Le silence le réveilla. L'obscurité engloutissait son univers, étouffant le jeune homme dans ses ténèbres. Un poids immense compressait sa poitrine, l'empêchant de respirer. Il essaya de bouger, mais il ne pouvait même pas remuer un orteil. Il était comme paralysé. Un froid terrible s'insinuait jusque dans ses os, mais disparut petit à petit, remplacé par une douce chaleur, comme s'il était anesthésié de cette sensation. Une douleur sourde lançait tout son corps.
Où était-il ? Et surtout comment était-il arrivé ici ?
Mais plus important encore, qui était-il ?
Il ne se souvenait de rien. Il avait mal aux articulations, comme sil avait été roué de coups. Mais il n'était pas temps de se laisser aller à des ruminations, et il décida de ne pas se laisser abattre. Sil restait là, il allait mourir. Il était peut-être même déjà couvert dengelures, car il ne sentait plus ses doigts. Et puis, il avait déjà du mal à respirer. Le peu dair froid qui pénétrait dans ses poumons semblait l'asphyxier. Poussant un cri, il tenta de se redresser, culbutant la charge qui pesait sur lui, bien décidé à la faire basculer sur le côté. Mais elle était trop lourde, trop dense. Il retomba, essoufflé. Après plusieurs essais infructueux, il parvint à bouger son bras et extirper sa main de sa prison nébuleuse.
Le jeune homme effleura le sol. Il était enfoui sous un tas de terre et de neige. Des brindilles étaient entassées sur son corps. Tordant son bras dans tous les sens, il s'efforça de déblayer un passage.
Une fois le poids qui pesait sur son torse amoindri, il fit une nouvelle tentative pour séchapper du tertre. La tête du jeune homme jaillit du sol. Projetant le poids de son corps sur ses bras, il arriva à se lever avec peine, titubant sur le côté. Il observa les environs.
La nuit enveloppait la forêt enneigée. Les trois lunes éclairaient le paysage. Regardant ses mains, il réalisa qu'elles étaient grandes et larges, et couvertes d'égratignures qui ne saignaient pas. De la terre s'amassait sous ses ongles cassés.
Il fit quelques pas hésitants, chancelant sur ses jambes, et arriva devant un lac gelé. Il se pencha et y détailla son visage : des cheveux blonds mi-longs, des yeux bleus, un nez droit, un grand front, une mâchoire forte. Il devait avoir environ vingt ans.
Il tâtonna sur cette physionomie qu'il ne connaissait pas, traçant les contours de sa figure couverte de crasse. Était-ce bien lui ?
Refermant sa main droite en un poing, il labattit sur la surface du lac gelé. Plusieurs instants plus tard, elle se brisa et il trempa ses doigts dedans. Avec l'eau glaciale, il débarbouilla son visage. Puis, formant un berceau de ses mains, il porte le liquide glacial à ses lèvres et se désaltéra.
Le jeune homme s'étonna de ne pas avoir froid. Peut-être était-il tellement gelé qu'il ne sentait plus rien. Il baissa les yeux sur ses vêtements. Il ne portait que des guenilles sur son corps, des bottes de fourrure bien trop petites, et le reste d'un manteau en laine.
Soudain, à l'autre bout du lac, il aperçut un animal. Il se releva. Il s'agissait d'un Nandreth sauvage. Sa peau épaisse était couverte de pointes aiguisées. Ses ailes bleues étaient recroquevillées sur son dos.
Comment connaissait-il le nom de cette bête ? Qui le lui avais appris ? Comment savait-il que les villageois l'utilisaient comme monture ? Pourquoi pensait-il en mots alors qu'il ne se souvenait de rien ?
Balançant sa queue de droite à gauche, la créature l'asséna avec force sur la glace, avant d'étancher sa soif.
Le jeune homme sourit. Les animaux aussi avaient besoin de boire. Faisant le tour du point d'eau, il s'approcha lentement de la créature. Cette dernière ne bougea pas, mais poussa un grondement sourd. Elle semblait prête à le charger.
Il s'avança doucement et posa ses mains sur le museau de la créature. Elle grogna mais se laissa faire. Le jeune homme la caressa alors, puis bondit sur son dos, entre ses pointes acérées. Le Nandreth se débattit un instant, s'efforçant de le jeter à terre, mais finit par s'apaiser et se mit en marche.
Le jeune homme décida de se diriger vers le village le plus proche pour tenter de découvrir quelque chose qui pourrait le renseigner sur sa situation. De la fumée serpentait dans le ciel, indiquant la présence dune bourgade.
Il ne se souvenait de rien, à part de deux noms. Aspen. Le sien.
Et Eira. Celui de la femme qui l'a enterré vivant. Il se remémora son visage froid et dur et frissonna.
Il tuerait cette Fey.
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Frozen Tears
FantasyLaissez-vous emporter par une réécriture de la reine des neiges dans la cour des Fey ! Dans le royaume gelé de Bylur, où la magie est interdite, les Fey règnent en maître. Froids et cruels, ils constituent la haute classe et dominent les humains. E...
