Chapitre Bonus

107 18 20
                                        




Parce que j'ai envie de vous remercier, de compléter cette histoire (merci @Laulau-Lo, j'espère que ce chapitre bonus te fera plaisir ), mais aussi parce que j'avoue, j'ai un peu de mal à les laisser partir...

Quelque chose se prépare, et là, je remercie ma @ktyknk pour son soutient à toute épreuve 😇et il lui en faut.

Je vous souhaite une bonne lecture.

❤️

Alessia


Assise par terre en tailleur sur le sol de mon bureau chez De Luca Couture, mon casque audio sur les oreilles crachant Loneliest de Måneskin, mon carnet entre les mains, je m'applique à retoucher une combinaison pantalon en sergé de soie blanche. La musique éloigne mes pensées moroses et le dessin canalise ma colère.

Si je suis dans un état proche de "l'Ohio" comme le chante si bien Isabelle Adjanie, c'est tout simplement à cause de ma dispute avec mon frère ce matin. Il n'a rien trouvé de mieux cet abruti que de prendre son petit déjeuner, à la villa, en compagnie de la pétasse qu'il a sauté toute la nuit... Ma chambre étant proche de la sienne, je n'ai rien manqué des « Oh ! Terzo «  ou encore des « vas-y plus fort ». J'étais à deux doigts de me lever et de vraiment la frapper pour qu'elle se taise. Alvize étant absent pour trois jours, je suis venue dormir chez ma nonna. Il est à Florence afin de vérifier l'avancée des travaux pour la future usine qui fabriquera nos vêtements pour le marché international.

Alors que Rose était présente à table avec nous. Elle n'a rien dit, seules ses phalanges serrant la anse de sa tasse montraient son énervement. Elle a pris son repas rapidement puis m'a embrassée sur le front, comme souvent, avant de quitter la maison de Charlotte en nous souhaitant une bonne journée sans un regard en arrière. J'ai fusillé Terzo du regard, qui a fait semblant de ne pas me voir, l'autre dinde était tellement occupée à mettre ses attributs sous le nez de mon frère qu'elle n'a même remarqué qu'il ne l'écoutait plus, et était focalisé sur le dos de ma meilleure amie.

— À quoi tu joues ? m'énervé-je en tapant du plat de la main sur la table en bois, faisant tinter les verres en cristal et vaciller dangereusement le contenu de nos tasses.

Terzo serre la mâchoire, sa bimbo toujours accrochée à son bras, les yeux écarquillés.

— Je ne joue à rien, Alessia... et tu sais pourquoi...

Je me lève, furieuse, comprenant où il veut en venir, toujours la même rengaine, débarrasse mon assiette et mon bol, puis en passant à ses côtés je lâche :

— Moi aussi j'ai perdu...

Je m'arrête en constatant que l'attention de sa poupée gonflable est portée sur moi et non plus sur les muscles de mon queutard de frangin. Nous n'avons pas pour habitude de laver notre linge sale avec du public, donc ça attendra.

— Occupe toi de tes affaires, persifle-t-il.

Je lève bien haut mon majeur en montant les marches afin de retourner dans ma chambre et terminer de me préparer, et j'entends à peine un "lâche moi", et un "dégage", charmant, suivit d'un "stronzo". Au moins nous sommes d'accord sur un point. Mon frère est un vrai connard quand il s'agit de Rose.

Je reviens au moment présent.

— Mais quel enfoiré ! m'exclamé-je pour moi-même, en terminant mon esquisse et en retirant mon casque.

Je me relève, m'étire afin de dénouer mes muscles, m'assoie à ma table de travail, commence à sélectionner les échantillons de tissus, les agrafes sur la feuilles, prévient Pietro notre brodeur pour qu'il m'apporte la dentelle de Venise dont je vais avoir besoin, et puis quand c'est fait, je me dirige vers l'atelier tailleur.

Mi AmoreOù les histoires vivent. Découvrez maintenant