Chapitre 16

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Je me réveille, de très bonne humeur. Depuis des jours, je suis surexcitée et intenable. Nous sommes entrés dans le mois d'hécatombéon, et une fête se prépare. Pas n'importe laquelle, bien entendu. C'est l'un des évènements les plus attendus à Athènes, qui se déroule chaque année, au même moment. Les Panathénées. Alliant religion et divertissements, cette fête permet de rassembler tous les citadins, de n'importe quel rang social.

Avec toutes les servantes, nous quittons le palais pour aller aider les soldats et les athéniens à préparer les festivités. Une lourde charge de travail nous attend, malgré le grand nombre de volontaires. Il faut installer les tables pour le banquet, le terrain pour les jeux, les décorations, ajuster les costumes des danseurs, et organiser la sécurité des souverains. Toutes ces installations demandent plusieurs jours de travail acharné. Pour moi, tout se mérite. Lorsqu'on aura tout terminé et travaillé sérieusement, alors nous pourrons profiter des festivités.

Nous rejoignons les soldats, qui portent de lourdes et larges tables vers la grande place. Les habitants admirent les efforts des gardes, en particuliers les femmes. Des petits sourires flottant sur leurs lèvres roses, les plus séductrices lancent des regards insistants vers leurs victimes armées, qui ne manquent pas de leur répondre. Mais sous leur apparence douce, séduisante et aimable, je sais qu'elles sont de vraies langues de vipères. La façon dont elles toisent et se moquent des servantes, me donne envie de leur lancer mon seau d'eau sale à la figure. Je souris à cette pensée. J'imagine leurs cris de dégoûts et leurs jambes les conduire loin de l'humiliation.

Je grimpe sur un banc, pour installer une banderole, mais quelqu'un m'attrape, et je me sens tomber en arrière. Tandis que je lâche un cri de surprise, un rire se propage à mes oreilles. Je me retourne alors, et pousse Ectellion, qui ne cesse ses moqueries.

– Tu m'as fait peur idiot !

– Ça va, tu ne vas pas en mourir non plus.

– D'une crise cardiaque, je pense bien que si.

– Que dois-je faire alors pour me rattraper ? M'excuser ?

– Tu devrais oui.

– Et bien, mille pardons votre majesté.

Je me mets à rire, devant son exagération. Ectellion a peut-être changé depuis la première fois que je l'ai rencontré, mais il gardera toujours son côté désagréable et moqueur. Pour cela, je ne pourrai jamais rien faire.

– Tu n'arrêteras donc jamais avec ça, dis-je en riant.

– Majesté un jour, majesté toujours !

– Allez, laisse-moi travailler.

– Mais c'est toi qui ne mets pas de bonne volonté. Si tu voulais réellement continuer tes travaux, tu ne ferais pas attention à moi.

– Tu m'agaces.

– Et bien, en voilà une drôle de façon de montrer ton agacement. N'es-tu pas en train de sourire ?

Je me pince les lèvres, pour cesser l'expression de mon amusement, et me tourne pour tenter de me remettre au travail. Mais j'éclate de rire immédiatement, car je sais qu'Ectellion est toujours là, en train de m'observer.

– Mais vas-tu t'en aller ? me plains-je.

– Partir ? Je viens juste de revenir et tu souhaites déjà mon départ ?

– Bien sûr que non, dis-je en venant me poster devant lui.

Ectellion baisse le menton, et pousse un soupir. C'est là que je me rends compte, que je l'ai vexé. Même si ma phrase n'avait rien de méchant, il a tout de même été touché par mes mots, que je regrette tellement à présent. Je lève ma main jusqu'à sa joue, que je caresse tendrement.

– Mon amour, l'appelai-je. Je suis désolée, je ne voulais pas te vexer. Je ne me suis pas rendue compte de ce que je disais.

Un demi-sourire flotte sur les lèvres d'Ectellion. Soudain, il se met à rire bruyamment. C'est là que je comprends qu'il s'est encore moqué de moi. Cela prouve encore une fois, que physiquement il est un homme, mais que dans son esprit, il reste un enfant.

– Tu l'as fait exprès ! m'énervai-je en essayant de le frapper.

Ma main allait atteindre sa joue, mais la sienne me stoppe net, et m'empêche toute résistance. Son visage se rapproche du mien, alors que son expression paraît sérieuse, même dure.

– Qu'est-ce que je t'ai déjà dit ? Ne jamais te battre avec la colère.

– Sinon je meurs.

– Mes leçons te serviront toute ta vie, alors tu dois t'en souvenir.

– C'est ce que je m'efforçais de faire lorsque je te croyais mort, me rappeler de ta voix me dictant tes conseils...

J'adopte la même expression qu'Ectellion lorsqu'il faisait semblant d'être triste. Le menton baissé, les larmes montantes, un soupir lâché, je joue le même jeu que le braconnier. Celui-ci se rend tout de suite compte de mon état, et se rapproche encore plus, pour poser son front contre le mien. Sa voix que j'ai rêvé d'entendre depuis sa disparition me dicte des paroles, qui soufflent comme le murmure du vent.

– Je sais que tu le fais exprès pour te venger.

Sa voix est peut-être mélodieuse, mais ses mots me ramènent à la réalité. Je fais alors la grimace, tout en me maudissant de ne pas être aussi bonne comédienne.

– Tu ne peux plus m'avoir chérie, se moqua Ectellion.

– Au moins, pour moi, tu aurais pu faire semblant de me croire.

– Et te laisser gagner ? Hors de question.

Je lève la main de nouveau, mais comme je m'y attendais, Ectellion contre mon attaque, ce qui me fait rire.

– Si tu lèves l'autre main, tu vas le regretter, me menaça le braconnier dans un sourire joueur.

Voulant le chercher encore, je fais une autre tentative d'attaque, qui échoue encore une fois, lamentablement. Ectellion me lance un regard conquérant, puis déclare d'une voix amusée :

– Tu l'auras voulu.

Il se jette sur moi, me saisit par la taille et me portesur son épaule. J'ai beau crier, rire et me débattre, je ressemble toujours àune vulgaire plume aux yeux d'Ectellion. Il me dépose sur une table encorecachée derrière une toile, et m'embrasse tout en baladant ses mains sur toutmon corps. La fête n'a même pas encore commencé, et pourtant je m'amuse déjà.Je me demande bien comment ça sera lors de l'inauguration des Panathénées.

Akenna-TOME 2- Le retour du serpentDes histoires addictives. Découvrez maintenant