Quand tu trouves quelqu'un qui est mort de l'intérieur juste comme toi.
:)
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Winter
Je récupère rapidement ma veste. Je viens de déposer Blake dans la voiture, mais il y avait quelque chose qui n'allait pas. Quelque chose de profond, de presque surnaturel. Comme si quelqu'un — ou quelque chose — avait pris le contrôle d'elle. Et puis... il y a eu ce baiser. Un vrai, cette fois. Pas un jeu, pas un mensonge. C'était... formidable. Une sorte de rédemption, une seconde chance, une bouffée d'air après des jours passés sous l'eau. Et dès l'instant où il s'est arrêté, j'ai su que ce ne serait plus jamais suffisant. C'était devenu une addiction.
Je n'avais jamais autant apprécié un baiser de ma vie. J'avais même oublié ce que ça faisait d'embrasser quelqu'un. Vraiment. C'était comme une première fois, mais je ne saurais pas dire laquelle. La première fois où tu ressens quelque chose de vrai ? La première fois où tu sais que tu ne contrôles plus rien ? Et puis... il y a eu ce moment. Ce bref instant. Ses yeux ont sombré. D'un coup. Comme une lumière qui s'éteint brutalement. Et elle est partie. Elle s'est enfuie, sans un mot, comme si ce qu'on avait partagé n'avait jamais existé. Elle s'est abandonnée à l'alcool.
Voulait-elle oublier ? Effacer ce baiser que moi, je n'arriverais jamais à faire disparaître de mon esprit ? Je souffle un coup, salue quelques gars de l'équipe d'un geste absent. Mon cœur est encore en désordre. Je sors avec Edward. Nos voitures sont garées côte à côte.
On marche, on avance, mais quelque chose cloche. L'air est plus dense, plus lourd. Il ne passe plus correctement dans mes poumons. Une sueur froide coule le long de ma nuque. Ma gorge me gratte. Une oppression. Un sentiment d'urgence que je n'arrive pas à expliquer. J'accélère le pas. Edward me suit, silencieux, alerté par mon comportement.
Et puis, je l'entends.
Un cri.
Je ne sais pas comment je le sais. Je le sens. C'est elle. C'est Blake.
Je cours. Je cours comme je n'ai jamais couru de ma vie. Je sors mes clés en tremblant, j'atteins la voiture. Les vitres sont embuées. Je distingue à peine ce qu'il se passe à l'intérieur mais j'entends. Les coups. Ses cris. Mon cœur s'arrête. Je tire la portière d'un geste brutal, et elle s'effondre sur moi. Littéralement. Comme un corps vidé de toute vie. Je m'écroule à mon tour sur le bitume, l'attrapant dans mes bras avant qu'elle ne touche le sol.
Elle pleure.
Pas des larmes ordinaires. Non. Son visage entier est noyé, baigné, submergé. C'est comme si elle se noyait et que je ne savais pas nager. Son corps brûle, sa peau est couverte de sueur. Elle est recroquevillée sur moi, agrippée à moi comme à un radeau au milieu d'une tempête. Sa tête est enfouie dans mon torse, elle gémit, sanglote, tremble de tout son être. Je la serre plus fort, je passe ma main dans ses cheveux, encore et encore, essayant de la calmer. Mais elle continue. Elle continue de pleurer, de trembler, de suffoquer. J'ai l'impression qu'elle se brise dans mes bras. Qu'elle s'éteint.
Je lève les yeux vers Edward. Il est figé. Son regard est horrifié. J'entends ma propre voix, mais elle me semble lointaine, étrangère.
– Qu'est-ce qu'elle a, Ed ? Qu'est-ce qu'elle a, s'il te plaît.
Je supplie. Parce que je ne sais pas quoi faire. Parce que je me sens impuissant. Edward s'agenouille à côté de nous, prend le poignet de Blake. Il cherche son pouls, fronce les sourcils. Puis, au bout de quelques secondes, il murmure :
– Je... Je crois qu'elle fait juste une crise de panique.
Je le regarde, perdu.
Une crise de panique.
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Blue Contract
RandomDans les arcanes du hockey professionnel, Winter se démarque comme une étoile montante, destinée à briller dans la NHL. Tant sur la glace que dans sa vie personnelle, il incarne la détermination et la force, mais dissimule également ses peurs les pl...
