– Qu'est-ce que tu as dit ? demanda Hélios, un sourire s'affichant sur sa face d'assassin.
– Elle s'appelle Akenna.
– Oh, oui, je vois de qui il s'agit. C'est fou qu'elle ait le même nom que la déesse, tu ne trouves pas ?
– Mais...elle n'est pas une déesse. Elle vit parmi les mortels, et...elle me l'aurait dit.
– Bien sûr. Les femmes arrivent toujours à nous berner. Et donc, c'est elle que tu aimes, pas vrai ?
– Je...
– Sais-tu qu'il s'agit de ma femme ?
– Seigneur...je l'ignorais, je vous le jure.
– Évidemment que tu ne le savais pas. N'aie pas peur, je ne te ferai rien. Après tout, la beauté d'Akenna est irrésistible. Personne ne peut y échapper.
– Vous...vous ne m'en voulez pas ?
– Bien sûr que non, enfin.
Hélios descend jusqu'à la hauteur d'Hypérion et pose sa main sur son épaule, un grand sourire faux flottant sur ses lèvres. Il se met à rire méchamment, et enfonce son glaive dans la chair d'Hypérion, qui pousse un profond cri de douleur. Les athéniens paniquent, mais restent agenouillés, bien trop effrayés de devoir faire face à la colère du dieu du soleil. Le sourire du serpent s'efface au moment même où son arme transperce le chef de la garde. Son masque bienveillant est à présent tombé, dévoilant sa peau écaillée, ses grands yeux jaunes, et sa langue fourchue. Hypérion tombe au sol, mort.
Hélios se pose, se mettant à une hauteur humaine, tandis que tout le monde reste immobile, agenouillé et apeuré.
– Et bien, et bien, prononça le serpent tout en commençant à se balader dans la pièce. On dirait que mes recherches s'arrêtent ici. Trois ans. J'ai passé les trois années les plus longues de ma vie pour te retrouver, toi et ton batard. Quand je pense que tu es cachée ici depuis tout ce temps, je te félicite pour ta discrétion. Sérieusement, je suis admiratif. La dernière fois qu'on s'est vu, je me faisais dévorer par des requins qu'avait envoyés ton père. Ah, la famille, que de querelles.
Il se penche vers une jeune femme qui pleure. Il approche sa main et maintient le menton de sa victime, pour lui faire lever la tête vers lui. Ses larmes forment un torrent sur ses joues, tellement elle a peur.
– Allons, ne pleure pas, je ne vais pas te faire de mal. Du moins, pas tout de suite.
Dans un ricanement effrayant et moqueur, Hélios se relève et parcours une nouvelle fois la salle, tout en reprenant son discours.
– Pourquoi ne te montres-tu pas Akenna ? Aurais-tu perdu ton courage ? Je me souviens que lorsque je te voyais, tu me rappelais ta mère. Elle aussi était téméraire. Il faut dire qu'elle s'est battue jusqu'au bout, quand je suis allé la tuer. Je la revois se débattre, essayer de me frapper comme elle le pouvait, mais bien entendu, elle était bien trop faible par rapport à moi. J'en ai presque ressenti de la pitié.
Je serre les poings, alors que ma respiration s'accélère, tout comme mon envie de le tuer. Khione augmente sa pression sur ma main pour me calmer. Elle se rapproche prudemment de moi, et murmure :
– Ne t'énerve pas, il te reconnaîtrait tout de suite.
Je ferme les yeux, et prends une grande inspiration. Khione a raison. Je dois rester calme, et ne surtout pas m'énerver. Hélios cherche à me mettre hors de moi, pour que je craque et me jette sur lui. Mais je ne lui donnerai pas ce plaisir. Pour une fois, je prends la décision de rester passive face à ses immondes paroles.
– Allons chérie, ne m'oblige pas à jouer encore une fois le méchant. Tu sais bien que je ne pourrai pas te faire de mal. Imagine les vies de ces pauvres innocents, enlevées seulement parce que tu refuses de faire face à ton destin.
Un silence pesant s'installe, tandis que je garde les yeux fermés pour contrôler ma colère, mais aussi ma peur.
– Tu ne veux toujours pas te montrer ? Très bien. Dans ce cas, je vais te faire venir moi-même.
Il se déplace rapidement jusqu'à la jeune femme de tout à l'heure, qui continue de pleurer. Il la saisit par les cheveux, détache un poignard de sa ceinture, et égorge sa victime. Horrifiée, je me prépare à me lever, mais Khione me retient.
– Je t'interdis de te redresser. C'est un ordre.
Les larmes me montent aux yeux, alors que je reste passive au nouveau meurtre qu'a commis Hélios, par ma faute.
– Toujours rien, chérie ? Cessons tout de suite ces morts inutiles, et montre-toi.
Khione m'égratigne le poignet, tellement la pression de sa main est grande. Ses ongles s'enfoncent dans ma peau, telles des griffes de chat. Hélios se place devant une autre femme, qui implore sa pitié. Malheureusement pour elle, il n'en a aucune. Il égorge une nouvelle victime, dont le corps inerte tombe au sol dans un fracas traumatisant.
– Bon, puisque tu n'as que faire de la mort des athéniens, peut-être que le sacrifice d'une personne un peu plus chère à ton cœur, saura te satisfaire.
Hélios braque son regard sur Khione, qui s'appuie davantage contre son siège, comme si elle voulait qu'il l'aspire et la fasse disparaître.
– La reine Khione, prononça le serpent. Une légende vivante, parmi les mortels. Vénérée telle une déesse, connue pour sa sagesse, tout comme pour sa beauté renversante. Aimée de tous, ses sujets seraient prêts à mourir pour elle. Fais-tu partie de ces gens-là Akenna ?
Il s'avance vers la reine, le poignard levé. Agamédès se lève d'un bon, dégaine son glaive et se jette sur Hélios, qui le repousse d'un simple mouvement de bras. Le roi est alors projeté dans les airs, pour venir se cogner la tête contre une colonne. Il perd connaissance aussitôt.
Khione s'agrippe contre son siège, plus apeurée que jamais, tout en suppliant le dieu du soleil. Je crie intérieurement pour qu'il change d'avis, mais ses pas précipités m'en prouvent le contraire. Voulant sauver mon amie, je me lève d'un bond et attrape le bras d'Hélios pour qu'il cesse.
– Je suis là, dis-je. Laisse-la.
Un nouveau sourire se dessine sur le visage du serpent. Il hoche la tête, et se tourne vers moi. Ses yeux pénètrent dans les miens, tandis que sa main tient toujours le poignard.
– Je t'avais dit que je te retrouverai, dit-il dans unsourire vainqueur.
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Akenna-TOME 2- Le retour du serpent
ParanormalTrois ans se sont écoulés depuis la fuite d'Akenna. Plongée dans une profonde mélancolie, elle tente de se reconstruire, et de faire face à la peur de son passé. Sa priorité est à présent de protéger son enfant du terrible danger qui les menace, enc...
