S4 #15

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(little disclaimer : 🔞 🙄, on se retrouve à la fin)

Quelques jours s'étaient écoulés depuis ma dispute avec Tarik. Clairement l'ignorance était royale entre nous et je devais avouer que mon moral en pâtissait. C'était toujours la même chose, on n'aime jamais s'embrouiller avec les gens auxquels on tient. Néanmoins, j'avais pris le temps de réfléchir à tout ça. C'est vrai que je n'aurais pas dû émettre de jugement puisque ça en était un finalement. J'avais été maladroite car ce n'était pas mon intention à la base, je voulais simplement exprimer mon inquiétude pour eux. Alors c'est peut-être un tort de toujours m'inquiéter alors qu'ils faisaient ça depuis des années mais il n'en restait pas moins que ces derniers temps, les choses s'étaient « légèrement » compliquées. Bref, je m'étais mal exprimée et Andrieu ne s'était pas gêné pour me le faire remarquer, à sa manière. Je lui en voulais même pas pour ce qu'il m'avait dit car sa réaction avait été impulsive et je savais au fond de moi, qu'il ne pensait pas ce qu'il m'avait balancé. Je voulais présenter mes excuses avant qu'il ne parte pour le sud de l'Espagne et grâce à mon meilleur ami, j'avais obtenu la date de leur départ qui était prévue pour cette nuit. J'avais passé plus ou moins la journée à guetter ses allers retours depuis ma fenêtre sans jamais le voir. Ce ne fut qu'aux alentours de vingt-deux heures que je l'aperçus discuter avec son frère et les gars en bas du bâtiment. Il donna ses clés à Nabil qui quitta le quartier à bord de la 206. Chacun partit de son côté et Tarik disparut dans le hall.

Ni une, ni deux, ayant attendu tout l'après-midi l'opportunité de m'expliquer, je quittai mon appartement sur le champ afin d'être sûre de le choper chez lui.

Je toquai une première fois. Pas de réponse. Je recommençai une deuxième fois un peu plus fort cette fois-ci. Je n'avais pas pu le louper quand même. Mais les grognements derrière la porte m'informèrent que la bête était bien chez elle. Il m'ouvrit pieds nus, seulement vêtu d'un short de foot qu'il lui tombait bas sur les hanches, presque trop grand pour lui. Je me fis la réflexion qu'il avait légèrement maigri depuis qu'on était rentré de Salou. Le connaissant, avec la reprise du charbon, il ne devait même plus prendre la peine de manger correctement, se contentant d'un grec par jour, et encore, qu'un petit lui apportait devant le hall.

- Qu'est-ce que tu fais ici ? Grommela t-il.

- J'suis venue m'expliquer.

- J'ai pas envie d'ler-par là, c'est pas l'moment, lâcha t-il en se passant une main sur le visage.

- T'as jamais envie de parler de toute façon, résumai-je en forçant le passage pour entrer.

- Lou, j'ai pas le temps là, râla t-il en refermant la porte derrière moi alors qu'il haussait le ton. J'dois me reposer, tu comprends pas.

- Je comprends très bien, Nabil m'a dit que vous bougez cette nuit, annonçai-je.

- Super ! S'exclama t-il en levant les mains avant de prendre la direction du couloir.

Je le suivis jusqu'à sa chambre qui était en bordel. Un sac de sport fermé était à côté de la porte, pas sûre de vouloir savoir ce qu'il contenait. Les volets et la fenêtre ouverts permettaient à la pièce de se rafraîchir après une chaleur accablante encore aujourd'hui. La mi-août ne nous épargnait pas et la rue en contrebas était toujours aussi animée malgré l'heure tardive. Tarik reprit visiblement la position qu'il avait avant que je ne sonne, c'est-à-dire allongé sur le lit, le cendrier posé sur les draps à côté de lui où s'éteignait progressivement un joint encore fumant.

- Tu fumes avant de conduire pour autant d'heures ? Demandai-je surprise de le voir le rallumer pour tirer une profonde latte.

- J'ai l'habitude. Je me mets toujours un KO avant un départ pour Malaga. Trop de choses en tête, précisa t-il en tapotant son pouce contre sa tempe.

Sourire à l'enversOù les histoires vivent. Découvrez maintenant