Alessia
Et voilà !
Une fois de plus, mon cœur se morcelle en plusieurs morceaux à cause d'Alvize Toscanelli.
J'ai quitté son appartement comme un coup d'une nuit. Heureusement, personne n'attendait en bas des marches afin d'admirer mon walk of fame.
Qu'est-ce qui m'a pris de céder et de terminer dans son lit les cuisses écartées ?
Certainement le fait d'avoir découvert que nous avions été manipulé, lui et moi.
Pour ce que ça change !
Je fuis de nouveau, le moral en berne et la fierté au trente-sixième dessous.
Durant le trajet en taxi qui m'a ramenée chez mon frère, mon cerveau a fait les frais de ma mauvaise humeur.
Quand je passe le seuil du domicile de mon frère, je suis accueillie par une Charlotte apprêtée et sa valise dans le vestibule.
— Bonjour, Alessia.
Je m'approche afin de la prendre dans mes bras et respirer son parfum si familier et réconfortant. Il flotte toujours cette fragrance de madeleines sorties du four.
— Bonjour, nonna.
— Comment vas-tu ? m'interroge-t-elle en me tenant à bout de bras pour m'osculter comme une Anna Wintour avant un shooting.
Je hausse les épaules, ne voulant pas craquer devant elle.
— Et bien, si une nuit passionnelle te rend aussi joyeuse et comblée...
Ma grand-mère a de l'humour.
— Soit ton amant a été mauvais, soit il t'a vexée.
Je manque de m'étouffer avec ma salive.
— Comme je doute qu'Alvize soit un amant médiocre, j'opte pour la seconde solution.
Je dois virer au rouge vif, et naviguer dans une autre dimension d'écouter Charlotte vanter les facultés sexuelles de mon amant, pourtant indifférente à ma gêne, cela ne l'empêche pas de continuer.
— Une femme doit ressortir d'un coït avec un sourire nié, une bonne mine et des papillons dans le ventre.
— Est-ce qu'on peut parler d'autres choses que de mon humeur itinérante à ma sexualité ?
Je ne précise pas qu'Alvize m'a donné non pas un, mais trois coïts.
— Comme tu veux... déclare-t-elle en enfilant sa veste de tailleur noir.
— Mais comment sais-tu que j'étais avec lui ? J'aurais pu être avec un autre.
Ma grand-mère sourit, de cette façon qui dit : mais oui ma belle, prends- moi pour un lapereau de six semaines.
— Mon frère, comprends-je.
— Exactement.
— Il t'a tout raconté alors...
— Tout. Je suis heureuse qu'il l'ait fait et surtout que toi mia cara que tu te sois enfin décidé à tout lui narrer. Ce quiproquos a assez duré, et il devait enfin connaître la vérité. Il a assez souffert de ne rien savoir sur ta fuite... Ricardo et moi nous sommes souvent disputés à ce sujet. Ton grand-père respectait ta décision tout en souffrant d'être partagé entre vous deux.
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Mi Amore
RomansaAlessia est forcée de revenir dans son pays natal, au bord du Lac Majeur, pour enterrer son grand-père Ricardo De Luca. Après des années passées à Londres à étudier à la London Collège of Fashion, Alessia va devoir faire face à la douleur de la pert...
