Je suis trop sobre pour cette merde.
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Winter
Je n'arrive toujours pas à croire que je suis là. La bibliothèque. La dernière fois que j'ai mis les pieds ici, c'était l'an dernier, et encore, uniquement parce que le coach m'y avait forcé pour un "atelier d'étude."
Maintenant, je suis assis en face de l'aliéné, qui a transformé la table en son royaume personnel. Elle joue avec une mèche de cheveux, visiblement agacée par je ne sais quoi. Peut-être le simple fait que je sois là. Ça ne me surprendrait pas.
Des livres ouverts, des feuilles éparpillées, son ordinateur allumé. Elle a l'air parfaitement à l'aise, comme si cet endroit était sa deuxième maison. Moi, je suis là, les bras croisés, avec absolument rien devant moi, à part elle et son regard concentré.
– Pourquoi je suis ici déjà? demandé-je en soufflant.
– Parce que, rétorque-t-elle sans lever les yeux de son écran, tu dois apprendre à t'asseoir dans un endroit où tu ne peux pas hurler comme un primate.
Je roule les yeux.
– Très drôle, l'aliénée.
– Pas aussi drôle que toi en train de te tortiller sur ta chaise comme si tu étais puni.
Je la fixe, mais elle ne me regarde toujours pas, absorbée par ses notes.
– T'es vraiment insupportable, tu le sais ?
Elle lève enfin les yeux vers moi, un sourire narquois sur le visage.
– Je sais. C'est ce qui me rend adorable.
Je soupire, passe une main dans mes cheveux et décide de changer de sujet.
– Vendredi soir, on sort.
Elle relève les yeux, sceptique.
– On fait quoi ?
– Une sortie. Un truc normal que les gens font, tu vois.
Elle ricane, presque méprisante.
– Toi, normal ? Ça n'a pas de sens.
Je souris, amusé par sa réplique.
– Ahaha. Mais je suis sérieux, sortons.
Elle fronce les sourcils, visiblement pas prête pour ça.
– Sortir où ?
– Une soirée. Beaucoup de gens, de la musique, des rires, tout ce que tu adores.
Elle rit doucement, un rire sec et sarcastique.
– Beaucoup de gens ? Non merci.
– Tu pourrais au moins y réfléchir, dis-je, dépité.
– Réfléchi. Décision prise. Je déteste les gens.
– Sérieusement, l'aliénée, ça aiderait pour notre faux couple. Si je me pointe seul, ça va paraître bizarre.
Elle penche la tête, feignant la réflexion.
– Ou alors, on pourrait dire que je suis allergique aux idiots. Ça marcherait aussi.
– Très marrant. Sérieusement, c'est important. Si on veut que notre faux couple soit crédible, il faut qu'on passe du temps ensemble.
Elle croise les bras, son expression sceptique s'intensifiant.
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Blue Contract
RandomDans les arcanes du hockey professionnel, Winter se démarque comme une étoile montante, destinée à briller dans la NHL. Tant sur la glace que dans sa vie personnelle, il incarne la détermination et la force, mais dissimule également ses peurs les pl...
