Chapitre 17

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MAXINE

Alors que je courais , un gars m'a bousculé .

Même pas une excuse .

Sous l'effet de l'alcool je le provoque mais quelque chose en moi me dit que je n'aurais pas dû .

-Ecarte-toi gamine si tu ne veux pas que je t'en colle une,gronda le blond devant moi .

A ces mots je reculais un peu en vacillant sans pour autant m'écarter.

Pourtant j'entend les cris de Karine mais on ne parle pas à une fille comme ça.

Mon cerveau est tout embrouillé et je ne sais même plus ce que je fais . A vrai dire pour le moment ça m'est égal , je regretterais sûrement demain .

- Pas si c'est moi qui t'en colle une avant , crachais-je

La foule se tût , comme si elle avait arrêté de respirer .
J'ai peut-être fait une connerie ..

- Alors , elle , elle a signé son arrêt de mort , dit une voix dans la foule .

Le gars qui doit bien faire trois fois ma taille et deux fois ma carrure me toise de haut en bas . J'ai vraiment l'impression d'être une fourmi à côté de lui.

Et à ce moment-là , mon cerveau commence à tourner de nouveau . Je viens de faire une grosse bêtise .

Maintenant, j'aimerais juste me terrer dans un petit trou de souris et ne plus en sortir avant des jours .

Ce gars est dangereux ,je le vois . Il transpire le danger , son aura imposante me donne l'impression d'être complètement écrasée .

Bon sang , où est passé Tyler ?

Pourquoi je pense à lui ?

Il ne risque pas de venir m'aider. Je me suis foutue dans ce pétrin toute seule et intérieurement je me jure de ne plus jamais toucher à une seule goutte d'alcool de ma vie .

- Eh mais regardez , elle à une jambe en acier, s'écrie l'homme que j'ai percuté

Tout ses collègues derrière lui se mettent à rigoler et je me retrouve de nouveau au lycée .

Je me souviens encore de leurs rires , leurs insultes, leurs croche-pattes et à cette époque j'étais beaucoup moins alaise à ma marcher avec ma prothèse . Alors je tombais , passais mes journées à pleurer . Seul Lisa et Lilian son copain ne me rejetaient pas au contraire , ils m'aidaient à avancer alors au fur et à mesure je me suis forgée une carapace .

Je n'hésitais plus à leur répondre même si ils continuaient à me martyriser . J'osais même répondre aux propos injurieux de mon ex qui m'avait quitté car il avait trop honte de « ma condition ». Ce sont ses mots .

Puis jusqu'à mon déménagement , même si les choses se sont apaisées et qu'avec Lilian et Lisa c'était top , ce surnom qu'on m'a donné restera à jamais gravé en moi .

« Jambe d'acier »

Je me revois là-bas , être insultée de tout les noms juste parce que quelque chose avait changé chez moi.

J'avais cru que les gens auraient eu de la compassion mais non , l'humain est pourris jusqu'à la moelle . Même les profs détournaient le regard face aux abjections que mes camarades me faisaient subir .

« Salope » « Sors d'ici , tu n'as pas ta place » « T'arrives à marcher avec ça » « Regardez y'a jambe d'acier !! » ...

Leurs rires résonnent dans mes oreilles et soudainement l'alcool ne fait plus du tout effet . J'ai peur . Je tremble de peur mais aussi de rage . Des larmes me montent aux yeux mais je tente en vain de les retenir . Ma poitrine se comprime , mon coeur bat à mille à l'heure. Je regrette d'être venu à cette soirée.

OrageOù les histoires vivent. Découvrez maintenant