Chapitre 20

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                                               Alessia

Des années plus tôt.

Le jour où tout a basculé...

La journée a été parfaite.

Alvize a été parfait.

Et aucun remord de nous cacher depuis des semaines n'est venu entacher son programme. Nous avons discuté du fait qu'il va falloir en informer Terzo, mais ses caresses et ses baisers ont renvoyé loin de nous cette constatation.

Alvize et moi nous sommes séparés devant l'embarcadère. Lui doit reprendre le Riva afin de rejoindre l'île et mon frère, pendant que je dois retrouver Rose à l'hôtel et peaufiner les derniers détails de la soirée blanche qui aura lieu dans l'établissement.

Je remonte le chemin qui me conduit jusqu'au palace, un air niais collé sur mon visage.

Charlotte et Ricardo ne lésinent pas sur le budget et tiennent particulièrement à ce gala qui va récolter des fonds pour les enfants dont l'un des parents est décédé tragiquement dans un accident ou d'une maladie.

Le nez sur l'écran de mon portable, je ne vois pas de suite la personne qui entrave mon avancée, et ne relève la tête que quand, deux bras se posent sur mes épaules afin de m'éviter de tomber en arrière.

— Excusez-moi, fais-je en fronçant les sourcils.

L'homme qui se tient en face de moi reste muet. Son regard me perturbe. Il arbore une cicatrice qui barre une partie de sa joue droite et qui descend jusqu'à son cou. Son costume noir d'où je perçois une bosse sur le côté, sa carrure imposante et massive ne sont pas pour me rassurer.

Je n'ai jamais aperçu cet homme, mais un mauvais pressentiment me prend à la gorge. Il a tout de l'homme de main d'un truand.

Je me décale sur un côté afin de reprendre ma route, mais il en fait de même, si bien que l'on pourrait croire que l'on effectue un pas de danse.

— Un problème ? demandé-je en puisant dans mes forces afin de ne pas partir en courant.

Tout comme pour mon frère, ou Alvize, mon nonno a tenu à ce que je pratique un sport de combat, mais j'ai arrêté à Londres. Et puis vu la montagne de muscles qui me scrute, je n'aurais aucune chance. Éventuellement crier, et encore, ses mains sont des battoirs alors mon espoir d'être entendu est mince.

Bref, je suis dans une impasse.

— Pas nécessairement, si vous m'obéissez.

Italien parlé avec un fort accent russe.

Je recherche dans ma mémoire à quel moment de ma vie, j'ai pu en blesser un, en repoussant un de ses compatriotes, lors d'une soirée en boîte, durant mes années en Angleterre, mais rien dans mon esprit ne mentionne un quelconque homme de l'est.

— Qui êtes vous ?

Je devine l'impatience à la posture du molosse et à sa mâchoire contractée. Malgré tout, il daigne me répondre.

— Votre frère m'a prévenu, je fronce les sourcils à la référence de Terzo, que vous ne vous conformez pas aux ordres sans discuter.

— Que vient faire Terzo là dedans ?

Il est agacé.

— Je suis son nouvel homme de sécurité.

Étrange.

Mi AmoreOù les histoires vivent. Découvrez maintenant