Je sais plus si tu m'énerves ou tu m'excites.
pinterest
Blake
Il ouvre la porte de sa chambre comme si ce n'était rien, comme si ce n'était pas intime. Comme s'il n'était pas en train de m'inviter dans un endroit où personne n'a peut-être jamais vraiment mis les pieds. Moi, je m'arrête un instant sur le seuil. J'observe.
C'est sa chambre. Elle est rangée sans l'être trop, remplie d'objets qui lui ressemblent. C'est calme. Ça sent le linge propre, le bois, un peu le désodorisant trop fort qu'il a dû balancer au dernier moment en pensant que je remarquerais pas. J'avance doucement.
Mon regard tombe immédiatement sur le lit.
– Un lit simple ? Je ricane. Franchement, t'as douze ans ou quoi ?
Il se retourne, l'air faussement vexé, puis s'approche avec ce petit sourire idiot qu'il garde pour me provoquer sans me blesser.
– Tu vas voir, je suis plein de ressources.
Il s'agenouille, tire un tiroir en bas du lit, et là, des lattes coulissent les unes après les autres. Un genre de mécanisme discret mais bien foutu. Ensuite, il va jusqu'à son placard, en sort un matelas fin, roulé, qu'il déplie avec soin. En quelques minutes, son ridicule petit lit devient un lit double. Je hausse les sourcils, un peu impressionnée malgré moi.
– Bon, d'accord, j'admets. C'est moins pathétique que prévu.
Il sourit sans rien dire. Et moi, je commence à balayer la pièce du regard. Il y a des trophées sur les étagères, des coupes, des médailles. Le hockey, partout. Sur les murs, dans les photos, même dans les moindres détails. Des morceaux de sa vie exposés comme si c'était rien.
Je m'arrête devant une photo. Je sais pas pourquoi celle-là m'attire plus que les autres. Ils sont jeunes. Tous. Winter, Connor, Junior, Edward. Adolescents. En tenue de hockey. Des sourires éclatants, des visages encore pleins d'innocence. Je sens un nœud se former dans ma gorge, sans prévenir.
– C'est vous ? Je demande doucement.
– Ouais. L'époque des matchs en colo et des premières gueules cassées.
Sa voix est un peu nostalgique. Je hoche la tête. J'ai connu ça, moi aussi. Les groupes, les souvenirs communs. J'ai pas toujours été seule.
Il me regarde un instant, puis dit :
– Tu vois ? C'était pas si mal de faire Noël avec nous, au final. T'étais pas seule.
Je me fige. Mon cœur ralentit. Et soudain, tout devient plus lourd.
Je tourne la tête vers lui, lentement.
– C'était bien, oui. Mais j'avais besoin d'être seule. Et tu m'en as empêchée.
Il fronce les sourcils. Je vois qu'il ne comprend pas. Ou qu'il refuse de comprendre.
– Je voulais pas que tu sois seule justement.
Cette phrase me claque contre la poitrine. Ça m'agace. Ça m'épuise.
– Mais t'as pas compris. J'ai pas besoin qu'on me sauve, Winter. J'avais besoin de solitude. De silence. J'avais besoin de pas sourire, de pas parler, de pas jouer à la fille normale le soir de Noël.
– Je croyais juste que ça te ferait du bien de pas être seule. T'as passé trop de temps enfermée depuis... je ne sais même pas quoi. Et je me suis dit que peut-être...
– Peut-être quoi ? Que t'allais m'aider à oublier ? Que les gens, les guirlandes et ton sapin allaient faire disparaître ce que j'ai dans la tête ?
VOUS LISEZ
Blue Contract
RandomDans les arcanes du hockey professionnel, Winter se démarque comme une étoile montante, destinée à briller dans la NHL. Tant sur la glace que dans sa vie personnelle, il incarne la détermination et la force, mais dissimule également ses peurs les pl...
