Chapitre 98: Trahison

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Odessa

Je me lève rapidement et fais de grands mouvements de bras pour qu'Olan, Mars et Sirius approchent. Ils me regardent confus tandis que je leur fais signe de se taire. Maintenant, Sirius et Mars plissent leurs regards amusés contrairement à Olan. En espérant que les hommes d'El Lobo n'aient rien pour pouvoir m'entendre, je dis calmement, mais fermement:
-Prenez tous un pistolet, maintenant.

Ils me regardent en fronçant les sourcils et je dis à Sirius:
-Ils seront là 12h00. Ils vont sonner et puis je suis sûre qu'ils vont entrer si on ne leur ouvre pas.

Sirius ordonne aux autres déjà armés de fusils d'assaut:
-À couvert, maintenant.

Mars me tire derrière un des îlot de la cuisine ouverte et fouille les tiroirs en s'énervant:
-Où il est putain?

Sirius s'approche et me jette un pistolet. Il vient juste de me donner plus de chances de survivre. Je me cache derrière le bar et Mars me suit. Il me regarde sérieusement en disant:
-Pas de pitié.

Je hoche la tête et on n'a pas à attendre longtemps avant que la sonnerie ne me fasse sursauter. Je pense soudain à Leylani et dis à Mars:
-Ley...

Ça sonne à nouveau plus violemment et avec l'impression d'avoir l'estomac serré j'ai juste envie de pleurer. Ça va mal se finir. Avant que tout ne devienne chaos, je fais une prière en forme de vœu: "S'il te plaît, laisse Mars vivre". Ce dernier m'ordonne:
-Reste ici tant que tu le peux.

Soudain, la porte se fait défoncer dans un bruit assourdissant. L'adrénaline pousse mon cœur à aller plus vite tandis qu'un tas d'hommes ressemblant à des ombres entrent dans l'appartement. En le faisant, ils se font accueillir par les balles d'Olan et Sirius. Tandis qu'ils tirent depuis l'autre côté, on entend le bruit explosif des balles des hommes d'El Lobo non équipés d'un silencieux. Le hurlement de leurs armes fait redoubler mes tremblements en plus de me donner envie de crier. Pourtant je ne fais que me cacher derrière Mars comme une lâche. Je cours accroupie jusqu'à l'autre ilot malgré le spectre de voix de Mars que je distingue au milieu du bruit assourdissant. Je me mets à tirer et c'est plutôt satisfaisant de les voir s'écrouler. L'effet de surprise me donnant une facilité ne durera pas et effectivement des balles heurtent l'ilot près de là où je suis en retrait.

Je vais de l'autre côté et tire avant de me remettre à couvert à temps. Au bout d'un moment, les balles ne se dirigent plus vers moi et donc j'essaie de calmer mes tremblements et cette impression que je vais exploser. Soudain, mon cœur fait un bond en entendant des tirs se rapprocher d'un coup avant de s'arrêter net. Je regarde et vois un homme en noir gisant par terre plus loin. Mars a dû l'abattre avant qu'il ne m'atteigne.

Je ne peux pas le laisser baisser sa garde pour me protéger. Je me reprends et sors de ma planque pour tirer et réussis à en avoir deux sous les cris de joie de ce cinglé de Sirius. Bizarrement, ils me donnent du courage. Soudain, je bouge juste à temps au point que j'ai senti la balle voler près de mon bras. C'est un miracle que je n'aie pas été blessée jusqu'à maintenant. Le sol est plein d'ombres mourantes ou mortes. On dirait qu'il ne reste plus que deux hommes, non un à couvert. Je n'aimerais pas être à sa place même s'il tient bon. Justement, il fait l'erreur de tirer à nouveau vers le canapé et Mars en profite pour le cribler de balles. Sirius crie:
-Wouh!

J'attends à l'abri tandis qu'il crie:
-Putain je t'aime Mars, c'était le dernier de ces cafards!

Je sors un peu de ma cachette pour voir que Sirius s'était déplacée pour tirer derrière la porte en forme d'arche menant à l'autre pièce. Le sol est recouvert de noir et rouge. L'odeur métallique et instinctivement repoussante me donne la nausée. Olan. Où est Olan? La terreur me saisit et je me lève pour courir. J'arrive près du canapé pour trouver Olan par terre. Je crie en pleurant, paniquée et à nouveau tremblante. Son ventre laisse échapper ce liquide écarlate maudit. Je me fais violence face à ma peur de la réponse potentielle à ma question horrifiante et me mets par terre à côté de lui. Je prends sa main et lui crie:
-Olan! Olan!

