Chapitre 16

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TYLER

Je m'étais isolé dans un coin pour fumer .

Assis dans l'herbe à contempler le lac , je me laisse aller à des souvenirs d'une époque joyeuse .

Je me souviens que quand j'étais plus petit ,bien avant la mort de mes parents, mon père m'emmenait toujours faire du baseball au bord d'un lac . On y passait la journée . Ma mère,elle,nous préparait un pique-nique et tout les trois nous passions les meilleurs dimanche de notre vie .

A cette époque, j'étais heureux.

Aujourd'hui , je ne sais même plus à quand date la dernière fois où j'ai ressenti un soupçon de joie .

- Allez , attrape , me dit mon père en me lançant la balle .

Je la rattrape et la lui relance .

- Renvois plus fort, me dit-il en me la renvoyant .

Faire ça me permettait de me défouler ,d'oublier mes problèmes ou les péripéties de la semaine .

C'était notre moment à nous .

Ma mère qui bouquinait au bord de l'eau , mon père et moi qui nous entrainions.

Puis peu de temps avant leur mort , le baseball se fit rare.

A la place mon père décida de commencer à m'apprendre des techniques de combat .

J'avais 8 ans et je ne comprenais pas bien pourquoi il était nécéssaire que j'apprenne à me battre .

Après tout , si j'avais un problème , ils étaient là puis plus tard en grandissant c'est moi qui pourrait les protéger .

- Pourquoi je dois faire ça ? Et le baseball alors ? râlais-je

- Il faut bien que je t'apprenne les bases . Plus jeune , je faisais de la boxe et j'aimerais te transmettre ce sport. Tu verras pour te défouler c'est aussi bien, puis au moins si quelqu'un t'embête , tu pourras lui mettre une droite , me dis mon père avec un clin d'oeil

Malgré ses arguments , je ne suis toujours pas convaincu . J'ai beau n'être qu'un enfant , j'ai comme le pressentiment que cela cache autre chose, quelque chose de beaucoup moins sympathique .

-Mais ...

- Il n'y a pas de mais qui tienne, allez fiston en position.

Je me souviens que cette après-midi là , nous nous étions entrainé sans relâche , il corrigeait mes positions , m'apprenait les bases de la défense et de l'attaque . A la fin de la journée , je savais mettre une droite comme personne de mon âge ne sait le faire .

- Tu es très doué , fiston, me complimenta mon père .

Ma, mère s'avança, m'enlaça et nous regardâmes le lac tout les trois .

Et, une semaine plus tard , ils étaient morts .

Je tire une taffe sur ma clope , en espérant que le tabac me fasse revenir sur terre . Je n'aime pas trop penser à ces moments-là de ma vie , cela me rappelle tout ce que j'ai perdu . Puis mes pensées finissent toujours par dériver vers cette putain de nuit où je n'ai su que regarder la scène avec effroi en mettant mes mains sur mes oreilles pour empêcher les bruits de m'engloutir .

Plus jamais ,je ne veux ressentir cette vulnérabilité . Plus jamais . Ce soir-là, j'ai eu de la chance de m'en sortir ,la cicatrice à mon épaule droite me le rappelle chaque jour .

Mais, je vais retrouver cet enfoiré et il payera pour son crime .Je me le suis promis . Pour moi , pour Tom , pour mes parents , je l'arrêterais coûte que coûte .

Bien sûr, si Tom savait ce que je faisais et prévoyais de faire , il serait sans doute déçu, inquiet et m'empêcherait de continuer . Je ne pourrais pas lui en vouloir , après tout c'est lui qui m'a adopté et élevé comme un fils et je l'aime comme un père . C''est pour ça qu'il faut que je le fasse , parce que je sais que lui aussi bouillonne de colère de savoir que l'assassin court toujours et qu'il vit sûrement sans remord une vie bien tranquille .

L'affaire a été classé sans suite en raison de trop peu d'informations .

Mais comment aurais-je pu voir son visage ? Il était masqué . Alors quand la justice ne fait pas son boulot , autant que je prenne les choses en main .

Je mène donc ma petite enquête avec l'aide de Rufus .

- TYLERRR !

Tiens quand on parle du loup.

- On a un problème, dit-il de but-en-blanc

Il est essoufflé et sa voix trahit un soupçon de panique . Je me lève d'un bon :

- Qu'est-ce qui se passe ?

Mon mauvais pressentiment s'avérait-il exacte ? Maxine allait-elle bien ?

Cesse de penser à elle , m'ordonne ma petite voix intérieure

- Bah on a laissé Maxine trop boire . Disons que te voir avec cette meuf l'a comme encouragé à se lâcher et maintenant elle est ingérable . Karine peine à la gérer , il faudrait vraiment que tu la ramènes , je l'aurais bien fait mais j'ai bu et je sais que tu ne comptais pas boire ce soir alors ...

- C'est bon je m'en occupe , lui réponds-je sans même lui laisser le temps de terminer sa phrase .

Moi qui avait dit que si il se passait quelque chose c'était pas mon problème et qu'elle n'était pas sous ma responsabilité .

Me voilà à jouer les taxis pour la ramener .

- C'est marrant , j'étais sûr à 90 % que tu refuserais , s'exclama mon meilleur ami un grand sourire aux lèvres.

- C'est marrant , je croyais aussi que tu devais la surveiller , lui rappelais-je en souriant aussi .

Il me bouscule en rigolant .

- Alors ça c'est bien lancé, en plus maintenant tu me fais passer pour le responsable mais bon quand même, avoue que tu te préoccupe un peu d'elle, râla-t-il

Nous traversons la foule bien silencieuse d'un coup , tous regarde un endroit précis .

Nous nous avançons rapidement, poussant les gens au passage , c'est Rufus qui arrive avant moi .

-Eh merde , s'énerva-t-il

J'arrive rapidement à ses côtés et ce que j'y vois m'horrifie .

Maxine est là , devant un homme qui fait au moins trois fois sa taille : John et derrière lui se trouve une dizaine de gars en moto .

- Non mais tu te prends pour qui à me bousculer comme ça , lui lança-t-elle en vacillant .

- Arrête , écarte-toi , crie Karine paniquée et bloquée par un des mecs du gang Snake .

Elle les provoque sans même savoir dans quel merdier elle vient de se mettre .

OrageOù les histoires vivent. Découvrez maintenant