Chapitre 1 : Il faut nourrir le chat

581 30 24
                                        

Je frappai à sa porte.

Le message datait d'il y a 30 minutes. Il était clair : « Viens nourrir le chat ».

C'était notre code.

Et j'étais là, à attendre derrière la porte. Ça faisait quelques temps déjà que ça durait et je n'osais toujours pas entrer sans qu'il ne m'ouvre. Il me l'avait dit plusieurs fois déjà, mais je n'y arrivais pas. Peut-être que j'étais un peu trop poli et respectueux et ce, malgré ce qu'il se passait après qu'il ait fermé derrière nous.

Le bruit de la poignée me fit relever la tête. La porte s'ouvrît pour me laisser entrer.

- Hey, le saluai-je.

- Hey.

Il la referma derrière moi sans un regard. J'arrivai dans cette entrée que je commençais à bien connaître maintenant.

- Tu connais le chemin, dit-il en partant dans le couloir.

Oui je connaissais le chemin.

Je retirais mes chaussures et mon blouson que je rangeais au milieu de ses affaires en bordel. Ça me fit sourire, son petit côté bordélique avait quelque chose d'enfantin.

Je pris le couloir à mon tour. J'arrivais dans sa chambre, aussi rangée que l'entrée. Il était debout à côté du lit vers la fenêtre fermée en train de fumer.

- T'abuse franchement, tu le sais pas que l'odeur m'insupporte depuis le temps ? m'exclamai-je en fronçant le nez.

- Je me laverai les dents ça te va ?

- Ouvre la fenêtre ! Déjà que ça pue le chat, je ne veux pas qu'en plus ça sente le chat défoncé à la nicotine bordel ! Je ne pus m'empêcher d'hausser le ton. En réalité son odeur naturelle ne me dérangeait pas du tout. J'y étais habitué et elle avait quelque chose de réconfortant. Mais sa clope en revanche, ce n'était pas possible. Ça ne l'avait jamais été et ça ne le serait jamais.

Il l'écrasa dans le cendrier devant la fenêtre et l'ouvrît en le mettant dehors.

- Ferme-la un peu et désape-toi. J'arrive. Il partit direction la salle de bain pour je l'espérais, un brossage de dent en règle.

Je retirai en vitesse mon sweat et mon t-shirt que je laissais sur son bureau rempli de bouquins tous plus épais les uns que les autres. Impossible de les retrouver si je les mettais par terre. Une fois, j'avais dû partir avec un t-shirt à lui qui puait la clope, parce que je n'avais pas été foutu de retrouver le mien dans tout son tas de fringues. À ce jour, le t-shirt est toujours porté disparu.

Je débouclais ma ceinture quand deux mains arrivèrent derrière moi et passèrent sur ma taille pour m'aider. Son souffle fraîchement mentholé me frappa le visage lorsque je tournai ma nuque vers lui. Il s'était vraiment lavé les dents. J'étais content.

Mon pantalon glissa à mes chevilles et il me contourna pour me faire face pendant que je retirai mes pieds du pantalon puis mes chaussettes. Je le vis jeter un œil intéressé à mon service trois pièces toujours à l'abri dans mon caleçon. Il était encore entièrement habillé.

- Si t'as pas envie, tu peux te casser, m'intima-t-il.

En effet je ne bandais pas.

- Je suis venu non ?

Pas encore.

Il grogna. Je le poussai pour le faire assoir sur le lit et me mis face à lui. Bordel, rien que d'avoir mon sexe au repos, dans mon boxer, juste en face de son visage m'excitait. Ou alors c'était juste son visage qui m'excitait, va savoir. Peut-être que depuis le temps, j'avais fini par l'associer au désir et au plaisir.

Pull & Push [sope]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant