Odessa
Sur mon chemin de retour des courses mon ascenseur s'arrête à nouveau et j'ai des sueurs froides. Mon cœur accélère en repensant à la dernière fois où c'est arrivé et que Mars a failli me tuer. Comme je l'appréhendais, l'écran vire au noir et la ligne rose du son apparait. Je marmonne:
-Non, putain.
La voix artificielle féminine me dit sur un ton amusé:
-Rebonjour.
Je ne réponds pas et elle continue:
-On est venus te donner une autre chance de choisir la meilleure chose à faire, ce qui est juste.
-Vous gaspillez votre putain de temps.
-Je ne pense pas, nous avons fait d'autres recherches sur toi. Jusqu'à récemment avec ton "commerce" et Mars et Sirius tu as suivi un chemin droit. Et maintenant tu te retrouves dans tout ça parce que tu es avec Mars. N'est-ce pas?
Stressée parce qu'ils savent qu'on est ensemble, je garde le silence. Elle poursuit:
-Nous pensons que tu es juste là pour lui, on ne t'imagine pas aimer tout ça. Tu as vécu dans des abris d'hébergement avec des gens peu recommandables à une époque. Tu aurais pu te tourner vers ce monde, celui de Mars, mais tu as plutôt eu ton petit job dans un restaurant que nous sommes sûrs que tu détestais à cause de son rythme soutenu. Tu as donc fini par démissionner, sûrement quand tes pâtisseries étaient assez pour te permettre de vivre. Un peu risqué, mais ça ne s'est pas mal passé. Jusqu'à ce que Mars entre dans ta vie pour je ne sais quelle raison.
Je soupire et malgré ma nausée à l'idée qu'ils en sachent autant sur moi, je réplique:
-Vous parlez beaucoup.
-Tu as besoin que l'on te rappelle des choses. Tu as réussi à faire ton chemin dans la vie, une vie pas vraiment facile.
-Comment vous m'avez encore trouvée? J'ai un mauvais pass ou quoi?
-Tu peux essayer, mais tu ne nous distrairas pas. Nous ne savons pas ce que tu vois en Mars, car nos recherches ont leurs limites. Mais il n'est pas bon pour toi et tu le sais. Qu'est-ce qu'il pourrait te donner? Un bel endroit avec des enfants?
Notre conversation sur mon igloo et son héritier passe dans ma tête et tire mon moral plus bas. Elle reprend:
-Soo Jin aussi se faisait des illusions sur Sirius. On l'a rendue à son ancien amant et je parie que tu sais qu'elle a souffert. C'est ce qu'il a fait à celle qu'il aimait, il n'a pas essayé de comprendre, se réconcilier avec elle. Non, il s'est débarrassé d'elle après tout ce qu'ils avaient été l'un pour l'autre.
J'essaie de faire barrage à mes pensées puis demande:
-Pourquoi vous ne nous tuez pas dans ces ascenseurs? Votre technologie n'est pas assez bien ou quoi? Pas de budget?
La femme artificielle rigole avec son rire désagréable puis me répond sombrement:
-Tu seras la prochaine Soo Jin un jour et tu le sais.
Frappée par cette phrase, je serre les dents et elle continue:
-Maintenant, tu dois prendre une vraie décision. Tu peux arrêter toute la souffrance que Mars et Sirius causent.
Je ricane et réplique:
-Parce que vous faites mieux?
-Peut-être pas, mais tu peux libérer Mars, tout arrêter. Ce n'est pas une vie et je parie que tu le sais.
-À quel point vous nous avez espionnés? Vous connaissez la couleur des sous-vêtements que je porte?
Elle émet son rire électronique et rétorque:
-Nous savons des choses, pas tout, mais des choses.
Il y a bien une taupe parmi nous qui leur a raconté certaines de ces conneries, mais ils ne savent pas tout ou on serait déjà finis. Je verrais ça plus tard, je dois sortir d'ici ou essayer. La voix m'appelle:
-Odessa.
J'ai des frissons puis siffle:
-Dites pas mon putain de prénom.
Elle rit puis enchaîne:
-D'accord Chou. On ne sait pas encore d'où vient Mars, à part le fait qu'il soit apparu avec ses collègues comme une fleur par un jour maudit. Mais on ne devient sûrement pas un criminel sans raison. Il a peut-être un passé difficile.
Je reste immobile afin de ne donner aucun indice en réagissant. Elle poursuit:
-Peut-être que ce n'est pas sa faute. Peut-être qu'il peut quitter cette vie...mais et s'il ne le veut pas?
Irritée, je soupire et elle ne s'arrête pas:
-Fais juste comme avec les êtres en souffrance Odessa. Ne le laisse pas souffrir, perdre toute humanité à force de faire tout ça. Mets-y fin.
Je fronce les sourcils bouillant de l'intérieur et elle rouvre sa bouche de virus informatique:
-Empêche l...
Je crie:
-La ferme! Fermez-là et laissez-moi sortir d'ici!
Elle ricane avant de conclure:
-Très bien, sache juste que demain à 12h00 nous frapperons à la porte de votre prochain appartement. Peu importe où. Tu as juste à nous laisser entrer en ouvrant. Tu auras juste à nous laisser faire, tu n'auras même pas à regarder.
-Laissez-moi partir.
L'écran s'éteint, remets les pubs habituelles et l'ascenseur se remet à s'agiter comme mes pensées.
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𝐌𝐀𝐑𝐒
Roman d'amourOdessa, 22 ans, vend du plaisir corrompu pour subvenir à ses besoins. Habitante de la cité d'Elys, isolée au milieu du désert américain à la fin du 21ème siècle, elle survit en faisant des pâtisseries infusées de drogues. Mais sa routine illicite ex...
