L'écran s'éteint. Noir, il devient noir.
Puis d'autres éclairages s'allument pour éclairer la pièce. Les assistants se mettent à bruisser de tous les côtés, rangeant leur matériel sous le grésillement de la sono.
Les autres participants commencent alors à s'agiter sur l'estrade, impatients. Et moi, je vois le monde se déformer...
Gabrielle, ressaisis-toi ! C'est pas un peu de lumière qui va te tuer, merde !
Je ferme les yeux quelques secondes pour revenir à moi-même, puis les ré-ouvre sur un monde qui a retrouvé un plafond et un sol.
Eh bien voilà qui est mieux.
- Les filles ? appelle alors miss à la voix trop aiguë.
Je dois laisser passer un temps avant de réagir. Mes pensées sont embrouillées à cause de l'agitation ambiante, je n'arrive pas à les poser. Oui ? Je suis une fille, oui. Qu'est ce qu'il y a ?
- Veuillez me suivre.
Alors je porte mes pas vers elle, avec son chignon blond reconnaissable entre mille. Pas besoin de me le dire deux fois, je suis trop heureuse de quitter cette salle oppressante aux éclairages artificielles qui agressent mes rétines. Oh, l'éclat de la lune ou celui des bougies sont bien les seuls choses qui devraient mériter de pouvoir trancher l'obscurité.
La femme nous entraîne à l'extérieur, toujours du même galop énergique qu'elle n'a pas lâché de la journée. Je la suis plus à mon rythme, noyée dans la foule des participantes auxquelles je ne prête pas attention.
Oui, je n'aime pas les rassemblements. Ces visages et ces voix grouillantes tout autour de moi ont de quoi me donner la nausée. Loin de l'ambiance des bars, rien n'est chaleureux dans ce brouhaha fébrile.
Oh, je préfère largement des hommes saouls à ces jeunes filles volubiles. Les premiers sont incertains, mais ils ne réfléchissent pas. Les secondes pensent trop, c'est ça le problème.
- Mademoiselle Adama, mademoiselle Elya, mademoiselle Hyacinthe, énumère l'organisatrice en distribuant les chambres à l'étage.
Et les filles se retirent une à une du groupe pour filer à leur porte tandis que nous continuons à avancer.
En tant que Nuit, je me retrouve dans les dernières chambres. Loin de tout passages, ça me va très bien.
- Mademoiselle Fiona, et enfin, mademoiselle Gabrielle, finit la femme.
Dernière chambre même. Parfait !
- Le petit déjeuné s'effectuera de six à dix heure dans la salle à manger, au rez-de-chaussée, annonce ensuite l'organisatrice en revenant sur ses pas. Vous trouverez votre programme ainsi que toutes les informations relatives à votre séjour au Palais dans vos chambre. Sur ce, je vous souhaite une bonne nuit mesdemoiselles.
Puis elle quitte le couloir dans un concert de cliquetis de talons et de claquements de portes qui tourmente mes sens. Je reste un instant face à cette pièce à rallonge, laissant les échos de bruit s'éteindre avant de m'activer à nouveau.
Je me retourne alors vers la porte de ma chambre pour la passer.
Et j'entre au paradis.
Mon regard court quelques instants sur le parquet ciré avant de se lever sur les deux femmes qui occupent le centre de la pièce, plantées comme des piquets sur un luxueux tapis brun. Je les étudie un bref instant avant de m'arrêter sur la brune, elle qui m'offre encore son éternel sourire aux yeux pétillants.
- Nora, soufflé-je de soulagement.
La couturière sourit à mon appel avant de s'incliner.
- Ravie de vous revoir, mademoiselle, fait-elle posément. Je serai votre domestique pour la durée de votre séjour au Palais.
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Best's game
Novela JuvenilÇa n'aurait dû être qu'un défi avec son frère. Un nom inoffensif, un sourire faux, des couettes dressées sur sa tête... comme si Gabrielle se faisait des couettes ! Sauf que c'est son nom qui a été sélectionné. Alors elle doit y aller. Passer des...
