# II. Ça c'est le vrai plaisir

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# II. Ça c'est le vrai plaisir

Il fait chaud, très chaud même. J'aime cette atmosphère étouffante. Je pourrais y rester toute ma vie. C'est tellement bon. La pièce est sombre. Quelques lumières permettent tout de même de pouvoir voir qui on a en face de nous - ou à nos pieds. Je suis encore en service derrière le bar et je suis pressé qu'il soit enfin minuit pour m'éclater à mon tour. Dire que je suis en train de travailler est un bien grand mot. Je sers les clients qui viennent commander une boisson mais je passe le plus clair de mon temps à discuter. Ces hommes me draguent ouvertement en n'hésitant pas à m'expliquer clairement ce qu'ils comptent faire de moi et de mon corps. Ils pensent que je vais me laisser faire. Jamais je ne me laisserai complètement dominer par des inconnus. Ce petit boulot ne me rapporte pas beaucoup mais les pourboires que je reçois souvent contrebalancent tout ça. Les hommes sont assez généreux quand on arrive à assouvir leurs désirs. Ces soirées-là me permettent de me détendre. Je bois, je fume, je me drogue – mes médicaments seulement, je ne prends pas n'importe quoi. Au moins, je suis sûr de ne jamais croiser Yann ici. Il ne se risquera pas à venir ici, il tient trop à ses belles fesses.

- Hé petit, tu me sers un verre, annonce un homme en s'asseyant sur un siège en hauteur.

- Deux secondes, ça arrive, répondis-je tandis que je me retourne pour lui préparer tout ça. Tenez.

- Merci, tiens, en plus de ton salaire, dit-il en glissant un joli billet de dix euros sous le verre. T'es très mignon.

- Toi aussi, dis-je en le détaillant de bas en haut.

Je me mords la lèvre en voyant ses muscles dessiner son t-shirt moulant. Sa tête est potable. De toute façon, je n'ai pas souvent le temps de m'attarder sur leur joli sourire. Je ne vois pas leur visage quand ils s'occupent bien de moi. Lui, il est brun. Yeux bleus. Une légère barbe. C'est suffisant. Ce qui m'intéresse le plus de tout façon, c'est ce qui se cache dans son pantalon. Le comptoir du bar est transparent, ce qui me permet de bien pouvoir les admirer. Partout. Ça va, il semble parfaitement bien constitué. Je lui souris en même temps que je nettoie un verre grâce à une serviette. Il finit son verre et le repose sur le billet. Alors qu'il allait partir, je lui attrape l'avant-bras et me penche vers lui en même temps que je récupère le billet pour le mettre dans ma poche arrière. Je lui murmure doucement à l'oreille :

- Je finis mon service dans cinq minutes... Si tu veux, on peut faire un peu plus ample connaissance tu ne penses pas ? Je te laisse réfléchir mon chou... reviens me voir dans cinq minutes, au bout du bar, si tu es partant...

Si je n'étais pas tant sous l'emprise de mes médicaments, je ne pense pas que j'aurais eu l'audace nécessaire pour le faire. Elles m'aident beaucoup ces petites merveilles. Je le lâche et il hoche la tête pour acquiescer. Miam, on est parti pour une belle soirée. Je me déplace derrière le bar pour retourner dans la loge des artistes. Je vois mon collègue me regarder et me sourire. Il fait comme moi parfois mais beaucoup moins souvent. Il fait attention contrairement à moi qui choisis n'importe qui pour peu qu'il soit assez beau.

J'entre dans le vestiaire et me débarrasse de mon tablier. J'enfile un débardeur et prend ma veste en jean. Sur la porte de mon casier que j'ai eu le temps de personnalisé, il y a une photo de moi et de mon ex. Je suis bloqué par le passé. J'expire bruyamment et attrape un de mes médicaments. Sixième de la journée. Sans eux, je ne pourrais plus vivre. Ils conseillent de n'en prendre qu'un seul mais je me contrefous de leur conseil. Les médecins et moi, ce n'est pas une grande histoire d'amour. Je ferme mon casier grâce au cadenas et sors.

La colère n'est pas rouge [boyxboy]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant