Chapitre 86: Panique

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Odessa

Ce matin, je sens un vide à côté de moi en me réveillant, Mars est parti. Ce n'est pas inhabituel, mais je me sens bizarre. Après avoir hésité, je prends mon téléphone pour lui envoyer un message:

Hey comment ça va? T'es parti voir ton frère sans moi?

Je vais me doucher puis quand j'ai fini je regarde mon téléphone que j'ai laissé à l'écart exprès pour laisser le temps à Mars de répondre avant de m'inquiéter. Toujours rien. Plus à cause de mon pressentiment que la logique, je finis par me forcer et appelle. La voix enjouée de Sirius me dit:
-Oh, je suis flatté que tu m'appelles enfin, Chou.

-Tu m'as dit de ne pas t'appeler pour rien.

Il émet son rire clair puis continue:
-Alors?

-Est-ce qu'il est avec toi?

-Non, pourquoi?

J'ai l'impression que mon estomac se retourne, mais me reprends pour dire:
-Je sais pas, il est parti et il ne répond pas.

-Tu serais pas un peu collante?

-Non, je...je....

-Je vais te rassurer, je pense pas qu'il soit parti te tromper. C'est pas son genre et même, c'est un peu tôt dans la journée pour ça quand même. Je vais l'appeler, il doit sûrement en avoir marre d'entendre ta voix.

Avant que je ne puisse l'insulter, il raccroche. Je prends mes baskets quand je reçois un nouvel appel. Sirius me dit plus tendu:
-Il t'a dit qu'il était censé aller quelque part?

Je réponds nerveusement:
-Non...

-J'arrive.

Mon cœur accélère et je sens que je tremble, mais m'assieds en l'attendant. Assez rapidement, on tambourine à ma porte. J'ouvre à peine que Sirius me pousse pour entrer. Il a attaché ses cheveux bouclés brun-roux en une queue de cheval et porte un t-shirt et pantalon tactique noir. Il va avec ses bottes et c'est une tenue qui ne me rassure pas. Olan qui entre aussi porte une variation de cette tenue. Sirius prend son téléphone qui bip et le regarde en fronçant ses sourcils sombres et épais. Je le regarde curieuse avec l'anxiété griffant mon intérieur, mais il le range avec de me fixer une seconde. Il me lance ensuite:
-Ok, qu'est-ce qu'il se passe? Vous vous êtes disputés?

-Non, je comprends pas...oh non il a disparu.

-T'as pas intérêt à commencer à chialer.

Olan lui dit:
-Sirius détend-toi. Chou, respire doucement.

Je hoche la tête et ralentis ma respiration, mais mon corps est encore secoué. Sirius ricane et répète:
-Doucement? On n'a pas le temps de faire doucement putain.

Olan rétorque:
-Hey, il pourrait être en train de faire n'importe quoi. Il est peut-être même au bar.

-Il y est pas, ni nulle part ailleurs. Pendant que tu te chamaillais avec ta pote comme d'habitude Olan, on a regardé toutes les caméras qu'on a piratées partout dans la cité et il est nulle part. Ça veut dire qu'il peut être que dans les parties dissimulées et pas notre putain de territoire ou nos hommes infiltrés l'auraient vu. Putain!

Je m'efforce de respirer lentement en mettant la tension dans ma mâchoire que je serre . Sirius continue:
-Il peut pas être aussi con pour être allé chez El Lobo seul comme ça. On a dû l'attirer.

Je demande:
-Tu peux pas retrouver son téléphone?

Sirius ricane et rétorque:
-On est des criminels, tu crois qu'on est assez cons pour avoir des téléphones traçables? Même le tien a été remplacé, tu te souviens?

-Oui...

Tandis que j'ai l'estomac noué, Sirius passe sa main sur son visage puis décide:
-Ok, on va devoir y aller. Aujourd'hui, ça sera la chasse au loup si ça doit le devenir. Olan brief les hommes pour aller dans ce trou minable.

Ce dernier répond:
-Ok.

Il plisse ses yeux sombres en me souriant et tapote mon épaule avant de partir. Sirius dit pensif:
-On va le trouver....avant que ça commence, j'espère.

Je demande:
-Que quoi commence?

-On est pas complètement intraçables, mais on ne l'est pas totalement non plus. Moi et Mars on a une puce, mais elle ne s'active que quand notre système nerveux renvoie un certain niveau de douleur et/ou qu'on est proche.

J'ai l'impression d'avoir reçu une gifle et m'énerve:
-Donc ils vont devoir être en train de lui faire du mal ou même le tuer pour que tu puisses le trouver?!

-Hey, détends-toi. On essaie de l'éviter.

-Ta puce est inutile!

-Pas si on n'est pas loin.

-Ok, je viens avec vous.

Il semble hésiter donc je le mitraille du regard, ce qui le fait ricaner. Il décide:
-Ok, tu peux prendre ton flingue ou on va t'en donner un, si Mars n'a même pas pu te confie...

-Je préfère le mien.

J'ouvre un placard et prends mon pistolet caché derrière les produits nettoyants.

Sirius rit et commente:
-C'est mignon, mais si on t'attaque dans cet endroit t'es morte avec seulement ce truc et là-bas en plus. Mars le sait pas? Ou il veut se débarrasser de toi.

J'ouvre violemment un tiroir contenant deux autres pistolets et un couteau. Je rétorque:
-J'en ai d'autres dans la chambre et sous le canapé. J'aime juste pas les bouger, ils sont là pour les urgences. Logique, non?

Il me sourit et je le suis. Le téléphone de Sirius bip encore et il s'arrête devant moi pour faire je ne sais quoi dessus. Je n'arrive pas à voir quoi parce qu'il est trop grand. Je demande:
-Quoi?

Il met le téléphone dans sa poche en répondant:
-Rien.

Je décide de laisser tomber et on s'en va.

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