Chapitre 22

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Alvize


Ce chapitre se déroule le jour de l'arrivée d'Alessia chez De Luca, et au même moment que le repas chez son frère.

L'expression "tuer le père" est on ne peut plus vraie dans mon cas, puisque par la force de la vie, j'ai été obligé, dès mon plus jeune âge, à m'émanciper de la figure paternelle nauséabonde, que représentait mon géniteur. Sauf que, c'est littéralement que j'aimerai mettre fin à ses jours.

Mattia Toscanelli est sorti de taule il y a à peine un mois, et il n'a pas tardé à me recontacter.

Pourquoi maintenant ? est la grande question que je me pose en sachant qu'il n'a jamais cherché à me joindre durant toutes ses années enfermées. Et cela me convenait.

Malheureusement, toutes bonnes choses ont une fin, et comme le chantage compose son ADN, et cela plus que l'amour filial, je n'ai pas eu le choix quant à sa proposition, ou plutôt sa coercition, de dîner ce soir avec lui.

Je n'ai jamais perdu mon temps à aller le voir en prison, mais j'ai également un réseau qui me tenait informé de ses agissements, et des visites qu'il recevait. Et quand je précise réseau, c'est Ricardo en personne qui m'informait des nouvelles qu'il récoltait par je ne sais qui. Il n'a jamais trahi sa source.

Mon géniteur a toujours eu des vues sur la maison de couture, jalousant son défunt meilleur ami pour sa filiation. Son projet était des plus pourri, puisqu' il voulait transformer la maison de haute couture en un haut lieu du blanchiment d'argent sale des ses clients mafieux, tout aussi sales.

C'est Ricardo lui-même qui me l'a avoué une fois qu'il m'a trouvé apte à connaître toute l'histoire de ma famille. Cela n'a fait qu'augmenter la haine que je ressentais, que je ressens toujours, à l'égard de mon père, et au contraire, croître le respect envers Ricardo de m'avoir pris sous son aile, au lieu de m'abandonner à l'assistance publique, ou pire, à ma mère, qui s'est barrée sans un mot.

Aujourd'hui je ne suis plus cet enfant, perdu et abandonné, et par respect pour mon mentor, je me dois d'être capable de gerer ma merde personnelle tout seul.

C'est à moi d'assumer mon héritage. Et cette constatation décuple mon avis de renvoyer mon paternel de là où il vient. Entre les barreaux avec les gens de son espèce.

Je m'informe de l'heure d'un œil agacé sur ma montre et file en direction du parking afin de repasser chez moi, pour me changer et récupérer ma moto. On circule mieux en deux roues dans les rues encombrées du centre-ville.

Ma Ducati "supersport 950" est mon bijou. Ma maîtresse. L'orgasme n'est pas chimique mais psychique. Un bombe de 110cv qui monte à 205 kilomètres heures en quelques secondes. Et puis avec l'idée que j'ai derrière la tête, la discrétion est de mise. Et quoi de plus fiable et pratique qu'une moto pour se fondre dans le décor.

Quand je coupe le contact de mon bolide à deux roues, je ne suis pas étonné de l'endroit où mon géniteur a réservé une table. Les bonnes habitudes sont tenaces. Ce restaurant étoilé appartient à un de ses richissimes clients, et accessoirement, sert de couverture à pas mal de trafics. Si je suis au jus, les flics le sont aussi, mais avoir une notoriété internationale et un bras tout aussi long que les tentacules d'une pieuvre, vous mettent à l'abri de quelques descentes... enfin je suppose.

L'hôtesse d'accueil, à qui je me suis présenté, me conduit jusqu'à la table retenue par mon paternel, éloignée de la salle principale, reste très professionnelle. Cependant je ne rate pas les coups d'œil furtifs qu'elle me lance. Je n'ai fait aucun effort vestimentaire. Jean sombre, pull en cachemire, boots de motos, et blouson en cuir complètent mon look, en plus de mon casque que je tiens d'une main. Autant dire que je suis à des années lumière du dress code de ce genre d'établissement. Et pourtant, je lui proposerais un quicki dans les sanitaires qu'elle me suivrait.

Mi AmoreOù les histoires vivent. Découvrez maintenant