Chapitre 39

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Alessia


— Je passe tout à l'heure pour récupérer mes affaires au bureau.  

Non. Trop facile.

J'inspire en m'arrêtant soudainement, sèche mes larmes du dos de la main et pivote sur moi-même.

— Alvize Toscanelli, crié-je en me dirigeant vers la terrasse où s'est réfugié ce sans couilles.

Surpris mon frère sursaute ainsi que l'incriminé qui me regarde par-dessus son épaule.

— Tu vas arrêter tes conneries de mensonges, éructé-je en avançant afin de le rejoindre, tu vas tout nous expliquer et on va trouver une solution ensemble, ordonné-je en martelant son torse de mon index.

Alvize emprisonne mon poignet de ses doigts, un frisson remonte le long de mon bras, cela doit lui faire le même effet car il me relâche. Ignorant la douleur qui se propage dans mon cœur que son geste engendre, je le perfore de mon regard le plus menaçant et crochète mes doigts à sa chemise.

— Je te le demande une dernière fois... Es-tu vraiment sûr de vouloir continuer ce petit jeu ? Et prendre le risque de me perdre à tout jamais ? Parce que c'est ce qui arrivera... si tu persistes.

Ma voix s'éteint sur le dernier mot.

Ses yeux noisettes plus clairs grâce au soleil qui éclaire son visage, me fixent avec une intensité qui me trouble, mes jambes menacent de me lâcher. Anticipant, il entoure ma taille afin de me maintenir, ses phalanges caressent ma joue. Je me noie dans ses iris, je plonge au tréfond de son âme, des images séquentielles des moments passés avec Alvize s'assemblent dans mon cerveau, défilent pour former la ligne de notre vie passée ensemble. Je ne veux pas perdre de nouveau l'homme de ma vie, je ne peux pas. J'ai besoin de lui pour respirer. Impossible de le laisser partir, se sacrifier en épousant cette salope d'Aurora.

— Al...

Il est tout près de flancher.

Allez Alessia.

— Tu ne peux pas me faire ça. On va t'aider, on va s'en sortir, ensemble. Tu te souviens, toi et moi, contre le reste du monde. Bon ok on va avoir besoin du zigoto derrière nous qui n'arrête pas de râler en creusant des tranchées dans ton sol, et aussi de...

— Je t'entends, se manifeste mon frère posté dans l'entrebâillement de la baie vitrée.

Je roule des yeux, puis je me reconcentre sur mon bel italien qui par réflexe a noué ses doigts aux miens.

Un regard en direction de son pote, et Terzo nous rejoint. Alvize passe sa main libre dans sa tignasse en soufflant de contrariété, et je le connais assez pour affirmer qu'il abdique.

— D'accord.

— D'accord ? répèté-je bêtement.

— T'es devenue sourde en cinq minutes, tacle mon frère ou ton cerveau a disjoncté ?

Au lieu de rentrer dans son jeu, je lui souris. Il a horreur que j'agisse de cette façon, et moi j'adore car il monte en pression tout seul, alors que je jubile en attendant qu'il se calme.

Une fois que nous sommes tous les trois revenus à l'intérieur, nous nous asseyons, Alvize sur un fauteuil et mon frère et moi sur un, des deux canapés.

— Bon, avant de commencer, je veux m'excuser du mal que je vous ai fait. J'ai cru agir avec bon sens... mais en vous voyant chez moi, en constatant la façon dont tu te bas pour nous, Alessia, je me sens minable...

Mi AmoreOù les histoires vivent. Découvrez maintenant