S4 #8

617 26 3
                                    

PDV TARIK

Garés proche de l'entrée des Pyramides, je mettais ma capuche par dessus ma casquette perdu dans mes pensées au milieu du silence qui nous englobait dans l'habitacle. Ilinas, côté conducteur, vérifiait les munitions de son canon scié et Mess à l'arrière faisait la même chose avec son 9mm. On entendait seulement les bruits de métal que produisaient les armes et les chargeurs. Clairement, on n'était pas très sereins de faire un truc qui ne nous ressemblait pas finalement mais aux grands maux, les grands remèdes. Les autres voitures étaient éparpillées aux différentes entrées de la cité dans l'attente de mon coup de fil.

- Je gère Rakan, j'pense pas que Wassim sera là, commençai-je une énième fois.

- Et on te couvre, t'inquiètes Igo, on est al, termina Mess en se penchant entre les deux sièges avant.

- Et si les deux sont là, tu prends lequel des deux ? M'interrogea le grand renoi derrière le volant.

- Aucune idée, le plus facile à buter j'imagine, lâchai-je en regardant par la fenêtre.

Est-ce que j'étais prêt à aller jusque là ? J'en savais foutrement rien. Ce dont j'étais certain, c'est que je voulais lui faire payer ses putains de menaces devant cette chicha de merde et sa tentative d'exécution sur Lou. Rien que de penser à l'idée qu'il aurait pu réussir son coup si la petite n'avait pas eu de bons à réflexes, ma haine, celle qui m'habite nuit et jour en toutes circonstances, augmenta en flèche pour faire pulser mon rythme cardiaque encore plus vite. Le peu d'humanité qu'il me restait, était en train de refluer jusqu'à mon cœur pour être verrouillé à double tour.

- J'les appelle, lançai-je.

Aussitôt Ilinas mit sa capuche sur son bonnet pendant que Mess remontait son tour de cou sur le zen. Mon frère décrocha dès la première sonnerie :

- Une minute, dis-je simplement avant de raccrocher.

Je répétai le coup de fil à Naha et Karim pendant que le renoi démarrait la voiture en gardant néanmoins les feux éteints. Je fixai l'heure sur le tableau de bord et quand 23h34 s'afficha, la pédale d'accélérateur nous propulsa à l'intérieur de la cité. Putain, il y avait encore pas mal de monde à cette heure ci, la faute à ces nuits moins froides qu'il y a quinze jours. Des vieux sur les bancs se levèrent brusquement quand on passa devant eux, avertis par les crissements de pneus qui retentissaient aux quatre coins des Pyramides. Plusieurs personnes se mirent rapidement à courir et hurler, en tirant sur le bras de ceux qui étaient tétanisés par notre arrivée.

 Putain, barrez-vous tous parce qu'on fera aucun cadeaux ce soir. Mess commença à tirer en l'air alors qu'on rejoignait le bâtiment où ces fils de pute avaient l'habitude de se retrouver. Tout ça dura à peine dix secondes mais l'attente me sembla interminable quand Ilinas freina brusquement devant notre destination. Je descendis rapidement de la caisse en cherchant du regard ma proie alors que les deux autres voitures pilaient devant nous pour déverser mes frères armés. Les teneurs de mur se mirent à courir partout, dans toutes les directions alors que d'autres s'enfonçaient entre deux bâtiments ou à l'intérieur d'un hall. 

Et tout se passa très vite, on se dispersa aux trousses de tout ceux qu'on pouvait marbrer quand la voix de Lucas me fit sursauter  :

- Simba !

Mon regard suivit celui de mon cousin pour apercevoir mon frère traverser la route en courant comme si sa vie en dépendait, alors je compris qu'il avait vu l'enfant de pute qu'on cherchait, enfin, que JE cherchais. J'avais bien dit à tout le monde de me le laisser, à Bil-na compris alors pourquoi il était en train de lui courir après alors que Rakan était l'un des plus cramés de la bande après Wassim. Je m'élançais à la suite de Lucas en hurlant le prénom de mon reuf. 

Sourire à l'enversOù les histoires vivent. Découvrez maintenant