Alya
Je suis allongée dans mon lit, les yeux fermés, les draps froids collés à ma peau, mais mon esprit bouillonne. Le silence de la maison n'a rien d'apaisant, il est assourdissant. Je n'arrive pas à dormir. Je tourne, encore, et encore. Mes pensées ne me laissent aucun répit.
Je revois la scène, encore et encore, comme un vieux film rayé qui passe en boucle. Nos mains entrelacées, le ciel au-dessus de nos têtes, ce moment suspendu dans le temps. Ewen à mes côtés. Sa proximité. Sa chaleur. Et puis... mes mots.
"Tu es mon étoile."
Putain. Pourquoi j'ai dit ça? C'est digne d'un mauvais film romantique des années 2000.
J'enfouis mon visage dans l'oreiller, honteuse. Mon cœur bat encore trop vite. Peut-être qu'il n'a pas compris? Ou peut-être qu'il a très bien compris justement. Et que ça l'a mis mal à l'aise. Ou peut-être qu'il a juste trop de merdes en lui pour laisser entrer quelqu'un d'autre. Pourquoi j'ai l'impression de tout gâcher dès que quelque chose devient un peu réel?
Je rouvre les yeux, fixant le plafond dans l'obscurité. L'air est lourd. Je ressens une boule dans ma poitrine, un mélange d'angoisse et de regrets. Depuis qu'il s'est éloigné après ce moment, je sens bien qu'il fuit quelque chose. Me fuit, peut-être. Comme s'il avait vu quelque chose en moi qu'il n'était pas prêt à affronter. Et moi, j'ai juste envie qu'il reste.
Je me tourne sur le côté, ramenant les couvertures contre moi. Le bois de la maison craque doucement, un bruit familier qui ne devrait pas m'alarmer. Et pourtant, une sensation étrange me traverse. Une tension, presque imperceptible. Mon souffle se fige.
Un froissement. Un grincement. Une ombre. J'écarquille les yeux dans le noir, les sens en alerte.
-Ewen...? je murmure, incertaine.
Pas de réponse.
Mais ce n'est pas sa présence que je sens. Pas sa chaleur, pas son énergie familière. Avant même que je puisse me redresser, une main glaciale et rugueuse s'écrase sur ma bouche, coupant net le moindre son qui tente de franchir mes lèvres. Mes yeux s'ouvrent en grand. Le choc. L'effroi. Et puis, la terreur pure.
Je m'étouffe, prise de panique. Je me débats, mes jambes battent dans le vide, mais une autre main m'attrape brutalement et me tire hors du lit.
Je tente de crier, en vain. La terreur m'envahit. Je suis traînée à travers la chambre, puis dans le couloir, à moitié portée, à moitié jetée contre les murs.
En bas, un autre homme nous rejoint. Je vois à peine leurs visages. Mais la maison... elle est méconnaissable. Tout est sans dessus-dessous. Des tiroirs ouverts, les coussins éventrés, les papiers jetés au sol. Ils cherchaient quelque chose.
-Ewen...! je tente d'articuler, à bout de souffle.
Mais il n'est nulle part. Est-ce qu'ils l'ont déjà eu? Est-ce qu'il les a laissés m'emmener? Est-ce qu'il est parti?
Putain.
Je suis balancée dehors sans ménagement, dans une voiture banalisée qui démarre aussitôt, les pneus crissant sur le gravier.
***
Je me réveille en sursaut. Sol froid. Douleur à la nuque. Odeur d'humidité et de métal.
Je suis attachée. Les poignets liés dans mon dos, les chevilles serrées. Il fait presque noir autour de moi, seulement une faible lumière qui clignote au loin. Je tente de bouger, mais une voix m'arrête net.
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amnəsia
RomansaLors d'un grave accident, la vie d' Alya, une jeune femme ambitieuse et passionnée, bascule dans l'obscurité lorsque son monde se retrouve plongé dans l'oubli. Tombée dans le coma, elle perd la mémoire, oubliant tout de sa vie. Chaque souvenir. Au m...
