Alors que l'aube dorée se levait, charriant l'espoir après une nuit de terreur, les trois compagnons retournèrent à Denha, emportant la peau de Rosanee que Dearil avait abattu. La fourrure était fraîche, ils annoncèrent aux villageois qu'il s'agissait de la bête qui avait terrorisé le village et que son maître leur avait échappé.
Alors que le petit groupe se préparait à partir, scellant les Nandreth, ils virent des hommes armés arriver au loin, dans des traîneaux tirés par des Anarsas. Eira se figea, avant de réaliser qu'ils ne portaient pas l'uniforme des gardes du Palais d'Eriknus.
‒ Tiens donc, en voilà une surprise ! s'écria l'aubergiste en leur tendant des vivres empaquetés. Les hommes de main d'Odard !
Quelques instants plus tard, le cortège avait encerclé les habitants de Denha, qui étaient sortis de leurs maison, l'il brillant de curiosité.
‒ Oyez, oyez, braves gens ! tonna leur meneur. Nous sommes à la recherche de Mademoiselle Edelina, la fille de notre maître, qui a disparu dans la nuit.
Une grande clameur s'éleva de la foule. Le maire du village éleva la voix.
‒ Nous ne l'avons pas vue dans le coin, leur dit-il. Mais il se peut qu'elle ait été emportée par la bête, avant que celle-ci ne soit vaincue.
‒ La bête ? Vaincue ?
‒ Oui, la troupe de comédiens Enigma l'a dénichée au cur de la forêt.
‒ Vraiment ?
Le chef leur jeta un regard soupçonneux, s'attardant sur Eira, qui, malgré sa panique, afficha un grand sourire confiant.
‒ Bien. Nous allons fouiller les environs, annonça-t-il avant de remonter sur son attelage. Veuillez nous appeler si vous apercevez quelque chose.
D'un claquement de rênes, ils s'élancèrent dans la lumière blanche du petit matin.
‒ Nous allons vous laisser, indiqua Aspen aux villageois. Nous avons encore de la route à faire avant notre prochaine représentation.
‒ Adieu. Et merci encore pour votre aide.
Le chef du village leur adressa un clin d'il.
‒ N'hésitez pas à repasser par Denha, vous serez bien accueillis !
‒ Oh, je n'en doute pas, chuchota Eira pour elle-même.
Les gardes ne devaient pas être très loin, il était temps de partir avant qu'ils ne soient reconnus et arrêtés.
Faisant de grands signes de main, ils partirent au galop. Alors qu'ils cavalaient vers le sud, des flocons se mirent à tomber. La reine sourit quand l'un d'entre eux tomba dans sa main tendue. Ils étaient tous uniques, il n'y en avait pas deux qui se ressemblaient, et pourtant, ils étaient si petits et si nombreux qu'on ne pouvait pas admirer leurs singularités. Comme les humains. Mais elle les protégerait tous, surtout ceux qu'elle avait tout près d'elle, dans le creux de sa paume, quoi qu'il arrive.
‒ Majesté, pouvez-vous me dire, qui suis-je ? lança soudainement Aspen. Vous êtes la seule dont je me suis souvenue après m'être réveillé dans un tombeau.
‒ J'ai bien peur de ne pas le pouvoir, répondit-elle. Je ne me rappelle pas de vous.
‒ Mais comment est-ce possible... ?
‒ Seuls les dieux connaissent la réponse, murmura Eira.
‒ Eh, les tourtereaux ! cria Farrah. Nous sommes suivis !
La souveraine tourna brusquement la tête. Dans le lointain, dans un brouillard de neige, virevoltaient les silhouettes des Clamodactyls.
‒ On ne pourra pas les semer ! paniqua-t-elle.
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Frozen Tears
FantasyLaissez-vous emporter par une réécriture de la reine des neiges dans la cour des Fey ! Dans le royaume gelé de Bylur, où la magie est interdite, les Fey règnent en maître. Froids et cruels, ils constituent la haute classe et dominent les humains. E...
