Parfois quand je ferme les yeux, je ne peux pas voir.
pinterest
Blake
Une semaine.
Ça fait une semaine depuis ma crise de panique. Et tout va mieux. Même si ça me fait mal de l'admettre, c'est en grande partie grâce à Winter.
Ouais, Winter Wiggins, ce même mec qui m'a renversée avec sa voiture sans même voir que j'existais.
Ironique, hein ?
On se voit de plus en plus, et même si au début, je voulais juste lui enfoncer un stylo dans la carotide à chaque fois que je le croisais, maintenant...
Je suis presque heureuse de le voir. J'ai dit presque.
Ces temps si on se voit tout le temps. En classe, à la patinoire, au café, chez lui, à la bibliothèque, pour manger, ou juste pour marcher en silence.
J'ai beau me dire que c'est juste pour ce foutu contrat, qu'on joue notre rôle de faux couple à la perfection, mais... Au fond, je sais que c'est faux.
Parce que quand je suis avec lui, mon cœur bat.
Très vite.
Trop vite.
Et ça me fait peur. Mais je n'arrive pas à laisser tomber cette sensation, alors je continue. Et puis, grâce à ça, tout le monde croit à notre couple.
Au début, ils nous donnaient quelques jours max.
Personne ne pouvait imaginer que le capitaine de hockey, ce mec qui a plus de plans cul que de cheveux sur la tête, puisse se mettre en couple avec une fille comme moi.
Et j'aime bien ça.
Les filles du campus me détestent, évidemment.
Mais c'est amusant.
Je suis même devenue amie avec l'équipe. Ils m'invitent à toutes leurs fêtes, me vannent comme si j'étais l'une des leurs. Je fais un peu partie du groupe.
Et c'est peut-être ça qui me fait encore plus peur.
Je m'attache rapidement les cheveux devant le miroir, resserrant mon chignon pour éviter qu'il ne tombe au bout de cinq minutes. J'observe mon reflet et laisse échapper un soupir. Je ne sais pas ce que je fous.
Mon regard descend sur ma tenue. Un legging noir bien ajusté avec un long short de sport par-dessus, des chaussettes épaisses à l'effigie de Monstres et Cie qui montent jusqu'à mes mollet. Rien de très glorieux. Par-dessus mon sweat large gris, j'ai enfilé un maillot de hockey d'Harvard. Et ça, c'est clairement prémédité.
Je ne supporte pas Harvard. C'est une question de principe. Mais quand Winter m'a donné rendez-vous pour ce soir, j'ai eu une idée. J'ai commandé ce maillot exprès, juste pour voir sa tête se décomposer en le voyant. Pour le provoquer un peu. Pour me moquer. J'ai beau ne pas aimer le rouge, son expression horrifiée vaudra bien ce petit sacrifice. Rien que d'y penser, un sourire en coin étire mes lèvres.
Je termine de m'habiller et enfile mes Crocs, attrapant mon sac et mon téléphone posé sur la commode. L'écran s'illumine sous mon toucher et je lève les yeux au ciel en voyant les notifications. Une dizaine de messages. Tous de Winter.
Winter
Oublie pas.
Si tu viens pas, je viens chez toi.
VOUS LISEZ
Blue Contract
AcakDans les arcanes du hockey professionnel, Winter se démarque comme une étoile montante, destinée à briller dans la NHL. Tant sur la glace que dans sa vie personnelle, il incarne la détermination et la force, mais dissimule également ses peurs les pl...