Mars arrive en criant:
-Putain! Putain! Non!

Sirius le rejoint en disant:
-Oh putain...

Comme je l'espérais parce que ses yeux n'étaient pas grands ouverts et ternes, Olan est encore vivant. Mais il me fixe de son regard noir paniqué tandis que Mars compresse sa blessure avec un torchon pour limiter l'écoulement de sang. Olan ferme les yeux en grimaçant de douleur et sa main chaude et mouillée par le sang serre la mienne. Chaud, il est toujours chaud. Ça va aller. Je retiens mes larmes suivantes tandis qu'il me sourit légèrement, ce qui plisse ses yeux sombres contrastant avec ses cheveux or. Il me dit sur un ton affaibli:
-Il faut rester forte Chou.

Je cligne des yeux plusieurs fois pour retenir mes larmes avant de lui dire la gorge serrée:
-Je suis Odessa.

Il me montre ses belles dents et répond:
-C'est un beau nom, mieux que Chou.

Je lui souris et serre sa main tandis que j'entends vaguement Sirius crier en fond, sûrement au téléphone. Je me concentre mieux sur Olan qui me murmure presque:
-Je pense pas que je...

Même pas sûre moi-même, comme les gens que je méprise quand ils font ça, je réponds:
-Non, non c'est pas grave. T'as rien.

-Tu devras apprendre à mentir après.

Mes larmes coulent tandis que je souris. Mars me dit:
-Tiens ça, je vais voir Sirius.

Je hoche la tête et compresse la blessure avec les torchons que Mars a ajoutés. Ce dernier caresse les cheveux d'Olan puis le fixe en disant:
-Me lâche pas, nous lâche pas Olan. Je reviens, reste avec nous. T'as pas intérêt à...attends-moi. Je vais voir où ces connards en sont pour qu'ils viennent te soigner. Attends-moi, ok?

Olan sourit et rétorque:
-Ok. Merci Mars.

Ce dernier hoche la tête, hésite puis se relève. Je n'ose même pas le regarder en ce moment. Je meurs de la culpabilité qui me bouffe les entrailles, mais surtout je ne veux pas lâcher Olan. Pas sa blessure ni ses iris nuit. Son corps grand et musclé n'est pas invincible, malheureusement. Le voir presque immobilisé, déchiré et sanglant, à cause de morceaux de métal de quelques centimètres de diamètre, me crève le cœur. Il me dit doucement:
-Tu devrais partir avec Mars, loin d'ici.

Ne voulant pas qu'il s'endorme ou pire je réponds:
-Je veux aller en Alaska.

-Il fait...super froid là-bas.

-Justement.

-Ce sera amusant.

Mes lèvres tremblent avant que je ne lui demande:
-Tu viendras nous voir?

Il soulève son autre main tremblante, mais propre de sang. Comme avant, avant tout ça. Il caresse ma joue avant de me dire:
-Ton prénom est vraiment beau.

Sa respiration se fait soudain plus lourde. Oh non, est-ce que je n'aurais pas dû le faire parler? Paniquée, je lui ordonne:
-Arrête de parler Olan.

-Odessa...

Il se met soudain à respirer plus vite et je crie:
-Mars! Sirius!

D'une main, je ne peux pas m'empêcher de caresser la joue d'Olan en sanglotant et répète à travers les larmes:
-Je suis là, je suis là.

Soudain, je ne le sens plus, je ne sens plus la pression de sa main sur la mienne. Je couvre ma bouche en pleurant. Je tremble et j'ai l'impression qu'on a pressé mon cœur pour faire couler ces larmes-là. Maintenant, la colère me consume lentement, contre moi-même et contre Mars et Sirius pour ne pas avoir été assez rapide. Je me lève troublée quand on attrape violemment mon bras par-derrière. Mars me jette par terre et heureusement ma tête ne prend pas le choc parce qu'avec sa force la douleur dans mon omoplate et mon épaule est presque insupportable. Je gémis de douleur puis lève les yeux. Mars a le regard d'un meurtrier. Il a compris. Tout est de ma faute et je vais payer pour ça.

𝐌𝐀𝐑𝐒Des histoires addictives. Découvrez maintenant