Chapitre 29 : Till

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Je passais un moment merveilleux avec ma chanteuse. Et comme toutes les bonnes choses ont une fin, malheureusement, mon portable vibra dans ma poche. Elle dut le sentir puisqu'elle reprit place à côté de moi sur le canapé. Je sortis donc mon téléphone de ma poche et vit que Paul m'appelait. Je décrochais et il me dit qu'ils m'attendaient tous pour rentrer à l'hôtel. Je n'avais pas envie de partir mais nous n'avions qu'une seule voiture pour le groupe entier. Je ne désirais pas non plus prendre le taxi. Je n'appréciais pas vraiment de me faire conduire comme cela par un inconnu. Je raccrochais assez rapidement et me levais pour aller mettre mes chaussures. Elle m'accompagna dans le hall d'entrée et je m'occupais de ça. Lorsque je me relevais et me tournais vers elle, j'éclatai de rire. Elle avait enfilé des chaussons en forme de licorne. C'était tellement drôle et mignon à la fois. J'ouvris la porte pour y aller, puisque mes amis m'attendaient près de l'immeuble. Je restais planté là, près de la porte que je venais d'ouvrir. La jeune femme ne me retint pas et me poussa à y aller pour ne pas les faire attendre plus longtemps. Je fus un peu triste qu'elle n'essaye pas de me retenir au moins quelques petites minutes, si chères à mes yeux. Je sortis donc de son appartement et longeais le couloir en direction de la sortie. Elle m'interpella en me demandant de lui envoyer un message lorsque je serais à l'hôtel. Cela mit un peu de baume au cœur, je trouvais cette attention adorable. Je finis par sortir de l'immeuble et parcourus rapidement les quelques rues qui me séparaient de mes amis. Je les retrouvais quelques minutes après être parti et nous ne nous attardâmes pas pour monter dans la voiture. Nous rentrâmes tranquillement à l'hôtel sans encombre et bien évidemment, ils me cuisinèrent une bonne partie du trajet. Que s'était-il passé à la respiration près, comment était son appartement, qu'avions-nous bu, est ce que ce baiser des plus fougueux m'avait plu... Enfin bref, la totale. Leur enthousiasme m'exaspérait, leur curiosité aussi, mais d'un côté, ils avaient envie que tout se passe bien. Si on me pose la question, je répondrais que je ne ferais jamais cela, j'en prendrais presque un air outré, mais je sais pertinemment que dans le fond, c'est tout le contraire. Je voudrais tout savoir, moi aussi, à la virgule près. Nous arrivâmes – enfin ! – à l'hôtel. Une fois sortie de la voiture, je filais dans ma chambre pour prendre une douche. Je prétextais avoir envie de décrasser ma transpiration, mais dans le fond, je n'avais spécialement sué. Je voulais surtout profiter de ce moment pour être seul un moment. De toute manière, je pense que les autres sont bien parti pour faire la même chose puis se coucher. Je traversais donc le hall et les couloirs comme une fusée, loin devant mes amis. J'ouvris précipitamment ma porte et la fermais plus fort que je ne l'avais voulu. Je retirais mes chaussures puis pénétrais dans la salle d'eau pour me faire couler un bain. En attendant que l'eau emplisse la baignoire je retournais près de mon lit pour mettre au sale mes habits. Je m'asseyais un instant sur le matelas, observant par la fenêtre les lampadaires aux alentours de l'hôtel. La nuit était tombée et je n'y avais pas spécialement prêté attention. Je réalisais que le temps passais très – trop – vite. Je percutais peu après que le lendemain nous partions par un des derniers avions de la journée, en fin d'après-midi. La tristesse se propagea dans mon corps et surtout dans mon cœur à la vitesse de la lumière. Une larme coula, une seconde suivit puis mes yeux furent envahis de larmes. Mon regard se brouilla, je ne distinguais plus les formes de ce qui m'entourait. Mon cœur se serra encore et encore dans ma poitrine. J'avais l'impression de suffoquer, comme si on me retenait la tête sous l'eau. Le désespoir de la quitter arriva à grand galop pour rajouter une couche à ma peine. Mes mains trouvèrent mes yeux et essuyèrent péniblement ces larmes. Je me rappelais alors que je devais envoyer un message à Emma. J'attrapais mon téléphone et m'exécutais dans la seconde. Je balançais l'appareil au milieu du matelas une fois ma besogne faite et il retomba mollement. J'essuyais le reste d'humidité que j'avais autour des yeux et retournais dans la salle d'eau. La baignoire était à moitié remplie d'eau chaude. Je fermais le robinet et ouvris celui d'eau froide. L'eau fumait et j'avais hâte de m'y installer dedans. J'allais essayer de me détendre. Je mis un peu de gel douche pour que cela fasse de la mousse, beaucoup de mousse. En attendant que l'eau froide coule, je ressortis de la salle de bain. Un frisson me parcouru. Je commençais à avoir froid. En même temps, cela faisait un moment que je me promenais en sous vêtement. Il faisait bon dans la chambre, mais je n'étais pas spécialement habillé. Je frictionnais mes bras pour essayer de me réchauffer. Je me sentais pressé de m'installer dans mon bain afin de me détendre. Je tournais encore en rond dans la chambre, impatient. Au bout de quelques minutes, j'en eus assez d'attendre et je me précipitais vers la salle de bain. Je finis de me déshabiller, fermais le robinet et m'installais dans la baignoire. L'eau était vraiment chaude et cela me détendit aussitôt. Il ne manquait qu'une petite musique d'ambiance, dans le style zen, mais j'avais laissé mon téléphone sur le lit. Je me laissais couler le long de la baignoire jusqu'à complétement m'immerger, visage compris. Je fermais les yeux et me pinçais le nez lorsque je plongeais dans l'eau. Les sons changèrent, devinrent très lointain. Je me laissais aller quelques secondes sous l'eau et lorsque l'oxygène commençait à me manquer, je sorti la tête pour respirer. Je pris une grande inspiration et me passais la main sur le visage pour chasser l'eau qui embrumait mon regard. Je me laissais aller dans la baignoire et finis par être allongé contre la paroi. Je laissais mes paupières se fermait et l'eau me bercer doucement. Au fur et à mesure que je me détendais, le sommeil s'empara de moi. 

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