter. On les aura.
Son regard planté dans le mien, je sais à qui il fait allusion.
— Je suis d'accord avec toi. Peu importe qui en est à l'origine.
J'ai ma petite idée et Terzo aussi certainement.
— Maintenant si tu me le permets, j'aimerai aller voir ta sœur.
Personne ne m'a rien dit, et je n'ai pas pu échapper aux contrôles obligatoires. Donc je suis sur les nerfs depuis pas mal de temps.
— Rose est avec elle dans un box...
J'inspire de soulagement. Si son amie est en sa compagnie, c'est que Alessia va bien. Non ?
— Quel box, Terzo ?
Il doit sentir ma patience inexistante car il répond immédiatement.
— Le deuxième sur ta droite.
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Mi Amore
Roman d'amourAlessia est forcée de revenir dans son pays natal, au bord du Lac Majeur, pour enterrer son grand-père Ricardo De Luca. Après des années passées à Londres à étudier à la London Collège of Fashion, Alessia va devoir faire face à la douleur de la pert...
