Chapitre 25

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Je reste assis sur une chaise, totalement incapable de bouger. Me voilà plongé dans le désespoir et rongé par l'inquiétude, parce que je ne sais pas où est Akenna. Mes pieds frappent nerveusement le sol, alors que mes mains sont jointes. Lorsque je suis revenu dans la salle du banquet, le soir de la fête des Panathénées, j'ai trouvé le plafond effondré, des athéniens en pleurs, plusieurs cadavres au sol, baignant dans leur propre sang, et la reine inconsolable. C'est d'abord vers elle que je me suis dirigé, demandant où était Akenna. Son explication a confirmé mes théories. Hélios l'a retrouvée.

Je cherche désespérément un moyen de savoir où elle est, mais rien ne me vient. L'attente la plus insupportable de ma vie. Même emprisonné, je n'ai pas été aussi inquiet pour elle. Que va-t-il lui faire ? La menacer ? La torturer ? Ou pire, la tuer ? Mes mains empoignent mes cheveux, que je suis à deux doigts d'arracher tellement je deviens fou. Akenna est peut-être la personne la plus forte et intelligente que je connaisse, mais même elle, ne pourra pas faire le poids contre un dieu, en particuliers lorsqu'il s'agit d'Hélios.

Soudain, j'entends un bruit derrière moi. La nuit est tombée depuis un bon moment, et tout le monde doit dormir à cette heure-ci. J'attrape une torche, et me rapproche de la source de ma nouvelle angoisse. Une ombre humaine reste dissimulée dans la pénombre, camouflée par une colonne. Elle finit par se montrer, et je prends sur moi pour me pas lui brûler le visage, même si je sais parfaitement que le feu ne le tuera pas.

– Bonsoir Ectellion, dit une voix claire.

– Disparais Apollon avant que je ne m'énerve.

– Même si cela arrive, tu ne pourras pas me tuer.

– C'est vrai, mais pas parce que tu immortel, plutôt car je n'ai pas de temps à perdre.

– Voilà justement la raison de ma visite.

– Tu sais où elle est ? demandai-je avec une lueur d'espoir.

– Plus maintenant... J'ai perdu sa trace non loin de la mer de Marmara.

Je jette la torche et soulève Apollon par le col de son chiton, avant de le plaquer contre une colonne. Il grimace de douleur, avant de me regarder, d'un air indifférent.

– Il t'envoie pourquoi ? demandai-je en sentant la colère monter de plus belle.

– Qui ?

– Je sais parfaitement que c'est Hélios qui t'a dit de venir, alors qu'est-ce qu'il veut ?

– Je t'ai déjà expliqué au moins une centaine de fois que je n'ai plus rien à faire avec le dieu du soleil. Akenna a réussi à me croire et à me donner sa confiance, pourquoi ça ne fonctionne pas avec toi ? On se connait depuis trois ans pourtant toi et moi.

– Pour rappel, tu m'as enfermé dans une cellule, sur une île inhabitée. Et tu veux que je te fasse confiance ?

– Si tu veux que toi et ton fils restiez en vie, oui.

– Comment Akenna a-t-elle pu te croire ?

– Elle a simplement écouté ce que j'avais à lui dire. Et puis, c'est moi qui l'ai aidée à s'échapper.

– Elle s'est enfuie ? Comment ?

– Un faux élixir d'amnésie, sous ma préparation, a suffit pour tromper le dieu du soleil.

– Alors elle n'est plus avec lui ?

– Non. Elle a sauté du haut d'une montagne et atterri dans la mer. C'est là que j'ai perdu sa trace.

– Je dois la retrouver.

Je lâche alors Apollon, et me dirige vers la porte, mais le dieu des arts me retient.

– Tu n'as aucune chance contre Hélios. Il sait déjà où tu es, et il va venir vous faire du mal, à toi et à ton fils, dans le but de se venger d'Akenna. Vous devez partir, tous les deux, pour votre sécurité.

– Emeïdes partira, mais moi je me lance à sa recherche.

– Ectellion, tu ne comprends pas. Vous êtes tous les deux en grand danger. Dorénavant vous ne devrez avoir confiance en personne. Car les fidèles d'Hélios sont partout. Il unira toutes ses forces pour vous retrouver tous les trois. Réfléchis un peu, c'est ce qu'aurait voulu Akenna, vous protéger.

Je serre les poings. Je ne veux pas le croire, mais il a raison. Hélios est bien trop puissant, et je ne suis pas de taille à l'affronter. Ma priorité est ma famille. Emeïdes ne doit pas rester seul... Akenna l'a protégé de la menace extérieure durant trois ans, c'est à présent à moi de reprendre le flambeau.

– Où irions-nous ? demandai-je alors.

– À Isthmia. Là, Poséidon pourra veiller sur vous deux. Hélios ne vous cherchera pas à cet endroit.

– Et pour Akenna ?

– Elle a beaucoup plus d'alliés qu'à sa connaissance... Si elle est perdue en pleine mer, son père sera présent pour lui montrer l'endroit où aller.

– J'espère que tu as raison.

– Je suis sûr et certain que tout ira bien.

– Non, je ne parle pas de ça. J'espère pour toi, que tu as raison. Parce que si jamais depuis le début tu te moques de moi, immortel ou pas, je trouverai le moyen de te faire souffrir.

Apollon a un mouvement de recul, qui me fait sourire. Avant de s'en aller, le dieu des arts reprend la parole.

– N'oublie pas que vous n'êtes pas seuls. Que tu le veuilles ou non, tu es lié aux dieux par l'intermédiaire de la femme que tu aimes.

À ces mots, mon « sauveur » se retire. Je m'apprête à quitter la chambre pour informer le roi et la reine de notre départ, mais en ouvrant la porte, je tombe sur Emeïdes, qui vient de se réveiller.

– Père, où est maman ?

– Elle est partie pour une affaire importante. Je te l'ai déjà expliqué, tu te souviens ?

– Je veux la voir.

– Moi aussi, dis-je en le prenant dans mes bras. Mais elle reviendra très vite mon fils, je te le promets.

– Elle me manque.

– À moi aussi. Mais quel que soit l'endroit où elle se trouve, je sais qu'elle pense à nous.

Emeïdes se rendort dans mes bras, tandis que je scrute l'horizon. Nous partirons dès l'aube. Athènes n'est plus assez sûre pour moi et mon fils. Je vais suivre les conseils d'Apollon, même s'il ne m'inspire toujours pas confiance. Où es-tu Akenna ?

Akenna-TOME 2- Le retour du serpentDes histoires addictives. Découvrez maintenant