0.7 - Izaya

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Quelques mois après la Nuit.

Partie 1.

Izaya posa la main sur son ventre avec une grimace. Ce dernier le faisait souffrir, depuis quelques semaines déjà, mais le brun ne pouvait rien faire pour arranger cela.

Il se libéra de l'épaisse couverture dans laquelle il s'était enroulé puis se leva. Dehors, la lune était ronde et pleine, et le ciel était dégagé.

C'était le moment.

Son estomac gargouilla et il ferma les yeux. Cela faisait vingt-quatre heures qu'il n'avait rien avalé, et son corps commençait sérieusement à fatiguer. Pourtant ce n'était pas ça qui allait l'arrêter ; il avait enfin réussi à mettre la main sur l'adresse de Kururi et Mairu, et il comptait y aller ce soir.

Tout ce qu'Izaya devait faire, c'était sortir discrètement par la fenêtre du salon, descendre les escaliers de secours, puis marcher jusqu'à l'extrémité de la ville. Il avait volé une carte de Tokyo au collège juste avant le début des vacances d'avril et préparé son sac à dos plus tôt dans la journée. Il jeta un coup d'œil aux autres enfants dans la pièce - sept en le comptant lui -, avant de sortir de la chambre sur la pointe des pieds.

Cela devait être sa troisième famille d'accueil, et il avait très vite compris que ce couple ne faisait cela que pour les aides qui allaient avec. Plus d'enfants à charge, plus d'aides, c'était ainsi que cela fonctionnait.

Une fois dans le couloir, il referma la porte puis soupira. Ne réveiller personne dans la manœuvre représentait la partie la plus compliquée, mais il fut soulagé de voir que la mère de la famille d'accueil dormait dans le canapé du salon, une bouteille vide posée sur la table basse.

Doucement, il se rendit dans l'entrée, attrapa ses chaussures - une vielle paire de baskets qui datait de plusieurs années - puis fit demi-tour pour se diriger vers la fenêtre. Lorsqu'il l'ouvrit doucement - c'était un de ses vieux modèles, ceux qu'on nommait fenêtre guillotine - un grincement le fit se figer et il retint son souffle.

Regard en arrière. Soulagement.

Il continua, puis enjamba l'embrasure en tenant toujours le dessous d'une main. Lorsqu'elle se referma, le brun put enfin relâcher son souffle.

Il était dehors.

Frissonnant de soulagement, il fut content que les températures aient remonté au début du mois ; il devait à présent faire une quinzaine de degrés la nuit, alors son léger sweat-shirt était bien suffisant.

Descendant les marches quatre à quatre, il eut un instant l'impression que sa tête tournait. Devait-il essayer de trouver de quoi manger sur le chemin ? Il n'avait pas d'argent, alors devait-il tout de même prendre le risque de voler ? S'il se faisait attraper cette nuit, il se ferait très certainement rediriger vers une autre famille d'accueil - ou pire, peut-être un centre de détention pour mineur. Mais sans nourriture et avec le ventre aussi vide, il ne pourrait clairement pas parcourir la distance qui l'attendait.

Soupirant, il sauta de l'escalier de secours afin de poser pieds à terre.

La ruelle était sombre et déserte, et il se remémora la carte ainsi que les prochaines intersections. Il fallait qu'il évite les grandes avenues ; il n'avait que treize ans et se ferait donc immédiatement remarquer par les policiers qui passaient par là.

Il mit les deux bretelles de son sac à dos, inspira une dernière fois, puis se mit en route. Il fallait qu'il se dépêche s'il voulait arriver avant l'aube.

At the edge of our hearts || ShizayaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant