Alvize
Comme si l'on m'avait jeter un putain de sort, je ne pense plus à rien, à part à ses lèvres si envoutantes, si douces, à ses ongles qui s'incrustent dans la chair de ma nuque, à son corps mettant au supplice le mien. Alessia émet un gémissement, quand ma bouche se détourne de la sienne afin de butiner son cou, éraflé sa mâchoire. Sa tête bascule en arrière, laissant libre accès à ma langue qui remonte le long de sa carotide, pour atteindre sa lèvre inférieure que je mords, avant de reprendre cette bouche qui m'a tant manqué ces dernières années.
Le baiser devient fiévreux, fougueux, nos doigts s'entrelacent sur la taille d'Alessia, si bien que je la tire à moi d'un coup sec, sa poitrine équivaut à une onde électrique dès qu'elle touche mon torse, son bassin ondule au gré des mouvements du mien. Comme avant, nous sommes en parfaite symbiose, nos corps se reconnaissent, non pas besoin de s'apprivoiser, nos particules se mélangent afin de ne former qu'une même entité. A bout de souffle, je mets fin à cette étreinte malgré l'envie de poursuivre et de l'emmener dans ma chambre. Je recule mon visage en posant mon front contre le sien. Les paupières closes, je tente de retrouver mes esprits. Pas évident quand tout s'embrouille.
On doit discuter. Après ses révélations, moi aussi j'en ai à lui faire.
— Même si, je déplore à cet instant de jouer le rôle de mec adulte et mature...
Alessia me scrute attendant la suite. Nous sommes toujours accrochés l'un à l'autre.
— Nous devons encore parler. Tes révélations ont perforé mon ventre de balles acides, et...
— Je comprends, dit-elle en amorçant un geste pour se relever.
— Non, la stoppé-je dans son intention de quitter mes bras. Je ne te repousse pas, Al... pas alors que j'attends de te retrouver depuis toutes ces années, et que je connais enfin la vérité sur ce qui t'a fait fuir. Mais j'ai également des choses à t'apprendre.
Alesia reste attentive, mais sa mine contrariée ne m'échappe pas.
— J'ai besoin d'un verre et d'une clope.
— Il est... tôt, constate-t-elle en regardant l'heure sur sa montre.
C'est vrai, l'aube commence à pointer le bout de son nez, le ciel se pare de cette couleur si particulière entre ombre et lumière.
Je suis crevé, la nuit a été intense, mais là, il me faut un remontant, autre que le corps de ma belle italienne. Me servir d'elle pour calfeutrer cette colère qui gronde en moi n'est même pas envisageable. Autant j'ai pu le faire avec d'autres femmes, me servir du sexe afin d'antenuer toutes les émotions nocives qui circulent en moi, et les oublier le temps d'un orgasme, autant le reproduire avec Alessia me degoute de moi-même.
— Va pour un alcool fort, souffle-t-elle en se relevant. Moi aussi j'en ai besoin.
Une fois debout, je me dirige vers le meuble qui renferme mes précieuses bouteilles, et nous sert deux verres de téquila, puis je rejoins Alessia qui se trouve sur la terrasse en pleine contemplation du ciel.
Je me positionne à ses côtés, en posant mes contenants sur la rambarde en pierre, et m'allume une cigarette. Alessia me surprend en me la chipant pour la porter à ses lèvres, mais ne fait aucun commentaire. Forcément, je suis subjugué par cette bouche qui aspire la fumée, m'envoyant des images interdites au moins de dix huit ans. Je réitère mon geste avec une autre cigarette que je sors du paquet, puis, parce que je suis incapble de détourner mon attention d'elle, j'admire son profil, jalouse la fumée qui s'échappe de ses lèvres purpurines, avant qu'elle ne laisse tomber le paysage pour planter son regard dans le mien. Ses yeux embués, écorchent un peu plus mon cœur et augmentent la haine envers mon géniteur, car je suis convaincu qu'il est derrière toute cette machination, avec la complicité de sa maîtresse, et c'est cela que je vais devoir expliquer à Alessia.
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Mi Amore
RomanceAlessia est forcée de revenir dans son pays natal, au bord du Lac Majeur, pour enterrer son grand-père Ricardo De Luca. Après des années passées à Londres à étudier à la London Collège of Fashion, Alessia va devoir faire face à la douleur de la pert...
