32-Winter

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Cupidon, si tu m'entends :
Laisse tomber l'arc, et passe plutôt aux armes à feu, on gagnera du temps.
(et apprends à viser, petite merde!)
Merci.




Winter

Je suis sur elle, son corps sous le mien, nos respirations saccadées s'entremêlant dans l'air brûlant de la chambre. C'est une collision violente, une tempête incontrôlable, deux vagues furieuses se fracassant l'une contre l'autre, incapables de s'éloigner, incapables de se fondre totalement. Elle agrippe mes cheveux, ses doigts se refermant avec force sur ma nuque. Un râle m'échappe, un mélange de plaisir et de douleur qui me prend par surprise.

Nos visages sont si proches que je peux voir chaque détail de son regard, chaque frémissement de ses lèvres entrouvertes. Nos lèvres s'effleurent, hésitent, tentent de s'attirer encore plus, comme si une force invisible les retenait malgré l'évidence de leur attirance. 

Puis, tout bascule. 

La porte s'ouvre brutalement, dans un mouvement sec qui brise l'instant. Blake réagit instantanément, comme si son instinct prenait le dessus. Ses mains me repoussent avec une force incontrôlée que je n'ai pas le temps d'anticiper, et je bascule hors du lit. Mon corps heurte le parquet dans un bruit sourd, une douleur fulgurante irradie mon dos et je me crispe. Un grognement m'échappe alors que je me recroqueville légèrement, tentant d'assimiler le choc. 

Je lève les yeux vers elle, encore sonné. Elle est partiellement redressée, les coudes enfoncés dans le matelas, ses jambes repliées dans une posture défensive. Ses prunelles sont ancrées vers la porte, son souffle court, et ses lèvres entrouvertes comme si elle venait d'être prise en flagrant délit. 

Je suis son regard et découvre Edward, figé sur le seuil, une main encore agrippée à la poignée, l'autre suspendue dans le vide, comme s'il hésitait entre fuir et s'excuser. Son visage devient écarlate en nous observant tour à tour, et je le fusille du regard, incapable de masquer mon irritation. 

Il toussote maladroitement, visiblement embarrassé, et lâche d'une voix hésitante : 

– Désolé... j'ai toqué plusieurs fois, tu ne répondais pas... alors je me suis permis... 

Je souffle longuement, exaspéré, et commence à me redresser, encore légèrement endolori. Il poursuit, mal à l'aise : 

– Je vais y aller... Je voulais pas vous déranger... 

Il amorce un mouvement pour refermer la porte, et je n'attends que ça. La situation était parfaite, inutile d'en rajouter. Mais Blake, elle, en décide autrement. 

– Attends ! 

Sa voix claque dans la pièce et me fait tiquer. Je fronce les sourcils et la fixe avec une incompréhension teintée d'agacement. Qu'est-ce qu'elle est en train de faire ? 

Blake se racle la gorge, évite mon regard, se gratte la nuque, signe évident de son inconfort. Elle ne sait même pas pourquoi elle l'a retenu, ça se voit à des kilomètres. Elle bafouille, réfléchissant en vitesse à la raison de son appel puis dans une phrase pleine de bégaiement, elle demande :

– Tu avais besoin de quelque chose ?...

Edward, surpris, entrouvre à nouveau la porte et répond avec une légère hésitation : 

– Non, non. Je voulais juste dire à Winter que j'avais un groupe d'études ce soir, donc je rentrerai tard... 

Un sourire amusé étire mes lèvres. Sauvé par le gong. Je me redresse totalement, mais Blake, elle, n'a visiblement pas l'intention de le laisser partir aussi facilement. 

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