48- Winter

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Je viens de changer d'ange gardien,
le premier a fait un burn-out.

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Winter

Aucun message. Aucun texto. Rien. Comme si ça n'avait jamais compté. Comme si tout ce que j'avais dit, tout ce que j'avais ressenti ces derniers temps, n'existait pas. Le silence pèse, lourd, presque tangible. Et pour une raison que je ne comprends pas, ça me brise le cœur.

Je ne suis pas amoureux, je ne peux pas l'être. C'est trop tôt, trop étrange, trop rapide, trop inattendu. Trop impossible. L'amour, c'est un truc qui détruit, qui vous bouffe lentement jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Et moi, j'ai déjà donné. J'ai déjà été ce type-là, celui qui s'attache, celui qui croit que les choses peuvent durer. Alors non, je n'aime pas Blake. Mais Blake... c'est ma meilleure amie. Et j'ai besoin d'elle dans ma vie comme on a besoin de respirer.

Elle est mon air frais, celle qui m'empêche de me noyer dans ma propre tête. Peut-être que je l'ai détestée au début, peut-être qu'elle m'a profondément agacé, que je n'ai jamais compris pourquoi elle s'obstinait à se mêler de tout. Mais elle a vu en moi des choses que j'essayais de cacher, les pires aspects, les plus sombres, et elle n'a pas fui. Peut-être que c'est pour ça que c'est devenu facile de lui parler de tout. Seulement, cette facilité, c'était de mon côté.

Je descends dans le salon, encore pris dans mes pensées qui tournent en boucle. L'angoisse me ronge. Je revois ses silences, ses regards fuyants, son absence.

La maison est calme, presque étouffante. Quand la porte sonne, je n'y prête pas attention. Je me dis qu'Edward va aller ouvrir. J'attrape un verre, je fais couler de l'eau glacée, j'en avale une gorgée qui me brûle la gorge à cause du froid.

Edward revient, il me regarde, un air que je n'arrive pas à déchiffrer sur le visage.

– Tu devrais y aller, qu'il me dit simplement.

Je fronce les sourcils, perdu, sans comprendre. Il pointe la porte. Alors je fais quelques pas, un peu hésitant. Et là, je la vois.

Blake.

Elle est là, plantée devant la porte, essoufflée, les joues rouges, les cheveux encore humides. En pyjama, avec des crocs aux pieds. Elle ressemble à un mirage, à quelque chose que j'aurais pu inventer dans un rêve. Edward murmure un :

– Je vous laisse, avant de disparaître dans l'escalier.

Je m'avance, prudemment, comme si un seul mot trop fort pouvait la faire disparaître. Mon cœur bat trop vite. Elle est là, vraiment là. Et je ne sais pas si je dois être soulagé ou terrifié. Quand je m'approche, je remarque que son nez est rouge, et sa respiration hachée.

On reste là, silencieux, à se fixer, incapables de parler. Je sens cette tension entre nous, une proximité qui devient insupportable. Alors, pour me protéger, je dis la première chose idiote qui me traverse l'esprit.

– Si t'as rien à dire...

Je tente de fermer la porte. Mais sa main surgit, tremblante, et bloque le battant. Elle reste figée, les doigts crispés, et je vois son corps tout entier trembler. Elle essaye d'être forte, mais ses yeux la trahissent. Ils sont pleins de larmes, prêts à céder. Et sans me regarder, elle parle.

– Je t'ai menti.

Ma gorge se serre.

– Mais pas intentionnellement. C'est juste que... je me mens à moi-même. Tu sais, j'essaye d'être forte, vraiment. Mais en réalité, je suis terrifiée.

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⏰ Dernière mise à jour : Oct 20, 2025 ⏰

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