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- Qu'est-ce que tu racontes maman ?
- Je suis désolée, c'est de ma faute. Je n'aurais pas dû.
- Aurais pas du quoi ?
- Ton père est mort ma chérie.

Mon monde s'écroule. Mon père ? Mort ? Jamais je n'aurais pu imaginer qu'il puisse mourir un jour. Certes tout le monde meurt un jour, mais pas mon père. J'éclate en sanglot dans les bras de ma mère. Elle me serre faiblement dans ses bras, elle est aussi brisée que moi. Mais mon père est celui qui a rendu mon enfance plus heureuse, il m'a apprit à marcher, à rouler à vélo. Qu'il meurt maintenant me tue, même si il était pendant trois ans à l'hôpital, son coeur battait toujours. Je savais que même si il était dans cet hôpital, je pouvais toujours lui rendre visite en voiture. Maintenant, je ne peux définitivement plus lui rendre visite.

- Maman, Raya ? Pourquoi vous pleurez ?

Ma mère se détache de moi en m'embrassant le front, elle se dirige vers ma Choupette. Elle la porte en la câlinant, même si je n'entends pas ce qu'elle dise, je sais que ma mère annonce ce qui est arrivé à notre père. En attendant, je les regarde en pleurant sans arrête. Louis vient finalement se place face à moi un regard désolé sur le visage. Sans attendre qu'il me demande pourquoi tout le monde pleure, je me jette dans ses bras. Sans étonnement, il me rend mon étreinte plaçant sa tête contre la mienne. Nous restons dans cette position jusqu'à ce que Louis décide de me décoller de lui. Il pose ses mains sur sur mes joues essuyant mes larmes de ses pouces.

- J'ai vaguement compris ce qu'il se passait. Donc, quand tu seras prête, explique moi. Je serai là pour t'écouter quoi que tu veuilles me dire.

Je hoche la tête en me réfugiant de nouveau dans ses bras, il ne me réponds pas. Une petite tape se fait sentir sur mon épaule. Je ne prends pas la peine de sortir des bras du brun, mon interlocuteur doit le comprendre puisqu'il continue.

- Je vais rentrer ma chérie, j'emmène Kira avec moi. Veux-tu rentrer avec nous toi aussi ?

Tout ce dont j'ai besoin c'est d'oublier cette nouvelle et je ne pense pas que s'est en allant dans la maison familiale que j'y arriverai.

- Je pense qu'il serait préférable qu'elle rentre avec vous. Je pourrais dire à mon manager ce qui se passe, il comprendra.
- Non.

Louis essaye de me décrocher de lui, mais échoue. Je m'accroche à lui comme si ma vie en dépendait.

- Je crois qu'elle refuse, elle ne veut pas me lâcher.

Louis entoure finalement ses bras autour de moi vaincu.

- Ce n'est pas grave. Prenez soin d'elle jeune homme, vous m'avez l'air d'être un bon garçon, ne me faites pas regretter.

Je sens les battements de coeur à Louis s'accélérer et son étreinte se resserre sur ma personne.

- Je ne la lâcherais pas d'une semelle madame, vous pouvez avoir confiance, elle ne manquera de rien.
- Bien, dans ce cas jeune homme au-revoir. Ma chérie, essaye de fermer l'oeil.

Je suppose qu'elle part puisque le coeur à Louis reprend un rythme normal. Était t-il vraiment stresser de voir ma mère ?

- L'écrivaine, suis moi on rentre.

Je ne bouge pas. Enfonçant ma tête dans son torse.

- L'écri-
- J'ai peur.
- Peur de quoi ?

Je ne réponds pas, il me prend au dépourvu en me décalant une nouvelle fois de lui m'obligeant à le regarder dans les yeux. Ses yeux si bleus.

- De quoi tu as-
- J'aime tes yeux.
- Quoi ?
- Tes yeux sont magnifiques, les plus beaux que je n'ai jamais vu.

Je ne me retiens plus, ne réfléchies plus à aucune phrase. Je suis tellement épuisée et triste que plus aucunes phrases ne me gène.

- Tu me dragues ?

Je hausse les épaules détaillant ses yeux.

- Qui sait ?

Moi.

Louis secoue la tête de droite à gauche.

- Rentrons l'écrivaine, nous en parlerons demain.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Nous arrivons devant la maison en vingt minutes. Pendant le trajet je n'ai fait que de pleurer, même si je l'ai fait silencieusement je sais que Louis l'a remarqué. Heureusement pour moi, il ne me l'a pas fait remarquer. Lorsque nous entrons dans la maison je le suis directement dirigée dans ma chambre trop fatiguée pour faire quoi que ce soit. Louis n'a rien dit et a seulement suivi mes pas se dirigeant dans sa chambre.

***

Cinq heures. Je me réveille à cinq heures les larmes aux yeux. Durant ces cinq heures j'ai dormi trois heures, les deux autres mes pensées étaient occupées par mon père. Je suis assise dans mon lit les larmes aux yeux à fixer le mur d'en face. Le sommeil ne se décidant visiblement pas à venir, je me lève de mon lit en me déplaçant dans la chambre de Louis. Pourquoi ? Je ne sais pas, j'en ai envie. J'entre donc dans la chambre du musicien et pousse son épaule pour le réveiller. Il se réveille en sursaut.

- Bordel, tu m'as fait peur. Tu veux quoi ?
- J'arrive pas à dormir.

Louis souffle en prenant son portable et regarde l'heure.

- Cinq heures dix ?

Je hausse les épaules.

- Bon viens avec moi.

Il soulève la couette pour me laisser entrer dans son lit. Chose que je ne tarde pas à faire. Je ne sais pas pourquoi, mais j'espérais qu'il réagisse comme ça et qu'il ne me vire pas de sa chambre. Je me couche dans le lit. Mais voulant plus de contact je me colle à Louis. Il ne me rejette toujours pas et me prend dans ses bras me laissant placer ma tête dans son cou.

- Tu pleures ?

Je touche mes joues. Effectivement, je pleure. Merde je pleure sans le vouloir maintenant.

- Pardon.

Il ne répond rien, mais ressert son étreinte sur ma taille.

- C'est pas grave, pleure autant que tu veux. Ça ne me dérange pas et puis je connais, je l'ai vécu.

Cette fois c'est moi qui me sens mal pour lui. J'avais oublié qu'il était lui aussi passer par la mort d'un de ses parents. J'inspire un grand coup avant de me laisser partir dans un sommeil mérité.

La biographe | l.tOù les histoires vivent. Découvrez maintenant